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La germanité au prisme des troubles autistiques / Siblingship through the prism of autistic disordersHernandez, Mylène 24 November 2017 (has links)
Objet mineur des sciences sociales, la germanité en Europe est demeurée jusqu’à une période récente dans l’ombre de l’alliance et de la filiation. La relation de germanité est pourtant la relation de parenté a priori la plus longue à l’échelle d’une vie. Elle est également immuable et participe de la définition de la personne. Corollaire de cet apparent désintérêt : l’étude de la germanité occidentale n’est pas constituée en champ à proprement parler ; aucune unité théorico-méthodologique ne coalise les recherches existantes sur les frères et sœurs. Cette thèse poursuit donc deux objectifs indissociables : contribuer à la définition d’une anthropologie de la germanité en procédant à une analyse ethnographique de la germanité dans la France contemporaine au prisme des troubles du spectre autistique. Deux étapes préalables ont conditionné la mise en œuvre du premier objectif : (1) comprendre comment les sciences sociales – particulièrement l’anthropologie, le droit et la sociologie – se sont saisies des frères et sœurs pour (2) créer les conditions méthodologiques d’une approche anthropologique du rapport de germanité. Les deux premières parties de cette thèse traitent prioritairement de ces étapes. Le second objectif, consistant à saisir la germanité en pratique, s’est déployé à partir de l’hypothèse selon laquelle la présence au sein d’un groupe de germains d’un individu présentant des troubles autistiques offrait un prisme à travers lequel regarder les normes et pratiques contemporaines de la germanité. La troisième partie expose et met donc en regard un ensemble de cas construits au terme d’une enquête empirique mêlant pratiques d’entretien et d’observation. Contrairement à la filiation et à l’alliance, le rapport de germanité est peu déterminé par le droit. Il n’existe pas d’obligation mutuelle légale entre germains. Il est toutefois indéniable que des formes d’obligation morale s’expriment et se manifestent entre germains notamment lorsque l’un d’eux est en situation de vulnérabilité ou de dépendance. Cette thèse s’attache donc à décrire les ressors complexes de l’obligation morale à l’échelle des rapports de germanité. Elle rend compte des contradictions sur lesquelles se fonde le rapport de germanité dans la parenté française contemporaine et documente la façon dont ces contradictions trouvent à s’exprimer aux plans pratique et affectif dans l’exercice ordinaire de la germanité en présence d’un germain dépendant. / Siblingship in Europe is a minor part of social studies. Until recently, the subject was overshadowed by alliance and filiation. However, siblingship theoretically represents the lengthiest relation of kin throughout one’s life. It is also immutable and plays a part in the definition of the individual. As a corollary to this apparent indifference, the study of Western siblingship does not constitute a field per se. No unity of theory and methodology exists to bring together the existing research on brothers and sisters. This dissertation, therefore, has two inseparable objectives: to contribute to the definition of an anthropology of siblingship, with an ethnographic analysis of siblingship in contemporary France seen through the prism of autistic spectrum disorders. Two preliminary stages have influenced the implementation of the first objective: (1) understanding how social studies –especially anthropology, law and sociology– have engaged with the topic of brothers and sisters to (2) creating the methodological conditions of an anthropological approach of siblingship. The first two parts of this dissertation deal foremost with these stages. The second objective –understanding siblingship in practice– developed from this hypothesis: the presence of an individual displaying autistic disorders among a group of siblings offered a prism through which the norms and practices of contemporary siblingship could be observed. The third part presents and compares a body of case studies developed during an empirical survey involving interviews and observations. Unlike filiation and alliance, the law does not clearly outline siblingship. There are no legal mutual requirements between siblings. However, forms of moral obligations are undeniably expressed and manifested between siblings, particularly in situations of vulnerability or dependence. This dissertation undertakes a description of the intricate workings of moral obligation within siblingship. It reveals the contradictions upon which siblingship relationships are based in French contemporary kinship and documents how these contradictions are expressed in practice and in emotion in the ordinary exercise of siblingship in the presence of a dependent sibling.
