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Mémoire blessée et patrimoine local : Le cas de la Basse-Ville d'Ottawa

La géographie du patrimoine a eu tendance à distinguer assez radicalement l’étude des mécanismes locaux de la désignation patrimoniale de celle très symbolique des revendications commémoratives en lien avec des épisodes traumatiques, délaissant de fait la recherche, dans les conflits patrimoniaux locaux, sur l’une des sources essentielles de l’attachement territorial : la mémoire locale. Alors que la flambée des mémoires blessées et minoritaires ainsi que les processus de la construction de la mémoire nationale concentraient les chercheurs, l’échelle locale du phénomène était en effet largement délaissée.
Proposant une exploration de cette piste, cette thèse s’intéresse à la mémoire entretenue et mobilisée par certains membres d’une communauté minoritaire autour de son quartier, considérablement transformé par une opération de redéveloppement et dont les dernières traces sont menacées par la densification urbaine.
Selon une méthode inductive et grâce à l’analyse de différents discours portant sur le territoire, nous nous intéressons dans un premier temps à la résistance des citoyens contre la rénovation urbaine de la Basse-Ville d’Ottawa dans les années 1960 et 1970 et, dans un second temps, à la réactivation dans le cadre de conflits patrimoniaux contemporains de la mémoire de ce quartier et de sa rénovation urbaine. Le manque de reconnaissance dont fait l’objet le patrimoine du quartier est vécue aujourd’hui par certains acteurs locaux comme un double traumatisme : au souvenir réactivé de la rénovation urbaine vient s’ajouter celui de la destruction des derniers bâtiments porteurs de leur mémoire du lieu, dans un contexte de densification urbaine.
Notre thèse, en apportant un nouvel éclairage sur les espaces d’expression de la mémoire du lieu en géographie du patrimoine urbain, permet d’accéder à un autre niveau de compréhension des revendications patrimoniales et d’illustrer, à l’échelle locale, la lutte pour la reconnaissance du lieu de vie fragilisé d’une communauté minoritaire. Réclamant la désignation de ses édifices porteurs de mémoire, cette lutte s’inscrit dans les grands changements observés aux échelles nationales et internationales pour une politique patrimoniale et commémorative plus inclusive de la diversité des populations : une demande de justice patrimoniale.

Identiferoai:union.ndltd.org:uottawa.ca/oai:ruor.uottawa.ca:10393/35266
Date January 2016
CreatorsRamirez, Caroline
ContributorsGilbert, Anne, Benali, Kenza
PublisherUniversité d'Ottawa / University of Ottawa
Source SetsUniversité d’Ottawa
LanguageFrench
Detected LanguageFrench
TypeThesis

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