Spelling suggestions: "subject:"ethnographic""
291 |
Une autre façon de penser les générations au travail : l’empreinte générationnelle organisationnelle : recherche-action chez ERDF (ENEDIS) / Another way of thinking about generations at work : the organizational generational imprint : Action-Research at ERDF (ENEDIS)Dumouchel, Nathalie 29 November 2016 (has links)
En écho aux enjeux démographiques des sociétés postmodernes, les générations au travail font l’objet de nombreux écrits dans les médias grand public, la presse managériale et les revues académiques. Dans la majorité de ces travaux, les effets générationnels sont envisagés comme un phénomène de société qui s’impose aux organisations, sommées de s’adapter aux comportements des Générations Y et bientôt Z. Cette vision occulte les effets de la socialisation organisationnelle sur les nouveaux entrants. A partir des travaux de Joshi et al (2010, 2011), notre thèse croise les cadres théoriques des générations et de la socialisation organisationnelle pour explorer empiriquement le thème des générations organisationnelles. En effet, si les générations sont enracinées dans la temporalité, les entreprises ont une temporalité propre, avec des événements fondateurs, des tendances d’évolution et des modes de reproduction sociale. Dans cette thèse CIFRE en recherche-action, nous étudions la situation particulière d’ERDF qui fait face à un renouvellement générationnel massif. Nous combinons un pré-diagnostic qualitatif, une ethnographie de 17 mois dans une base technique renouvelée et un questionnaire (1182 répondants) pour comprendre en profondeur les effets de ce renouvellement massif. D’un point de vue managérial, nous proposons que les conditions particulières expérimentées par les jeunes recrutés à leur entrée dans l’entreprise conduisent à la naissance d’une nouvelle génération organisationnelle. Nous accompagnons l’entreprise dans la prise en compte de la durabilité des effets de cette expérience sur les attitudes au travail, au delà des effets Génération Y. D’un point de vue théorique, nous introduisons le concept d’empreinte générationnelle organisationnelle en tant que marque distinctive d’une génération organisationnelle. Nous définissons ainsi les conditions du travail qui marquent cette empreinte ; les mécanismes par lesquels l’empreinte se forme en soulignant la part des tensions de rôle ; et les antécédents qui engendrent une nouvelle génération organisationnelle. Dans ce cheminement, nous mettons à jour certains effets non anticipés du renouvellement, notamment sur les agents socialisateurs et sur la culture organisationnelle. A travers nos actions, nous contribuons à la reconnaissance de l’effort exigeant que représente l’intégration des jeunes recrutés par le corps social. / Much is written down about generations at work in general media, managerial press and academic journals in connection with demographic stakes in postmodern societies. In most writings, generational effects are considered as a social phenomenon that imposes itself upon organizations, compelling them to adapt to Generation Y (and Z coming up) behaviors. This approach doesn’t take into account organizational socialization effects on newcomers. Building up on Joshi et al (2010, 2011) work, we bring together theoretical frameworks on generations and organizational socialization to empirically investigate organizational generations. Indeed, if generations are rooted in temporality, organizations have their own temporality, including founding events, trends and social reproduction modes. In this PhD dissertation, using action-research, we study the particular situation of ERDF (Electricité Réseau Distribution de France) which faces a massive generational renewal. We combine a qualitative pre-diagnosis, an ethnographic observation during 17 months and a survey (1182 respondents) to deeply understand the effects of this massive arrival. From a managerial point of view, we propose that the particular conditions that newcomers experiment at their entry in the company lead to a new organizational generation. We help the company to understand that this first experience of newcomers durably marks their attitudes at work, beyond Generation Y effects. From a theoretical point of view, we introduce the concept of organizational generational imprint as a distinctive mark of an organizational generation. We define the work conditions which mark the imprint; the mechanisms by which the imprint forms itself, underlying the part of role stress in them; and the antecedents that generate a new organizational generation. On the way, we reveal unanticipated effects of the renewal on insiders and organizational culture. Through our actions, we contribute to recognize the demanding effort required from insiders to integrate newcomers.
|
292 |
Ville et sexualités publiques : un essai d'ethno(géo)graphieRedoutey, Emmanuel 09 December 2009 (has links)
Lorsqu’elle se manifeste publiquement dans la ville, la sexualité est-elle une forme consubstantielle de l’urbanité ? Sur les plans sociologique, historique et urbanistique, quels relations peut-on établir entre cultures urbaines et subcultures sexuelles ? En mêlant apprentissages théoriques et arpentages empiriques, cette thèse parcourt trois terrains exemplaires de tels rapports : les lieux de l’homosexualité masculine, les territoires de la prostitution, les commerces érotico-sexuels à Paris au début des années 2000. La méthode d’enquête combine l’analyse cartographique et l’observation ethnographique en défendant une heuristique du regard et de la description. Sous un angle territorial et macro-géographique, l’analyse met en exergue des processus d’agrégation, de dispersion et de diffusion des pratiques et des lieux, à différents niveaux de visibilité et d’accessibilité. Sous la focale ethnographique, elle décrit comment des « scripts sexuels » s’adaptent à l’environnement urbain et, inversement, comment des architectures dédiées à la sexualité publique altèrent ou reconfigurent les pratiques. Ces interactions singulières entre le spatial et le sexuel sont enfin rassemblées sous quatre registres d’interprétation : écologique, économique, moral et imaginaire. Ce sont également quatre paradigmes pour comprendre comment la ville se conjugue à la sexualité. / Is sexuality, exhibited in public spaces of the city, a consubstantial part of urbanity ? What relationships can we uncover, from a sociological, historical and urbanistic standpoint, between sexual subcultures and urban culture? Mixing theorical examinations and empirical inquiry, the dissertation focuses on three exemplary cases in order to investigate such relationships : male homosexuality in urban places, prostitution areas, and adult business and sex market in early 2000s Paris. The data collection method brings together mapping tools and ethnographic observation, while defending a heuristics of gaze and description. On a geographical scale, the analysis points out processes of aggregation, scattering and diffusion at different levels of visibility and accessibility. From an ethnographic point of view, it describes the ways in which "sexual scripts" get organized in public urban environments and, conversely, the ways in which architecture and urban design dedicated to public sexuality affect these practices. Finally, these particular interactions between space and sex are regrouped under interpretative schemes : ecology, economy, morals and imaginaries. These themes indeed constitute four paradigmatic ways to elucidate the ways in which the city and sexuality mingle.