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Placer et déplacer ses enfants. Stratégies transnationales de mères sénégalaises aux Etats-Unis, en Italie et en France / Positioning and moving ones children. Senegalese mothers’ transnational strategies in the United States, Italy, and FranceGrysole, Amélie 13 September 2018 (has links)
Les migrations internationales modifient les rôles attribués à chacun.e dans une famille et nécessitent des réaménagements en conséquence de l’absence d'un.e ou plusieurs membres. Cette recherche examine les implications d'une pratique familiale qui consiste à faire grandir au Sénégal des enfants nés dans les pays de destination. La reproduction des statuts sociaux au croisement de deux espaces nationaux se négocient – entre autres – par le choix du lieu où grandissent les enfants et des personnes en charge de les élever. Le focus est mis sur les stratégies des mères car ce sont elles qui ont la charge du soin quotidien des enfants en migration, et parce que les enfants sont, pour la plupart, accueillis par des membres de leur parenté utérine à Dakar. Les parents migrants de cette enquête, issus de différentes fractions des classes moyennes dakaroises, évaluent les quartiers ségrégués, populaires et immigrés où ils résident dans les pays de migration comme risqués pour la socialisation de leurs enfants. L’incertitude qui pèse sur le devenir des enfants nés en migration (carrières déviantes, échec scolaire) met en danger la reproduction sociale des maisonnées transnationales et les projets de mobilité sociale des parents. Ainsi ces derniers luttent-ils pour transmettre à leurs enfants à la fois les ressources de l’autochtonie (normes, relations, écoles privées, environnement protégé) et les ressources internationales (travail, études supérieures, langues, droit de circulation) au travers de stratégies de socialisation et de relocalisation de leurs enfants à Dakar. Appuyée sur une enquête ethnographique multi-sites (douze mois de terrain, neuf mois au Sénégal, trois mois dans les pays de migration), cette recherche analyse comment ces pratiques transnationales reflètent des modes de lutte contre le déclassement social, ethno-racial et statutaire subi en migration, selon des (dis)-positions sociales et des ressources de départ différentes. Entre projets de retour (au Sénégal), investissements scolaires privés, logiques économiques et normes sociales, ce mode de prise en charge des enfants est intimement lié et contraint par le cadre politique et le contexte économique du pays de naissance des enfants (États-Unis, France, Italie). La décision de laisser partir un enfant au Sénégal est ainsi attachée à des politiques migratoires, familiales et scolaires. Cet arrangement apparemment singulier est toutefois exemplaire d »une façon d’émigrer perçue comme provisoire ou du moins sans rupture, ainsi que de liens affectifs et économiques qui dépassent largement ceux d’un modèle conjugal et nucléaire de la famille. / International migration results in the reconfiguration of the roles taken up by each family member, requiring readjustments in the absence of one or more relatives. This study examines the implications of the kinship practice of sending children who were born abroad to grow up in Senegal, their parent’s country of origin. The reproduction of social status at the intersection of two national spaces is negotiated, in part, by the choice of where children will live and who will take charge of bringing them up. Here, I focus on mother’s strategies, given that they are most often in charge of the daily care of children in the context of migration, and because in most cases, the children studied were welcomed by members of their maternal kin in Dakar.The migrant parents in this study, who come from various segments of Dakar’s middle class, esteem that the segregated, lower-class, and immigrant neighborhoods where they live abroad represent a risk for their children’s socialization. This uncertainty, which weighs heavily on the futures of children born in migration (the risk of deviance and scholarly failure) endangers the social reproduction of transnational households and their parents’ ambitions of social mobility. As such, these caregivers strive to transmit to their children, both the resources of their country of origin (social norms and relations, private schools, a protected environment) and international resources (work, higher education, language skills, rights to travel) through socialization strategies and by moving their children to Dakar. Drawing on multi-sited ethnographic fieldwork (twelve months total, nine in Senegal and three in countries of migration), this study analyzes how these transnational practices reflect various means through which families fight against the treat of downward social mobility, relative to their ethnicity/race and assigned status in migration and associated with their social positions and resources pre-migration. Between ambitions to return to Senegal, investments in private schooling, economic logics, and social norms, the means of caring for one’s children is intimately linked and constrained by the political economic context in the children’s country of birth (United States, France, or Italy). The decision to send one’s child to grow up in Senegal is thus bound up with the politics of migration, in families, and of schools. This arrangement, apparently exceptional, is nonetheless exemplary of a form of emigration perceived to be temporary or at least without rupture, and affective and economic connections which far exceed the nuclear family.
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