Depuis leur première fondation au Moyen-Âge, les universités sont prises en tension entre une mission de transmission d’un savoir réflexif/critique et celle d’une réponse aux besoins pratiques de la société. Il semble toutefois qu’avec le tournant néolibéral qui se produit vers la fin des années 1970, les politiques publiques adoptées dans la décennie suivante avantagent ce second volet au détriment du premier. Sous l’impulsion des discours experts, relayés par les organisations internationales (Laval & coll. 2002 ;Milot, 2013), et de la construction de l’Espace européen d’enseignement supérieur (EEES), la décennie des années 1990 marque, pour les pays industrialisés, une période clef dans le façonnement d’un nouvel imaginaire (Castoriadis, 1975) du rôle des institutions d’enseignement supérieur dans la société.Cette thèse vise à éclairer l’évolution, sur trois décennies, de l’institution d’un imaginaire proprement néolibéral du rapport entre l’État, le champ de l’enseignement supérieur et celui de l’économie. Plus spécifiquement, elle contribue à l’affinement des connaissances sur la circulation des formules qui constituent l’interdiscours (Pêcheux, 1975) de l’ « économie du savoir » à l’échelle internationale vers l’échelle européenne et nationale. Pour ce faire, nous avons analysé l’évolution de l’institution de l’imaginaire néolibéral dans le rapport entre l’État, le champ de l’enseignement supérieur et le champ économique par l’analyse des débats parlementaires. Ces débats parlementaires, ciblés pour trois contextes nationaux (France, Communauté française de Belgique et Québec) de 1980 à 2013, ont été analysés par le recours aux outils statistiques avec le logiciel TXM (index hiérarchique, analyse factorielle de correspondances, spécificités, concordances et cooccurrences). Par la complémentarité de l’analyse quantitative et qualitative, nous avons procédé à un travail d’identification des moments d’émergence de noeuds discursifs (Rear & Jones, 2013 ;Žižek, 2008) à travers lesquels sont réinterprétés les enjeux historiques des systèmes d’enseignement supérieur dans chaque contexte national. La comparaison des trajectoires discursives de chaque contexte national nous a ensuite permis de caractériser l’interdiscours (Pêcheux, 1975) par lequel l’idéologie néolibérale, à travers un jeu de recontextualisation (Chouliaraki & Fairclough, 1999), parvient à dépolitiser l’enjeu du rapprochement entre le champ de l’enseignement supérieur et celui de l’économie. / Doctorat en Sciences politiques et sociales / info:eu-repo/semantics/nonPublished
Identifer | oai:union.ndltd.org:ulb.ac.be/oai:dipot.ulb.ac.be:2013/305268 |
Date | 27 May 2020 |
Creators | Fecteau, François |
Contributors | Gobin, Corinne, De Meulemeester, Jean Luc, Siroux, Jean-Louis, Bernatchez, Jean, Charlier, Jean-Emile, Neyrat, Frédéric |
Publisher | Universite Libre de Bruxelles, Université libre de Bruxelles, Faculté de Philosophie et Sciences sociales - Sciences politiques et sociales, Bruxelles |
Source Sets | Université libre de Bruxelles |
Language | French |
Detected Language | French |
Type | info:eu-repo/semantics/doctoralThesis, info:ulb-repo/semantics/doctoralThesis, info:ulb-repo/semantics/openurl/vlink-dissertation |
Format | 3 full-text file(s): application/pdf | application/pdf | application/pdf |
Rights | 3 full-text file(s): info:eu-repo/semantics/closedAccess | info:eu-repo/semantics/openAccess | info:eu-repo/semantics/closedAccess |
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