|
293 |
Capitalisation des savoir-faire et des gestes professionnels dans le milieu industriel : mise en place d’une aide numérique au compagnonnage métier dans le secteur de l’énergie / Capitalization of know-how and professional gestures in industry : development of digital journeyman system in the energy sectorLe Bellu, Sophie 12 September 2011 (has links)
Dans les grandes entreprises industrielles, la transmission des savoirs incorporés dans les gestes professionnels s’opère traditionnellement au sein d’une articulation de stages de formation animés par d’anciens opérateurs, et de pratiques de compagnonnage réalisées directement sur site. Cette situation est amenée à évoluer car aujourd’hui, beaucoup d’entreprises industrielles sont confrontées au problème d’un départ à la retraite massif d’opérateurs. Cela nécessite, d’une part, la conservation des gestes professionnels adaptés au maintien des installations techniques vieillissantes, et d’autre part une adaptation des gestes professionnels à la mutation technologique. Dans le secteur de l’énergie, Electricité de France (EDF) est confrontée à cette problématique d’évolution du compagnonnage. Pour cette entreprise, la situation est complexifiée par la variabilité des pratiques : présence d’un parc de près d’une centaine de centrales de production électrique fortement distribuées géographiquement avec des modes de production énergétique diversifiés impliquant des pratiques culturelles différentes (nucléaire, thermique, hydraulique).Le présent travail de recherche vise deux objectifs :(1) Sur le plan théorique, nous avons cherché à comprendre, à partir de données de terrain, la nature de la transmission et de la formalisation des savoirs – aussi bien explicites qu’implicites – sous-jacents à l’exécution des gestes professionnels. Cela passe : - d’une part, par la confrontation des approches existantes dans les différentes écoles, au niveau international, à la réalité empirique ; - et d’autre part, par l’identification du fossé existant dans la littérature quant au traitement et à la modélisation des connaissances tacites et des savoirs incorporés par rapport aux nécessités pratiques de la transmission.(2) Sur le plan pratique, nous avons cherché à développer une approche de capture située des savoirs incorporés en explorant le recours aux instruments d’ethnographie numérique. Ceci vise :-d’une part, à pérenniser les connaissances liées aux gestes ;-et d’autre part, à concevoir une méthode de création de supports pédagogiques structurés, à base de vidéo. Cette phase pratique a permis de tester nos modèles sur des cas réels. L’articulation des outils techniques, théoriques et méthodologiques que nous avons appliqués a conduit à la conception de plusieurs produits.Nous avons conçu et confronté au terrain une méthode de capture et d’analyse des gestes professionnels. Cette méthode s’appuie sur un double enregistrement vidéo : caméra externe et caméra subjective embarquée sur le casque de l’opérateur réalisant le geste. Cet enregistrement est couplé à un protocole de verbalisation spécifique en situation de réalisation du geste.Nous avons également maquetté, testé en situation pédagogique, et formalisé une ressource didactique : le Multimédia Apprenant (MAP). Ce dernier se base sur une décomposition et une structuration du geste illustrée principalement par de la vidéo annotée mais aussi par des schémas fonctionnels, des images, des photos, etc. Cette décomposition du geste est issue de l’analyse réalisée en amont sur fond de théorie russe de l’activité et de qualité perçue.Ces deux produits fournissent une chaîne opérationnelle, à destination des formateurs de la branche formation d’EDF, pour la capture et la transmission du savoir tacite et explicite incorporé dans les gestes professionnels. L’insertion du MAP dans le dispositif pédagogique d’EDF, au sein des sessions de formation réelles, a été évaluée et accueillie très positivement par les formateurs et les stagiaires. Il a été décidé au mois de mai 2011 de lancer la phase d’industrialisation de la méthode et du MAP dans l’entreprise. / In large industrial companies, the transmission of the embodied in professional practices traditionally takes place as part of a series of training courses given by former operators and of journeyman practices implemented directly on site. This situation will undoubtedly change, because nowadays many companies are facing the problem of a massive departure of operators into retirement. This requires, on the one hand, the preservation of the appropriate professional gestures for the maintenance of aging technical plant, and on the other hand an adaptation of the professional gestures to technological evolution. In the energy sector, Electricité de France (EDF) is also confronted with this issue of the evolution of these journeyman practices. For the company, the situation is rendered more complex as a result of highly variable practices due to the presence of almost one hundred power generation plants with a wide geographic distribution, and with diversified generation methods involving different cultural practices (nuclear, thermal, hydraulic).The present research addresses two objectives:(1) On the theoretical level, we sought to understand, based on field data, the nature of the explicit and implicit transmission and formalization of knowledge underlying the performance of professional gestures. This takes place: - on the one hand, by means of the confrontation of the existing approaches in the different schools, at international level, with the empirical reality; - and, on the other hand, by means of the identification of the gap in the literature as concerns the treatment and modelling of tacit knowledge and embodied know-how as compared to the practical requirements of transmission.(2) On the practical level, we sought to develop an approach to situational learning of embodied know-how by exploring the recourse to digital ethnography tools. This aims:- on the one hand, to perpetuate the knowledge linked to the gestures;- and, on the other hand, to devise a method for the creation of structured, video-based educational supports. This practical phase has afforded the opportunity to test our models on real life cases. The combination of technical, theoretical and methodological tools we applied has led to the design of several products.We designed, and tested on the field, a method for the capture and analysis of professional gestures. This method is based on dual video recordings: an external camera and a subjective camera mounted on the safety helmet of the operator performing the gesture. This recording is coupled to a specific protocol of oral expression whilst performing the gesture.We also modelled, tested and formalised a teaching resource in an educational setting: the Multimedia platform for APprenticeship (MAP). It is based on a decomposition and structuring of the gesture illustrated primarily by annotated video but also by means of functional schematics images, photos, etc. This decomposition results from the analysis of the gesture carried out upstream and based on Russian Activity Theory and Perceived Quality.These two products provide an operational chain intended for the trainers of EDF’s Training Division, for the capture and transmission of the tacit and explicit knowledge involved in professional gestures. The incorporation of the MAP into EDF’s educational system, in real life training sessions, has been very positively evaluated and received by both trainers and trainees. In May 2011 it was decided to launch the industrialization phase of the method and the MAP throughout the company.
