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Surveiller les personnes, garder les frontières, définir le territoire : la Police Aux Frontières après la création de l'espace Schengen (1953-2004) / Watching the persons, guarding the borders, defining the territory : the Police Aux Frontières after the creation of the Schengen territory (1953-2004)

Cette thèse prend comme point de départ l’étude d’un service de police, la Police Aux Frontières (PAF) en lien avec la construction européenne. En nous inspirant de la sociologie de l’État nous avons élaboré des catégories analytiques à même de rendre compte de l’évolution concomitante de cette police et des « régimes de circulation » national et européen. Le « régime de circulation » est défini grâce aux catégories rokanienne de l’analyse de l’État : il est lié à un « centre politique » et définit un territoire pertinent de circulation et les caractéristiques des personnes habilitées à s’y déplacer. La PAF est caractérisée comme une police des déplacements, elle met en jeu certaines des formes de pouvoir étatique décrite par Michel Foucault, qui met l’accent sur la capacité de l’État à contrôler à distance les activités des individus. Le régime de circulation national repose depuis 1974 sur le principe de la frontière comme lieu légitime et efficace des contrôles des déplacements des personnes et des déviances. Il entre en contradiction avec celui du régime de circulation européen qui, à partir de 1985, repose sur le principe de libre franchissement des frontières internes. La PAF, administration marginale, connaît alors un développement sans précédent de ses effectifs, de ses tâches et de son rôle dans l’élaboration du régime de circulation. Elle gère les interactions et les contradictions entre le régime de circulation national et européen. La PAF apparaît à la fois comme un acteur professionnel à même de défendre une extension des limites de sa « juridiction » mais également un acteur administratif intervenant dans l’élaboration des régimes de circulation. / This PhD thesis studies a police service, the Police Aux Frontières (PAF) in relation with European integration. Using the literature of the sociology of State, I elaborate two analytical categories to give an account of the parallel evolution of both the PAF and the European and French “movement regime”. The “movement regime” is defined thanks to rokanian analysis of the State: it is linked to a “political centre” and defines an area of movement and the characteristics of the people allowed to move within it. The PAF is defined as a movement police; it applies forms of State power described by Michel Foucault, who puts the emphasis on the capacity of the State to control individual activities from a distance. Since 1974, French “movement regime” has defined the border as the legitimate and effective locus of individual’s movements and deviance control. It opposes to the European “movement regime”, which since 1985 has relied on free movement of people. The PAF, a once marginal administration, has shown a rapid growth regarding staff, tasks, and role in the policy-making of European and French “movement regime”. The PAF is both a professional actor aiming for an extension of its “jurisdiction” and an administrative actor contributing to the “movement regime” decision-making.

Identiferoai:union.ndltd.org:theses.fr/2013IEPP0061
Date21 December 2013
CreatorsCasella Colombeau, Sara
ContributorsParis, Institut d'études politiques, Surel, Yves
Source SetsDépôt national des thèses électroniques françaises
LanguageFrench
Detected LanguageFrench
TypeElectronic Thesis or Dissertation, Text

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