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Le droit public et la mort / Public law and deathMesmin d'Estienne, Jeanne 06 October 2014 (has links)
L'intérêt d'une étude sur la mort découle des contradictions qui l'affectent car seuls les vivants pouvant être créateurs de normes et titulaires de droit, la mort en droit public est par définition un droit des vivants. La mort, prise en considération par le droit public, est un prisme sous lequel se dévoile la construction de l'Etat tout en révélant les lacunes et les fragilités du droit face au mystère de la condition humaine. Oscillant entre une conception de la mort perçue comme un néant et des projections individuelles et collectives conférant, malgré tout, une valeur à la personne et à la vie humaine avant et par-delà le décès, le droit tout en s'émancipant de la religion ne s'est pas déparé complètement de toute dimension "sacrée" et l'Etat doit se confronter à ces projections individuelles et collectives face à la mort. Si l'on a assisté en l'espace de moins d'un siècle à un basculement d'un devoir de ne pas tuer à une obligation de protéger la vie à laquelle la norme juridique fait très largement écho, la nouvelle maîtrise de la vie humaine permise par les avancées scientifiques et médicales transforme également l'expression souveraine de l'Etat. Se voyant reconnaître un pouvoir de protection de la vie, c'est désormais sur la condition biologique des individus elle-même que le droit public étend ses ramifications. / The interest of a study about death comes from the contradictions that affect it. Only the living can create laws and regulations: by definition, death in public law is the law of the living. Death, as managed by public law, is a prism which reveals the construction of the State but also uncovers gaps and weaknesses in the law to deal with the mystery of human condition. The law swings back and forth between a conception of death seen as nothingness and individual and collective beliefs giving nevertheless value to the person and human life before and beyond death. While freeing itself from religion, the law has not completely lost any"sacred" dimension and the State must face these individual and collective beliefs about death. In less than a century, there has been a shift from “do not kill” to an obligation to “protect life”; this shift is now widely integrated in modern law. Scientific and medical advances allow a new control of human life and also change the sovereign expression of the state. Public law is now in charge of a life protection duty and starts to integrate rules about the biological condition of human people itself.
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A grave affair : on the possibilities of loneliness among the dead and the dying : capitalism, hegemony, and the experience of death in western societiesCôté, Camille 04 1900 (has links)
The dead have a lot to say, but in the fast-paced context of ultra-capitalist societies, who has the time to listen? If social sciences and societies have depicted death in the West as denied, the dying as abandoned and the dead as forgotten, then how do we reconcile this dark portrait with the importance of The End in the stories of our lives? One cannot help but wonder: what kind of relationships do westerners truly foster with death? This study proposes a new reading of the practices and beliefs surrounding death in contemporary western societies by questioning the pessimistic death theories of the 20th century. The investigation raises two concerns, namely the possibility of an increased sense of loneliness among the dead and the dying, and the effects of technology and consumer lifestyles on alienating the aging and dying from the living. Drawing on Gramscian and Foucauldian theory on the concept of hegemony, the study combines historical and ethnographic data related to the domination of institutions and industries over death in the urbanized societies of Canada, France, the United States and England. To uncover the deeper hegemonic processes that shape the experience of death in the 21st century, the study goes back in time and retraces the changes that have occurred around death under different regimes. From the Early Middle Ages to the late capitalist era, the reader is brought on a journey across the changing landscape of death by means of 70 annotated illustrations which invite us to reflect on a central question, namely, what makes death a grave affair? Beginning with a sociohistorical analysis of the rise of individualism as linked to the disenchantment of death in the West, followed by an experiential ethnography of silence in one of North America’s largest sepulchral space—Montreal’s Mount Royal and Notre-Dame-des-Neiges cemeteries, the journey ends with an investigation of the affairs related to the commodification of death and aging in North America. The results of the study show that the possibilities of loneliness among the dead and the dying are not more significant today than they were in the past. The current landscape of death rather attests to an abundance of intentions which seek to highlight the importance of caring for and commemorating loved ones. What this finding reveals, is that western societies harbour misconceptions that undermine the complexity, richness and continuity of the bonds which keep the living and the dead engaged in a meaningful relationship that, we shall see, affords more possibilities than ends. / Les morts ont sans doute beaucoup à dire, mais dans le contexte effréné des sociétés ultracapitalistes, qui donc a le temps de les écouter ? Si, de prime abord, sciences sociales et sociétés dépeignent la mort en Occident contemporain comme étant niée, les défunts oubliés et les mourants délaissés, ce piètre portrait ne reflète pourtant pas l’importance que l’on attribue généralement à toute fin. À cet égard, nous serions en droit de nous demander ce qu’il en est vraiment de la relation des Occidentaux à ce destin inéluctable. Cette étude propose une nouvelle lecture des pratiques et perspectives entourant la mort dans les sociétés occidentales contemporaines en remettant en cause les théories pessimistes de la mort issues du 20e siècle. Deux enjeux sont soulevés, le premier concerne la possibilité d’une solitude accrue chez les morts et les mourants ; et le deuxième vise à comprendre si et comment diverses forces individualisantes du capitalisme — telles que la technologie ou la surconsommation — auraient contribuées à les isoler du vivant. Avec l’éclairage qu’apportent Gramsci et Foucault sur la notion d’hégémonie, la recherche met en dialogue diverses données ethnographiques et historiques relatives à la domination des industries et des institutions de la mort dans les sociétés urbanisées du Canada, de la France, des États-Unis et de l’Angleterre. Afin de comprendre les dynamiques qui sous-tendent l’expérience de la mort au 21e siècle, l’étude remonte dans le temps et retrace les changements qui se sont produits autour de la Grande faucheuse sous différents régimes. Du christianisme médiéval jusqu’à l’ère capitaliste, le lecteur est invité à parcourir 70 illustrations annotées — voyage qui l’incite à se pencher sur une question principale, à savoir, qu’est-ce qui fait de la mort une grave affaire ? Débutant par une analyse sociohistorique sur la montée de l’individualisme en Occident comme étant liée à un désenchantement envers la mort, suivie d’une ethnographie expérientielle du silence dans l’un des plus grands sites funéraires d’Amérique du Nord — les cimetières Mont-Royal et Notre-Dame-des-Neiges de Montréal, le parcours se termine par une enquête sur la marchandisation du vieillissement et de la mort en Amérique du Nord. Les résultats de l’étude révèlent que la solitude des morts et des mourants n’est pas plus grande aujourd’hui que dans le passé. Qui plus est, le paysage actuel de la fin de vie atteste d’un foisonnement d’intentionnalités qui visent à souligner l’importance de prendre soin des êtres chers et de les commémorer. L’approche anthropologique de ce mémoire démontre que les sociétés occidentales entretiennent des préjugés qui masquent la complexité, la richesse et la continuité des liens que tisse l’imaginaire entre morts et vivants — une co-construction qui, on le verra, ouvre plus de possibilités qu’elle ne scelle de fins.
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