|
294 |
A política emocional nas práticas de organização do circo contemporâneo : uma etnografia multissituada no contexto Brasil-CanadáOliveira, Josiane Silva de January 2014 (has links)
L’objectif de cette thèse était de discuter la relation entre les pratiques quotidiennes et les émotions dans le processus organisationnel du cirque contemporain. En vue de cela, une étude ethnographique dans le contexte situé au Brésil et au Canada pendant les années 2011 dans la ville brésilienne de Pelotas, Rio Grande do Sul, et 2013 dans la ville canadienne de Montréal, dans la province de Québec. Dans la première base théorique de cette étude, j’effectue une discussion à propos de la dimension politique des pratiques, des façons de faire des sujets sociaux, dans les processus organisationnels quotidiens soulignant la (i)mobilité des organisations en Études organisationnelles. En effet, considérons la routine organisationnelle comme des espaces de pratiques qui constituent la micropolitique - politique de la vie quotidienne - par la sphère normative des processus de gestion. La micropolitique se réfère à la comparaison des relations pratiques avec action logique historique et culturelle; présenter un caractère procédural, car les formes d’organisation des espaces multiples et interconnectés dans la pratique ; produire des effets dans la vie quotidienne en raison de son caractère relationnel avec sphères normatives de la société. En mettant en évidence les émotions comme des pratiques dans la routine organisationnelle qui doit être articulées à d'autres pratiques quotidiennes forment la dimension politique émotionnelle des processus organisationnels. L’un des effets identifiés de la politique émotionnelle dans le travail quotidien du cirque était la production de plusieurs spatialités. Malgré que ces dernières permettent les cirques de chercher la reconnaissance de leur légitimité artistique qui est le produit des contrepoints concernant l’ordre établi dans le domaine politique des arts dans les villes étudiées. En effet, les cirques ne pouvaient être considérés comme des espaces hétérotopiques organisationnels, ou des espaces constituant l’ordre social, mais leurs relations pratiques établies forces inverses. Ainsi, la thèse que je défends dans cet article affirme que la relation entre les pratiques et les émotions quotidiennes est la politique émotionnelle des processus organisationnels résultant de la production de hétérotopies. Les principaux résultats de cette recherche soulignent l’importance des émotions dans les organisations. En montrant comment ces éléments pratiques influencent le développement d'une théorie politique des émotions dans les études organisationnelles. La contribution méthodologique que je présente dans cette thèse est l’appropriation de l’ ethnographie multissituée comme une stratégie de recherche pour les entreprises qui sont basées sur la mobilité socio-spatiale et dans de différents endroits comprendre.En termes appliqués à la gestion, les résultats de l'enquête mettent en évidence que le processus de création des artistes de cirque est centré sur une dynamique collective. Ainsi que l’engagement de la conversation comme pertinente pour la transmission de la connaissance de la production artistique. De plus, la réalisation de résidences de création dans de différents contextes culturels de base pour la formation technique et le développement social du cirque. Sur le processus de formation des artistes, souligner la nécessité d'intégrer des études sur la dimension collective de l’organisation de la formation des artistes de cirque dans les écoles de cirque. Ceci dit, le sujet producteur culturel comme articulateur de pratiques artistiques à des pratiques de gestion. / O meu objetivo nesta tese foi discutir as relações entre as práticas cotidianas e as emoções no processo organizativo do circo contemporâneo. Para tanto, eu realizei um estudo etnográfico multissituado no contexto Brasil-Canadá entre os anos de 2011, na cidade brasileira de Pelotas, Rio Grande do Sul, e 2013, na cidade canadense de Montréal, na província de Quebeque. No primeiro eixo teórico deste estudo, realizo uma discussão a respeito da dimensão política das práticas, as maneiras de fazer dos sujeitos sociais, no cotidiano dos processos organizativos e destaco a (i)mobilidade das organizações nos Estudos Organizacionais. Com efeito, considero o cotidiano organizacional como espaços de práticas que constituem micropolíticas – políticas da vida cotidiana – em meio à esfera normativa dos processos de gestão. As micropolíticas referem-se às relações do confronto das práticas com lógicas de ação determinadas histórico-culturalmente; apresentam um cunho processual; e produzem efeitos no cotidiano devido ao seu caráter relacional com as esferas normativas da sociedade. Destaco as emoções como práticas no cotidiano organizacional que ao serem articuladas às outras práticas cotidianas formam a dimensão política emocional dos processos organizativos. Um dos efeitos da política emocional no cotidiano de trabalho dos circenses que identifiquei foi a produção de múltiplas espacialidades que, apesar de possibilitar aos circos a busca pelo reconhecimento de sua legitimidade artística, produziu contrapontos em relação ao ordenamento estabelecido no campo político das artes nas cidades estudadas. Com efeito, considero que os circos podem ser compreendidos como espaços organizacionais heterotópicos, ou seja, espaços que constituem o ordenamento social, mas que suas práticas invertem as relações de forças estabelecidas na sociedade. Sendo assim, a tese que defendo nesse trabalho é que as relações entre as práticas cotidianas e as emoções constituem a política emocional dos processos organizativos resultando na produção de heterotopias organizacionais. Os principais resultados desta pesquisa destacam a importância das emoções como práticas nas organizações evidenciando elementos para o desenvolvimento de uma Teoria Política das Emoções nos Estudos Organizacionais. A contribuição metodológica que eu apresento nesta tese é a apropriação da etnografia multissituada como estratégia de pesquisa para compreensão de processos organizativos que se constituem com base em mobilidades sócio-espaciais e em diferentes locais. Em termos aplicados à gestão, os resultados da pesquisa destacam que o processo criativo dos artistas circenses é centrado em uma dinâmica coletiva, a prática de conversação como relevante para a transmissão do conhecimento da produção artística e a realização de residências criativas em diferentes contextos culturais como base para o desenvolvimento técnico e de formação social dos circenses. Sobre o processo de formação dos artistas, destaco