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La frontière franco-suisse au prisme de la coopération policière : normes institutionnelles et normes pratiques / The French-Swiss border from the perspective of police cooperation : official norms versus practical normsGirard, Sarah 14 June 2017 (has links)
Dans les années 1990, la mise en œuvre de la libre circulation au sein de l’espace Schengen s’est accompagnée de la mise en place de mécanismes coopératifs entre États voisins en matière de police, de justice et de douanes. La coopération policière interroge quant à l’articulation des moyens et des acteurs dépositaires de la violence physique légitime de part et d’autre de la frontière nationale. Comment s’organise la coopération policière ? Sur quels mécanismes repose-t-elle empiriquement ? Que représente la présence de la frontière nationale, et qu’implique-t-elle pour les acteurs participant à la coopération sur le terrain ? A travers le cas d’étude de la coopération policière transfrontalière franco-suisse, analysé selon une approche qualitative, cette recherche transdisciplinaire interroge le rôle et la fonction de la frontière en tant que ligne de démarcation entre deux entités étatiques, sur le territoire de la métropole du Grand Genève. En retenant la distinction entre normes institutionnelles et normes pratiques, deux dimensions ont été retenues : les pratiques coopératives entre acteurs publics sur l’espace transfrontalier, et les pratiques de collaboration entre acteurs publics et privés sur un territoire éphémère, à travers le cas du Paléo Festival de Nyon, plus grand festival de musique en plein air de Suisse, situé à proximité immédiate de la frontière française. La thèse principale est que la frontière, au prisme de l’activité policière, est transcendée par des logiques économiques et professionnelles. Premièrement, la recherche montre que la coopération policière telle qu’étudiée ici est au service de la préservation des logiques économiques, au point où les tentations souveraines – tel que le rétablissement des contrôles systématiques aux frontières – s’étouffent d’elles-mêmes face à la force du marché. Deuxièmement, la compréhension du fonctionnement empirique de la coopération policière transfrontalière nécessite de tenir compte de la temporalité des enjeux de sécurité : le recours par les acteurs à des normes institutionnelles ou informelles varie en fonction de l’inscription des enjeux dans un temps quotidien, cyclique ou événementiel. Le recours aux normes informelles traduit l’adaptation des acteurs policiers à leur territoire d’intervention : ils deviennent ainsi des vecteurs de rapprochement entre les États, en participant à l’atténuation du différentiel frontalier que représente la frontière nationale. Bien que certains facteurs structurels contribuent à faire perdurer les discontinuités liées à la présence de la frontière nationale, il reste que cette dernière est désormais loin de jouer sa fonction initiale de démarcation intrinsèque, et cela même en matière de sécurité, qui reste compétence régalienne. / Since its implementation in the 1990s, the free movement of persons within the Schengen area has seen the development of a framework of bilateral cooperation agreements concerning the police, judiciary and Cus-toms. Cooperation between police forces has raised questions about the manner in which legally-sanctioned physical force may be exercised on either side of the border by those authorized to do so. How is police coopera-tion actually organized at a practical level? On what empirical mechanisms is it based? What does the national border represent in the context of police cooperation and how is it perceived by the actors involved in the field? Under the perspective of the French-Swiss cross-border police cooperation, this qualitative and transdisciplinary research questions the role and function of the border as a demarcation line between two State entities, within the territory of the Greater Geneva metropolis. Using the classification of official norms and practical norms, the research is organized around two dimensions: cooperation practices between public actors within the cross-border area, and collaboration practices between public and private actors within an ephemeral territory through the case study of the Paléo Festival of Nyon, the most important open air musical event of Switzerland, located close to the French border.The result of this thesis is to show that the border, through policing, is transcended by economic and professional logics. Firstly, the research demonstrates that police cooperation serves to preserve economic interests to the point of rendering inoperative the temptations of national sovereignty temptations (e.g., back to systematic border checks). Secondly, the understanding of how cross-border police cooperation works empirically, requires taking into account the temporality of security issues: the actors use official or practical norms depending on whether security issues fall into a linear, cyclical or event-related time period. The use of practical norms reflects the adaptation of the different police to their territory of intervention: they thus become drivers of a ‘rapprochement’ between the two States, participating in the attenuation of the border. Even though some structural factors contribute to maintaining discontinuities, the border’s role as a line of demarcation is now much reduced, even in terms of security which none the less remains a national responsibility.
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Verhandeln mit Republiken : die Ambassade des Marquis d’Avaray und die französisch-eidgenössischen Beziehungen im frühen 18. Jahrhundert / Négocier avec des républiques : l’ambassade du marquis d’Avaray et les relations franco-suisses au début du XVIIIe siècle / Negotiating with Republics : the Embassy of the Marquis d’Avaray and the Franco-Swiss Relations in the Early 18th CenturyAffolter, Andreas 28 September 2015 (has links)
La thèse examine les relations franco-suisses au début du XVIIIe siècle en s’interrogeant sur les pratiques et les canaux de négociation d’un côté, et celles du statut des acteurs de l’autre. Elle s’inscrit dans le cadre d’une histoire diplomatique renouvelée s’appuyant sur les acquis de l’histoire culturelle et sociale. Une première partie traite des relations entre les souverains : les autorités suisses et le roi de France. Face à l’asymétrie entre le roi et les cantons, leurs relations peuvent non seulement être décrites selon un modèle de relation entre souverains (inégaux), mais aussi selon un modèle patron-client. Une deuxième partie analyse les relations personnelles de l’ambassadeur français en Suisse. Il y est démontré comment les pratiques de communication entre l’ambassadeur et ses interlocuteurs suisses étaient façonnées par la culture politique différente des cantons qui n’acceptaient pas tous dans la même mesure les relations personnelles entre magistrats et diplomates étrangers. La troisième partie examine les canaux de communication et de négociation entre la Cour de France et les autorités suisses. Grâce à la présence de nombreux diplomates accrédités en Suisse et en s’appuyant sur leurs sujets séjournant aux cours étrangères en tant qu’officiers ou diplomates au service d’un prince étranger, les cantons pouvaient pratiquer une « diplomatie sans diplomates » qui ne coûtait presque rien. En dernier lieu, l’analyse des négociations du renouvellement d’alliance entre le roi de France et le canton de Berne soulève le problème des négociations avec une république aux temps modernes. / The thesis examines the Franco-Swiss relations in the early 18th century and probes into both the practices and channels of negotiation as well as the status of the actors. As a contribution to the flourishing ‘new diplomatic history’, it draws on the methods and innovations of cultural and social history. The first part discusses the relations between two unequal sovereigns: the Swiss authorities and the French king. Given the asymmetry between the king and the cantons, their relations can not only be described as relations between (unequal) sovereigns but also as patron-client ties. The second part examines the personal relations of the French ambassador in Switzerland and shows how the different political cultures of the cantons shaped the communicative practices between the ambassador and his Swiss interlocutors. In the third part, the channels of communication and negotiation between the French court and the Swiss authorities are analysed. Thanks to the presence of numerous foreign diplomats accredited in Switzerland and relying on the services of Swiss subjects staying at foreign courts as officers and diplomats serving a foreign prince, the Swiss republics were able to practice “diplomacy without diplomats”, thus economizing on the expenses associated with maintaining a formal diplomatic body. In the final part, the analysis of the negotiations for the renewal of the alliance between the French king and the Republic of Berne provides a case study of what it meant to negotiate with a polyarchy in the early modern period.
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