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Littérature et sens commun : Céline et Genet au cœur de la catastrophe

Le sujet confronté aux puissances objectives et destructrices d'un événement comme la Deuxième Guerre mondiale porte inévitablement la marque d'un changement survenu dans sa réalité sociale. Ce bouleversement fondamental au sein du sujet et de sa société constitue le point commun majeur entre deux romans publiés après la Deuxième Guerre mondiale : Pompes funèbres (1953) de Jean Genet et D'un château l'autre (1957) de Louis-Ferdinand Céline. Les retombées de la guerre s'inscrivent ainsi au cœur de ces œuvres qui, à travers la voix de leurs narrateurs, réorganisent les ruines d'un monde détruit pour le raconter. Le « sens commun », concept philosophique emprunté à Hannah Arendt, permet de réfléchir aux problèmes soulevés par l'expérience de la catastrophe et par ses conséquences dans la communauté, puisque, selon ses acceptions, il concerne trois dimensions fondamentales qui touchent la relation de l'humain avec sa société : la perception sensible (synthèse du sensible), la perception intellectuelle (bon sens et sens de la communauté) et la signification (rationalité commune). En tirant profit de l'analyse de ce concept, cette thèse se demande : comment ces romans peuvent-ils produire une communauté de sens capable de transmettre l'expérience moderne? Des écrivains comme Céline et Genet abordent de front la question de la relation du sujet à sa communauté. Ils ont tous les deux une posture particulière qui leur confère une situation inédite au sein de la société : Céline est coupable en raison de la publication de ses trois pamphlets antisémites et Genet est un criminel condamné pour vol qui fait des séjours de plusieurs mois en prison pendant l'Occupation. L'étude de ces romans offre ainsi l'occasion de proposer de nouvelles bases pour réfléchir à la notion de sens commun et à son statut dans les œuvres littéraires. D'un château l'autre et Pompes funèbres s'inscrivent dans une crise plus générale du sens qui survient dans l'après-guerre française et participent de ce fait à une réflexion sur le sens commun. À partir d'eux, cette thèse s'intéresse plus exactement à la fin de la guerre en France - le souvenir encore récent de l'Occupation et la période de la Libération - et démontre que le concept de sens commun est essentiel pour aborder des œuvres dont l'intrigue se déroule dans les ruines de la guerre.
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MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Littérature, Sens commun, Hannah Arendt, Louis-Ferdinand Céline, Jean Genet, Deuxième Guerre mondiale.

Identiferoai:union.ndltd.org:LACETR/oai:collectionscanada.gc.ca:QMUQ.5370
Date01 1900
CreatorsPaquet, Amélie
Source SetsLibrary and Archives Canada ETDs Repository / Centre d'archives des thèses électroniques de Bibliothèque et Archives Canada
Detected LanguageFrench
TypeThèse acceptée, NonPeerReviewed
Formatapplication/pdf
Relationhttp://www.archipel.uqam.ca/5370/

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