a necessidade de incorporação de estudos sobre a dimensão coletiva de organização dos circenses na formação dos artistas nas escolas de circo e o sujeito produtor cultural como articulador das práticas artísticas às práticas de gestão. / The aim of this thesis was to discuss the relationship between everyday practices and emotions in organizational process of contemporary circus. For this purpose, a multisited ethnographic study in the context Brazil - Canada between the years 2011 in the Brazilian city of Pelotas, Rio Grande do Sul, and 2013 was held in the Canadian city of Montreal, in the province of Quebec. In the first theoretical basis of this study, I realize a discussion about the political dimension of practices, ways of making social subjects, in everyday organizational processes highlighting (i)mobility of organizations in Organizational Studies. Indeed, consider the organizational routine as spaces of practices that constitute micro - politics of everyday life - in the midst of a normative management processes. The micro refer to the comparison of practical relations with logical action of certain historical and culturally; present a procedural nature, because the forms of organization are multiple and interconnected spaces in practice; produce effects in everyday life due to its relational character with normative spheres of society. Highlight the emotions like practices in organizational routine that to be articulated to other daily practices form the emotional political dimension of organizational processes. One of the identified effects of emotional politics in the everyday work of the circus was the production of multiple spatialities that despite, enable circuses by seeking recognition of their artistic legitimacy, produced counterpoints regarding the order established in the political field of the arts in the cities studied. Indeed, circuses could be understood as organizational heterotopic spaces, or spaces constituting the social order, but their practical relations established reverse forces. Thus, the thesis that I defend in this paper is that the relationship between everyday practices and emotions are emotional politics of organizational processes resulting in the production of heterotopias. The main results of this research highlight the importance of emotions in organizations showing how practical elements for the development of a Political Theory of Emotions in Organizational Studies. The methodological contribution that I present in this thesis is the appropriation of multisited ethnography as a research strategy for understanding organizations that are based on socio- spatial mobility and in different locations. In terms applied to management, the survey results highlight that the creative process of circus performers is centered on a collective dynamic, engaging in conversation as relevant to the transmission of knowledge of artistic production and the realization of creative residencies in different cultural contexts as a basis for technical training and social development of the circus. On the process of training of artists, highlight the need to incorporate studies on the collective dimension of organizing the training of circus performers in circus schools and the subject cultural producer as articulator of artistic practices to management practices.
|
295 |
Produire et reproduire la langue et la culture à l’école primaire au pays de Galles : Gwaith athrawon a chynorthwywr addysgu yng Nghaerdydd / Le travail d’enseignantes et d’aides-enseignantes à CardiffTurner, Karine 28 May 2020 (has links)
La recherche entreprise dans le cadre de cette thèse doctorale se veut une réflexion sur le travail des enseignantes et des aides-enseignantes d’une école primaire de langue galloise, à Cardiff, capitale du pays de Galles. Ce travail apparait marqué par des rapports de force entre la langue majoritaire (anglais) et la langue minoritaire (gallois), et s’inscrit dans un contexte sociétal de revendication et de reconnaissance de la langue en situation diglossique. Par l’entremise d’observations consignées dans un journal de bord réflexif et d’entretiens semi-dirigés, j’explore la façon dont ces membres du personnel de l’école contribuent à la (re)production de la langue et de la culture galloises. Plus précisément, j’appréhende leur travail au regard de deux dimensions de cette (re)production linguistique et culturelle, soit : les politiques linguistiques éducatives et la culture de l’école. Les résultats de cette enquête ethnographique, présentés dans le cadre d’articles scientifiques, mettent en évidence les voix et les perspectives des aides-enseignantes et enseignantes, encore trop peu présentes dans les travaux de recherche sur l’éducation en gallois.
Le premier article vise à démontrer que le travail des enseignantes et des aides-enseignantes s’inscrit dans un processus dynamique de mise en oeuvre des politiques linguistiques éducatives. De fait, celles-ci sont en mesure d’adopter, de résister, de négocier, voire même de créer ces politiques au sein de l’école ou de la salle de classe. Leurs discours et leurs pratiques montrent qu’elles se questionnent quant à la place à accorder à la langue majoritaire, et qu’elles sont parfois à la recherche de compromis visant à mitiger les effets néfastes perçus à l’égard d’un règlement scolaire qui interdit l’usage de l’anglais. Le deuxième article de cette thèse explore la notion de la culture de l’école. Compte tenu de la prévalence de la langue anglaise à Cardiff et dans la plupart des foyers des élèves qui fréquentent cette école, les enseignantes et aides-enseignantes réalisent un important travail de valorisation de la langue et de la culture galloises. En s’appropriant la mission de l’école et en perpétuant des traditions et rituels, elles contribuent à façonner la culture de l’école d’une manière qui permet aux élèves d’évoluer dans un cadre à la fois communautaire et familial, ancré dans la langue et la culture galloises. Enfin, par l’entremise du troisième article, l’ensemble des données de cette étude sont mises en relation avec mon parcours de chercheure franco-ontarienne, confrontée aux défis de l’apprentissage d’une langue et de l’ethnographie en milieu non familier. Je pose un regard critique sur mon positionnement d’Insider/Outsider en exposant tant les aspects qui provoquent un rapprochement au terrain que ceux qui entraînent une distance avec celui-ci. Il s’agit, entre autres, d’un aller-retour entre ma familiarité avec le contexte sociétal de la langue au pays de Galles, qui s’apparente à celui de l’Ontario français, et le sentiment d’éloignement provoqué par mon immersion dans un milieu scolaire entièrement gallois.
