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Présentation de soi et invention de soi : le héros au coeur du théâtre identitaire dans Le Vol de l’ange de Daniel Poliquin

Mon mémoire de maîtrise traite de la problématique de l’identité dans Le Vol de l’ange de Daniel Poliquin. À la lumière des représentations et des enjeux identitaires mis de l’avant dans les autres romans de l’écrivain, je montre que le dernier roman de l’écrivain reconduit les mêmes thèmes et obsessions propres au discours identitaire de Poliquin. De cette façon, la construction identitaire du héros du Vol de l’ange est dynamique et relève d’une véritable mise en scène, comme je l’observe dans les romans précédents. Pour ces raisons, je propose l’idée, en m’appuyant sur les théories identitaires d’Erving Goffman et de Jean-Claude Kaufmann, que les personnages de Poliquin évoluent dans un véritable théâtre identitaire : qu’ils soient confinés dans un rôle par autrui, qu’ils le choisissent ou le refusent, les héros de Poliquin jouent. Dans un premier temps, je dresse un portrait détaillé de la question identitaire de Temps pascal à La Kermesse. J’affirme que chez Poliquin, l’identité est dynamique, changeante, jamais fixe et qu’elle s’inscrit dans un rapport constant à l’Autre et au passé, entraînant des conséquences diverses lorsqu’elle se pose comme problématique : dépression, marginalité et errance, conscience coupable et supériorité morale, solitude et amour refusé, échec de la paternité. À l’inverse, je souligne qu’une identité dite authentique permettrait au héros de trouver sa place, d’accéder au bonheur et d’atteindre la paternité. Dans un deuxième temps, je me consacre à l’étude du parcours identitaire du héros du Vol de l’ange pour répondre à la question suivante : qu’est-ce que ce parcours nous apprend de nouveau sur le héros de Poliquin ? Je décortique alors chacune des représentations dans lesquelles se trouve le héros pour montrer comment s’articule les composantes de l’identité observées dans les romans précédents. Si plusieurs caractéristiques propres au discours identitaire de Poliquin se retrouvent dans cette dernière oeuvre, tel que mentionné ci-haut, et que certaines questions semblent désormais réglées (par exemple le métissage et la langue), je montre que Poliquin ajoute deux conditions au « progrès identitaire » tracé dans les romans précédents : l’acceptation de sa condition et la liberté. Je conclus que, confronté à une faible potentialité inventive, le héros se campe dans une nouvelle posture identitaire, celle du retrait, et qu’enfin, puisqu’il s’agit d’un roman de la mère qui s’inscrit dans la même veine que L’Obomsawin, La Côte de Sable et L’Homme de paille, le héros demeure un fils. En fin de compte, je soutiens que toute la question identitaire chez Poliquin est orchestrée par la métaphore paternelle et qu’elle se traduit dans le dernier roman par le retour en force de la mère. Ainsi, le héros de Poliquin n’arrive pas à « passer au rang de Père », sans en être pour le moins malheureux.

Identiferoai:union.ndltd.org:Quebec/oai:constellation.uqac.ca:4159
Date January 2017
CreatorsR. Gagné, Andréanne
Source SetsUniversité du Québec à Chicoutimi
LanguageFrench
Detected LanguageFrench
TypeThèse ou mémoire de l'UQAC, NonPeerReviewed
Formatapplication/pdf
Relationhttp://constellation.uqac.ca/4159/

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