Cette ethnographie se veut à la fois une enquête sur le rôle des enseignantes et des aides-enseignantes dans la (re)production de la langue et de la culture galloises, et un examen de ce que signifie mener une ethnographie dans un contexte linguistique minoritaire autre que celui auquel appartient la chercheure.
|
296 |
Weneya´a – "quien habla con los cerros”. Memoria, mántica y paisaje sagrado en la Sierra Norte de OaxacaDavila, Caroll isabelle 07 March 2019 (has links) (PDF)
Cette recherche a eu pour but de documenter et interpréter le patrimoine culturel saa (zapotèque) des Bene Ya’a/En’ne I’ya, les habitants zapotèques de la Sierra Norte de Oaxaca, à partir des symboles transmis par les savoirs des weneya’a, les personnes “qui parlent avec les montagnes” et qui sont chargées des activités rituelles de leurs communautés.Les weneya’a donnent une signification à leur patrimoine culturel, à leurs lieux sacrés, à leur temps liturgique, à la vie et à la mort. En ce sens ils sont indispensables pour la transmission des valeurs culturelles et identitaires fondamentales à leurs communautés. Leurs savoirs, ainsi que leur langue dilla ya’a/tíza i’ya sont vecteurs de symboles qui s’inscrivent au sein d’une continuité culturelle du peuple saa.Ces symboles ont été étudiés à partir de deux volets: le premier est centré sur les sessions mantiques réalisées par les weneya’a et les discours rituels qu’ils prononcent en ces occasions en dilla ya’a/tíza i’ya, le second concerne le paysage sacré et sa représentation au sein de la mémoire culturelle. Les deux volets de la recherche sont considérés à partir d’une perspective historique et se présentent, en parallèle, avec l’analyse de documents mantiques datant du XVIIème siècle ainsi qu’avec la prospection archéologique du paysage sacré. L’ensemble du travail, la documentation, tout comme l’interprétation, est le fruit d’une collaboration étroite avec les habitants des communautés où ont été effectuées les recherches.Les activités mantiques sont étudiées à partir d’entretiens et de sessions divinatoires avec les weneya’a provenant des régions Xhon (Cajonos) et Le’ya (Ixtlán). Les entretiens ont permis aux weneyaa de décrire et d’expliquer le sens qu’ils donnent à leurs activités ainsi qu’à l’environnement qui les entoure. Les sessions documentées ont été réalisées dans la communauté d’Exhu’ni (Abejones) et portent une attention particulière sur les symboles représentés lors des lectures ainsi que les prières prononcées durant les sessions en tíza Exhu’ni (zapotèque d’Abejones). Les documents mantiques datant du XVIIème siècle ont été analysés dans le cadre d’un séminaire organisé avec des enseignants de la région, pour qui le dilla ya’a/tíza i’ya est la langue maternelle.Il a été observé que les activités des weneya’a ne se limitent pas à l’activité mantique, mais concernent également les pratiques rituelles dans les lieux sacrés de la communauté. L’histoire de ces lieux a été interprétée de manière pluridisciplinaire, en créant un point de jonction entre les prospections archéologiques et les savoirs des habitants. Pour y parvenir, la signification de ces lieux dans la mémoire culturelle a été étudiée grâce aux explications des weneya’a, les narrations, les rituels qui y sont effectués ainsi que les discours liturgiques qui les accompagnent.Les recherches qui y sont réalisées permettent de contextualiser historiquement les savoirs des weneya’a, les inscrivant dans une continuité culturelle avec les témoignages historiques et archéologiques des Bene Saa, le peuple zapotèque. De plus, elles présentent de manière manifeste leur rôle comme protecteurs de leur patrimoine. Les weneyaa portent et préservent en leur mémoire la signification des symboles de leur culture, de leur paysage sacré, de leur patrimoine matériel et immatériel. Ils sont donc indispensables pour la revitalisation culturelle et identitaire de leurs communautés. Enfin, la méthodologie appliquée pour ce travail présente une approche centrée sur les citoyens et axée sur leur engagement communautaire pour la reconstruction de leur histoire. / Doctorat en Histoire, histoire de l'art et archéologie / info:eu-repo/semantics/nonPublished
|
297 |
La dualité ethnographe-physicienne : étude réflexive sur les négociations identitaires en physiqueFines-Neuschild, Mirjam 03 1900 (has links)
Étant physicienne, j’ai navigué dans un milieu où les femmes sont sous-représentées, tout comme plusieurs groupes historiquement marginalisés. Selon des principes de justice sociale, tout le monde devrait pouvoir contribuer à la construction des savoirs scientifiques : il est donc impératif de comprendre les mécanismes qui freinent la participation aux sciences de certains groupes. Alors que la notion de sous-représentation s’attarde au nombre d’individus dans une catégorie ou une autre, parler en termes de diversité et d’inclusion permet de s’éloigner du cloisonnement des individus. Ainsi, je pars du constat que les aspects, causes et conséquences associées au manque de diversité et d’inclusion dans la communauté scientifique sont complexes et se manifestent dans la communication et dans le vécu des individus. J’utilise le concept de travail identitaire pour analyser l’interpénétration des facteurs personnels, institutionnels et communicationnels qui freinent la diversité et l’inclusion dans mon organisation -- un département universitaire de physique -- et pour réfléchir sur les enjeux systémiques qui dépassent ses frontières. Profitant de mon point de vue de l’intérieur, j’ai effectué une ethnographie « chez soi ». J'y décris le travail identitaire ressenti et observé au Département de physique de l’Université de Montréal. J’ai ciblé trois éléments phares de la vie départementale, à laquelle participent autant la communauté étudiante que le corps professoral et qui peuvent déclencher un travail identitaire : les conférences, les projets de recherche et les comités départementaux. Je présente des processus de travail identitaire situés à l’intérieur même d’individus qui contribuent aux savoirs scientifiques, plus précisément, à travers des facettes identitaires historiquement peu mises de l’avant. De plus, j’explicite comment, dans un environnement donné, la confiance en ses habiletés de recherche peut s’effondrer puis se reconstruire. Porteur d’espoir, mon récit ethnographique souligne, d’une part, l’importance des comités de réflexion sur la diversité et l’inclusion à même les unités départementales et les groupes de recherches et, d’autre part, offre des pistes et des outils aux scientifiques qui voudront intégrer des réflexions sur des enjeux sociaux à même leur recherche. Enfin, il s’agit à ma connaissance de la seule ethnographie de milieu scientifique effectuée par une physicienne. / Being a female physicist, I have acted and interacted in an environment where women, like many other historically marginalized groups, are under-represented. According to social justice principles, everyone should be able to contribute to the construction of scientific knowledge. Therefore, it is necessary to understand the social mechanisms that limit the participation of certain groups. While the notion of under-representation has often been used to address the relative presence or absence of individuals in certain categories, I prefer to speak about diversity and inclusion which decompartmentalise individuals. My starting point is the observation that various aspects, causes, and consequences related to the lack of diversity and inclusion in the scientific community are complex and manifest themselves in communication and lived experience. I use the concept of identity work to analyze the interpenetration of personal, institutional, and communicational elements that restrict diversity and inclusion in my organization (a university physics department) and to reflect on systemic issues that go beyond organizational boundaries. Building on my insider’s point of view, I conducted an “at-home” ethnography in which I describe identity work at the physics department of Université de Montréal as I experienced and observed it. Specifically, I target three elements that are central to daily life in Department, that engage both students and professors, and that trigger identity work: seminars, research projects and departmental committees. Throughout this ethnographic tale with confessional tones, I link my internal identity processes as an individual contributing to scientific knowledge throughout identity facets historically marginalized. In addition, I show how, for a given environment, confidence in one’s research skills can be rebuilt after collapsing. Giving hope, my ethnographic tale highlights the importance of discussion groups on diversity and inclusion in departmental units and research groups and, furthermore, offers avenues and tools to scientists that want to engage with social issues in their research. Finally, as far as I know, this is the first at-home ethnography of a scientific community produced by a female physicist.
|
298 |
La politique au camping : analyse comparée des rapports au politique des classes populaires en France et au QuébecMazot-Oudin, Antoine 05 1900 (has links)
Cotutelle internationale de thèse réalisée entre l'Université de Montréal et l'Université de Lille / Résumé
Victoire inattendue de Donald Trump aux États-Unis lors de la campagne présidentielle de 2016 ; succès du camp du Brexit au Royaume-Uni la même année ; disparition des deux partis de gouvernement au deuxième tour de la campagne présidentielle en France lors de l’élection de 2017 ; victoire majoritaire d’un tiers-parti, la Coalition Avenir Québec, lors de l’élection provinciale de 2018 au Québec : des deux bords de l’Atlantique, d’importantes recompositions des scènes partisanes et des résultats électoraux inopinés agitent les analyses politiques, médiatiques et pour partie universitaires. Ces phénomènes sont parfois interprétés au travers du prisme de la « montée des populismes ». Certains travaux pointent du doigt le « peuple » et sa propension à se laisser séduire, voire berner, par des leaders « populistes ». L’explication, souvent sur la base d’enquêtes de sondage, serait à trouver dans le vote, pêlemêle, des « perdants de la mondialisation », des classes populaires ou encore du monde ordinaire des zones rurales. Le constat d’un champ politique apparemment chamboulé par les franges dominées du monde social s’accompagne du paradoxe de pauvres votant contre leurs intérêts supposés.
En France, ces questionnements s’inscrivent en partie dans des débats autour du vote des classes populaires dans un contexte d’effacement du clivage gauche-droite comme référent politique. Au contraire, au Québec, la scène partisane est présentée comme de plus en plus polarisée autour de ce clivage en raison du moindre attrait de la cause souverainiste tandis que la notion de classes populaires n’est pas aussi centralement mobilisée par les analyses politiques. En comparant ces deux cas distincts, ce travail de recherche vise à éclairer sous un jour qualitatif les rapports à la politique et au politique des classes populaires en France et au Québec.
Sur la base d’une enquête ethnographique dans deux campings populaires dans le Pas-de-Calais et dans la partie sud de la région de Québec, ce travail étudie par le bas et dans une perspective comparée les représentations et les attitudes politiques de campeuses et de campeurs saisonniers dans des contextes de loisirs. Je mobilise comme données d’enquête une campagne d’une cinquantaine d’entretiens, des observations ethnographiques réalisées pendant deux saisons estivales dans ces deux campings et dans d’autres espaces de loisirs.
En analysant les représentations ordinaires des sphères partisanes et les sens sociaux du vote auprès des enquêté-e-s rencontré-e-s, ce travail souligne une même distance soupçonneuse vis-à-vis du champ politique auprès de groupes sociaux aux propriétés sociales comparables. Le vote y apparait comme une information politique équivoque et parfois difficilement interprétable. A rebours des seuls schèmes savants de compréhension du jeu politique, ce travail souligne la mobilisation parmi les classes populaires françaises et québécoises d’outils profanes comparables, les indices et les rumeurs, qui observés in situ illustrent la pluralité des modes d’appréhension de la politique.
Pour partie faiblement connectées aux enjeux du champ politique, souvent en écho à des expériences personnelles, les attitudes politiques des classes populaires nécessitent d’être étudiées dans une perspective plus large. Ces rapports au politique se comprennent davantage en réinscrivant ces représentations politiques et du monde social dans les relations qu’entretiennent ces enquêté-e-s à l’État et dans les frontières identitaires et de classe qu’ils et elles mobilisent pour se situer socialement. Cette recherche souligne ainsi les divergences et les effets de trajectoires sociales et de lieu dans les visions du monde que mobilisent les classes populaires dans ces deux espaces nationaux.
Ma contribution vise donc à éclairer sous un autre jour les recompositions des scènes partisanes en France et au Québec en abordant la question au travers des rapports ordinaires à la politique des classes populaires. Elle esquisse une sociologie politique des classes populaires au Québec et prend position dans les débats portant sur la droitisation des classes populaires et sur la « montée des populismes » en France et au Québec en proposant une contribution méthodologique à l’ethnographie du politique. / Abstract
Donald Trump’s unforeseen victory in the U.S’s 2016 presidential campaign. The unexpected Brexit in the U.K. the same year. The disappearance of the two governing political parties in France at the 2017 elections. The electoral success of a third party, the Coalition Avenir Québec, during the provincial elections in 2018 in Quebec. On both sides of the Atlantic, unpredicted electoral results and a large reshuffling of partisan scenes are upsetting political, media and academic analyses. These phenomena are sometimes summed up as part of the “rise of populism”. Some works single out the “people” and their habit of being seduced, sometimes of being fooled, by “populist” leaders. The (jumbled) causes – built through statistical explications – are usually found with the “losers of the globalization”, the popular social classes or with ordinary people of rural regions. The observation of a political world turned upside down by the more dominated margins of society is usually brought up with the paradox of poor people voting against their supposed interests.
In France, these reflections are part of the larger debate concerning the voting habits of the popular classes in the context of the slow demise of the right-left divide as the main political reference. On the contrary, in Quebec, the partisan sphere is seen as being more and more polarized around this divide, as the question of sovereignty loses its significance. At the same time, the notion of popular social classes is not as centrally used by analysts in Quebec. Comparing these two cases allows this research to shed – a qualitative – light on the popular classes’ relations to politics and political sides in France and in Quebec.
This work is based on an ethnographic fieldwork in two lower class campgrounds in Pas-de-Calais (in France) and in the south of the “ region of Québec ”. It is a study, from the bottom-up and in a comparative perspective, of the representations and political attitudes of seasonal campers in a leisurely context. My analysis is based on around fifty interviews and a set of ethnographic observation made during two summer seasons in two campgrounds and in other spaces of leisure.
In my analysis of the research participants, ordinary representations of the political parties and of the social significance of voting underlines a suspicious distance from the political realm that is common to socially comparable groups. Voting habits appear to give ambiguous political information that is often difficult to interpret. Far from the erudite patterns of understanding the political game, my work emphasizes common secular tools used by popular classes in France and in Quebec. When such tools, like the use of clues or of rumors for instance, are observed on site, they illustrate the plurality of the participants’ understanding of and relationship to the political.
The political attitudes of the popular classes are very loosely connected to the issues of the political realm and are usually rooted in personal experiences. They thus need to be studied in a larger perspective. These relationships to the political are better understood when they are connected to the participants’ relationship to the State and to their own mobilization of identities which allows them to situate themselves socially. My work therefore underscores the divergences and effects of diverse social and spatial trajectories on the social representations and world visions that the popular social classes muster in these two distinct national spaces.
My work consequently aims at shedding a different light on the reshuffling of the partisan scenes in France and in Quebec by orienting the debate towards the ordinary relationships of the popular classes to the political. This thesis points at a political sociology of popular classes in Quebec. It also takes a stand in the debates on the shift to the right of these lower classes and on the “rise of populism” in France and in Quebec. This stand is rooted in a methodological contribution to the ethnography of the political.
|
299 |
L'art de saisir l'État : la défense de la culture de coca au Pérou et en BolivieBusnel, Romain 09 1900 (has links)
Thèse réalisée dans le cadre d'une cotutelle entre l'Université de Montréal et l'Université de Lille / En Bolivie et au Pérou, les régions de production de coca, principales cibles des politiques de lutte contre les drogues depuis les années 1970, sont souvent considérées comme en proie à une certaine « faiblesse », « défaillance » ou « absence » de l’État, et « dominées » par le pouvoir de groupes s’adonnant à des activités criminelles. Menée à partir des cas du Tropique de Cochabamba (Bolivie) et de la Vallée des fleuves Apurímac, Ene et Mantaro (VRAEM, Pérou), premiers foyers de production nationaux d’une coca majoritairement destinée aux marchés illicites, cette recherche s’inscrit à rebours de ces analyses, en montrant que non seulement l’État est bien là, mais qu’il aussi est maintenu et saisi par les organisations rurales de défense de la coca.
À partir d’une enquête ethnographique, cette thèse analyse par le bas et dans une perspective comparée les intrications entre économie illicite, mobilisations et États. Elle montre comment fédérations agricoles et syndicales s’appuient sur la coca pour construire des pratiques communales de gouvernement, des identités régionales et des cadrages suffisamment mobilisateurs pour obtenir des politiques de développement censées compenser le « narcotrafic » ou le « narcoterrorisme ». Les dirigeants des organisations sociales construisent leur leadership politique dans la lutte et se positionnent ensuite comme intermédiaires auprès de l’État. Occuper des fonctions administratives et électives leur permet alors de diriger davantage de ressources publiques vers leurs régions d’origine, de défendre la coca dans les institutions, voire de retracer les frontières entre activités légales et illégales. Culture de la coca et politiques de développement deviennent alors des ressources constitutives de l’économie morale des cultivateurs.
Ces processus se donnent néanmoins à voir différemment. Au Tropique de Cochabamba, il s’agit d’une saisie corporatiste, propre aux liens forts qui unissent les syndicats de cultivateurs de coca, le MAS, parti au pouvoir jusqu’en 2019, et l’État bolivien. Cette modalité a permis aux syndicats d’obtenir des ressources publiques, des droits, de désigner ses intermédiaires en échange d’un soutien au parti et au gouvernement. Au VRAEM, le faible ancrage des partis politiques dans la société péruvienne laisse le champ libre aux dirigeants de la fédération agricole pour saisir l’État selon une logique entrepreneuriale, par laquelle ils font valoir des ressources propres et des relations pour la plupart extérieures à leur région d’origine.
Le détour par ces régions éclaire les relations entre secteurs populaires et État et contribue à décloisonner l’étude des mouvements sociaux. La comparaison en miroir offre une palette d’outils pour appréhender « l’art de saisir l’État » à travers une sociologie des organisations, des syndicats et des partis politiques. / The coca growing regions of Bolivia and Peru have been a focal point of drug control policies in these two countries since the 1970s. These regions are often portrayed as being subject to a weak, failed or even absent state, and under the control of criminal groups. Focusing on the Tropic of Cochabamba (Bolivia) and VRAEM (Peru) regions, the main national hotbeds of coca mostly destined for illicit markets, this research challenges this idea by showing that not only is the State present, but that it is also maintained and seized by rural coca-producing organizations.
Based on an ethnographic survey, I study from the ground and in a comparative perspective the interplay between the illicit economy, social movements and the State itself. I show how agricultural and trade union federations use coca to build communal government practices, regional identities and frameworks to mobilize and obtain development policies meant to compensate for "narcotrafficking" or "narcoterrorism". The leaders of social organizations build their political leadership from the struggle and then place themselves as intermediaries with the State. Occupying administrative and elective functions allows them to channel more public resources to their native regions, to defend coca in institutions, and even to redraw the boundaries between legal and illegal activities. As such, coca cultivation and development policies become resources that constitute the moral economy of the growers.
However, the views behind these political processes differ from one region to the other. In the Tropic of Cochabamba, it is a corporatist seizing process, inherent to the strong ties between the coca growers' unions, the MAS party in power until 2019, and the Bolivian state. This has allowed the unions to obtain public resources, rights, and the appointment of its intermediaries in exchange for support to the party and the government. In the VRAEM, the weak anchoring of political parties in Peruvian society enables agricultural federation leaders to seize the state through an entrepreneurial logic. They assert their own resources and relations, mostly outside their home region.
The detour through these regions sheds light on the relations between the informal popular sectors and the State and broadens the scope of the study of social movements. The comparison thus offers a range of tools to apprehend the "art of seizing the state" through a sociology of organizations, unions and political parties. / En Bolivia y en el Perú, las regiones productoras de coca, principales blancos de las políticas de lucha contra las drogas desde los años 70, suelen ser consideradas como zonas afectadas por la "debilidad", el "fracaso" o la "ausencia" del Estado y "dominadas" por el poder de los grupos criminales. Partiendo de los casos del Trópico de Cochabamba (Bolivia) y del VRAEM (Perú), principales focos nacionales de producción de una coca mayormente destinada a los mercados ilícitos, la presente investigación contrasta con esos análisis. Demuestro que no sólo está presente el Estado, sino que también está mantenido y tomado por las organizaciones rurales de defensa de la coca.
Sobre la base de un estudio etnográfico, esta tesis analiza desde abajo y con una perspectiva comparativa las interrelaciones entre la economía ilícita, las movilizaciones y los Estados. Muestro como las federaciones agrícolas y sindicales usan la coca para construir prácticas comunales de gobierno, identidades regionales, marcos de acción colectiva para obtener políticas de desarrollo que supuestamente compensan al "narcotráfico" o al “narcoterrorismo". Los líderes de las organizaciones sociales construyen su liderazgo político en la lucha y se posicionan como intermediarios con el Estado. Al ocupar funciones administrativas y electivas, pueden dirigir más recursos públicos a sus regiones de origen, defender la coca en las instituciones e incluso trazar los límites entre las actividades legales e ilegales. De esta forma, el cultivo de la coca y las políticas de desarrollo se convierten en recursos que constituyen la economía moral de los agricultores.
Sin embargo, estos procesos se ven de manera distinta. En el Trópico de Cochabamba, se trata de una apropiación del Estado corporativista, caracterizada por los fuertes lazos entre los sindicatos de cocaleros, el MAS, partido en el poder hasta 2019, y el Estado boliviano. Esta modalidad ha permitido a los sindicatos obtener recursos públicos, derechos y la designación de sus intermediarios a cambio de apoyo al partido y al gobierno. En el VRAEM, el escaso asentamiento de los partidos políticos en la sociedad peruana permite a los líderes de las federaciones agrícolas apropiarse del Estado a través de una lógica empresarial. Hacen valer sus propios recursos y relaciones, en su mayoría fuera de su región de origen.
El camino por estas regiones aclara las relaciones entre los sectores populares y el Estado y contribuye a ampliar el estudio de los movimientos sociales. Así, la comparación ofrece una gama de herramientas para aprehender el "arte de apropiarse del Estado" a través de una sociología de organizaciones, sindicatos y partidos políticos.
|
300 |
La diaspora de la chambre 107 : ethnographie des pratiques musicales et dansées des Soninkés en Ile-de-France / Finding One’s Place through Music : an Ethnography from a Shelter for Migrant Workers to the Soninke DiasporaClouet, Claire 25 October 2018 (has links)
Les Soninkés sont originaires d'une région à la triple frontière entre le Mali, la Mauritanie et le Sénégal. Leur présence en France a été étudiée sous l'angle de la migration de travail, mais pas sous celui des pratiques culturelles et artistiques. Ma thèse vient questionner cette dimension inaperçue. L’enquête ethnographique commence dans les chambres standardisées d’un foyer de travailleurs migrants, lieu d’hébergement pour hommes. J’étudie d’abord de quelle manière les habitants du foyer manipulent l’espace sonore du bâtiment pour se l’approprier. Les musiques qu’ils écoutent et les vidéos de fêtes qu’ils regardent depuis leur smartphone signalent de nombreux lieux en Ile-de-France et en Afrique de l’Ouest autour desquels s’organise la diaspora soninkée. Afin de parcourir ces lieux comme ethnographe, j’intègre la troupe de danse Xhambane Kaffo, basée à Sarcelles. A la suite des danseuses et musiciens rencontrés dans la troupe, je me rends dans les salles des fêtes privées, les espaces culturels municipaux, les théâtres, où ils animent autant de mariages, de journées culturelles, de fêtes associatives ou d’élections de miss. Je me rends également à Bakel, au Sénégal, à rebours du parcours migratoire du directeur de la troupe, ainsi que dans la région du Guidimakha, en Mauritanie, auprès des familles des habitants du foyer. En prenant la musique en filature, ces déplacements me permettent d’étudier comment des hommes catégorisés comme migrants s’inscrivent dans des réseaux à la fois interpersonnels et transnationaux. Ni en France ni en Afrique de l’Ouest, la diaspora à laquelle ils participent n’a de lieu dédié, tel que le serait un centre culturel, mais elle est bel et bien située. / The Soninkes come from a borderland between Mali, Mauritania and Senegal. Their presence in France has been studied in terms of labour migration, but not as a cultural and artistic diaspora. My work concentrates on this unnoticed social dimension. The ethnographic survey begins in the standardised rooms of a Parisan shelter for migrant workers. First of all, I study how the shelter’s inhabitants, only men, shape their living space through sound. They live in confined spaces but the music they listen to and the videos they look at on their smartphones refer to a plethora of spaces in the Paris region and in West Africa. To explore these communities, I join a Soninké dance troupe called Xhambane Kaffo (We are all united in the same language) located in Sarcelles, a short drive north of Paris. Following the dancers and the musicians of this troupe, I go to reception halls, to municipal spaces, to theatres where they lead wedding parties, cultural days, association meetings and elections of diaspora queens. The survey moves then to West Africa : first to Dakar and Bakel, Senegal, following the artistic journey of the Xhambane Kaffo’s troupe director ; then to Mauritania, to meet the families of the Parisian migrant workers. Moving from one point to another allowed me to show how these men, categorized as migrants and single, sit within both a transnational and interpersonal social network. My work argues that if some cultural and artistic practices, such as the Soninkés’ diasporic encounters, are categorized as « invisible » in the urban area, it is because they are seen through a sedentary vision of space.
|
Page generated in 0.0631 seconds