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Des lanternes magiques aux lyric videos : chansons lumineuses écrites (XIXe – XXIe)Cauche, Robin 05 1900 (has links)
L’objectif principal de cette thèse est de postuler, pour l’étudier, la série culturelle des « chansons lumineuses écrites », soit une étude diachronique de la pratique consistant à écrire à l’écran les paroles d’une chanson, du XIXe au XXIe siècle. Ce faisant, notre second objectif, d’ordre théorique et méthodologique, est de mettre le concept de « série culturelle », forgé par André Gaudreault et précisé avec l’aide de Philippe Marion (1), à l’épreuve d’un cas particulier, et ainsi d’un ensemble d’exemples.
Deux ensembles médiatiques donnent ses bornes chronologiques à la série culturelle : les plaques pour lanterne magique produites et commercialisées par la maison française Lapierre dans la deuxième moitié du XIXe siècle, et les lyric videos, des clips textuels officiels apparus sur YouTube vers 2010.
Dans une première partie, on s’intéressera aux « vues sur verre en bande » Lapierre, des plaques de verre peintes à la main destinées à la projection domestique et illustrant des sujets populaires, dont des chansons. On documentera d’abord le fonctionnement des lanternes magiques en général et des séries de plaques commercialisées par les Lapierre en particulier, dans le but d’en proposer une méthode d’analyse esthétique pertinente. En retour, ce modèle pourra être éprouvé en s’appuyant sur le corpus spécifique des chansons illustrées Lapierre.
Dans la deuxième partie, on montrera que la pratique des chansons écrites à l’écran ne disparaît pas au XXe siècle, et qu’une série culturelle se forme bel et bien, du XIXe au XXIe siècle. On s’intéressera donc à l’apparition des chansons lumineuses écrites selon trois types de médiums : lanterne de projection, pellicule cinématographique et vidéo. Par un dernier chapitre précisément consacré aux bouncing balls, on prouvera la permanence de notre série culturelle, sur le temps long et par-delà les médiums.
Dans la troisième et dernière partie, on se penchera sur l’émergence des lyric videos, des clips officiels apparus vers 2010 sur YouTube, et illustrant surtout des chansons pop. Deux chapitres théoriques s’attacheront d’abord à révéler comment les lyric videos forcent à reconsidérer la théorie, l’histoire et l’esthétique des clips à l’ère de YouTube et des plateformes numériques. Trois chapitres s’efforceront ensuite de décrire et de comprendre le vaste corpus des lyric videos grâce à des approches comparative, générique puis génétique.
(1) Voir par exemple : André Gaudreault et Philippe Marion, « Défense et illustration de la notion de série culturelle », dans A History of Cinema without Names. A Research Project, sous la direction de Diego Cavalotti, Federico Giordano, et Leonardo Quaresima (Udine : Mimesis, 2016), 60. / The main goal of this thesis is to examine a cultural series that we designate as “chansons
lumineuses écrites” (“written luminoussongs”), hence producing a diachronic study of the cultural
practice of writing the lyrics of a song on screen, from the 19th to the 21st century. In doing so, our
second goal – of a theoretical and methodological nature – is to put the concept of “cultural
series,” created by André Gaudreault and refined with the help of Philippe Marion1, to the test of
a case study, while working with a set of relevant examples.
Two sets of examples give this cultural series its chronological boundaries: the magic lantern
slides produced and marketed by the French firm Lapierre, in the second half of the 19th century,
and lyric videos, official textual music videos which appeared on YouTube around 2010.
In the first section of this thesis, we will focus on the Lapierre “vues sur verre en bande” (“glass
views in strips”), hand-painted glass slides intended for domestic projection which illustrate
popular subjects, including songs. We will document the technical functioning of magic lanterns
in general and the series of slides marketed by the Lapierre firm in particular, to propose a
relevant method of aesthetic analysis of these slides. In turn, we will put this method to the test
as we examine the corpus of the Lapierre illustrated songs.
In the second section, we will show that the practice of writing song lyrics on screen did not
disappear in the 20th century, and that a cultural series exists, from the 19th to the 21st century.
We will then focus on three types of medium: magic lantern, film, and video. A fourth chapter will
discuss the particular practice of the bouncing ball and, through this example, we will prove the
permanence of our cultural series, over the long term, and beyond changes of medium. The third and final part of this work will examine the emergence of lyric videos, official music
videos which started appearing around 2010 on YouTube, illustrating mostly pop songs. Two
theoretical chapters will first discuss how lyric videos force us to reconsider the theory, history
and aesthetics of music videos in the era of YouTube and digital platforms. Three chapters will
then attempt to describe and understand the vast corpus of lyric videos, using comparative,
generic and genetic approaches.
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La cinématographie-attraction à Montréal à la lumière de la législation (1896-1913)Marzloff, Alice 05 1900 (has links)
La cinématographie-attraction a longtemps été considérée comme les débuts du cinéma, jusqu’à ce qu’une controverse, en 1978, marque une rupture historiographique et la considère comme un objet d’études à part entière, distinct du cinéma institutionnel. Nous l’analysons ici dans le contexte de Montréal, entre la présentation du Cinématographe Lumière en 1896 et l’entrée en fonction du Bureau de censure des vues animées de la province du Québec en 1913. Plus précisément, nous interrogeons son institutionnalisation à la lumière de la législation ; les représentants du gouvernement canadien donnent un statut juridique aux vues animées en modifiant et en votant des textes légaux. Cette étude définit le contexte cinématographique, historique et géographique. Elle aborde ensuite trois domaines de la cinématographie-attraction qui ne sont pas les mêmes que ceux du cinéma : la fabrication (le financement, le tournage et la modification des œuvres cinématographiques), l’exhibition (les séances de projections payantes d’images animées) et la réception (les jugements portés sur les vues animées). Nous montrons comment la cinématographie-attraction est d’abord contrôlée par de nombreuses personnes (celles qui financent, celles qui tournent les vues animées, les propriétaires de lieux d’amusements, le policier ou le pompier présent au cours des projections), puis par des institutions reconnues et les représentants du gouvernement. En nous appuyant sur la presse montréalaise, les discours officiels, les discours diocésains, les textes légaux, les catalogues publiés par les compagnies de fabrication et sur les vues animées, nous montrons quels sont les enjeux de l’institutionnalisation pour les différents groupes sociaux. / Cinématographie-attraction / kine-attractography has for a long time been associated with the origins of cinema. But in 1978, an academic controversy created a rift in cinematic historiography and these works were subsequently deemed to be a separate object of study, one distinct from institutional cinema. This thesis will focus on kine-attractography in the setting of Montreal from the use of the Lumière Cinematograph projector in 1896 to the founding of the Quebec Board of Censorship in 1913. The legislative context surrounding these new forms of ‘amusement’ will be discussed (bills were modified or created to address legal questions). This thesis will investigate these events within the relevant historical, geographical and cinematographic contexts. It will then consider three aspects of kine-attractography that differ from those in cinema: manufacturing (which includes the way cinematic works were financed, shot and later modified), exhibition (the matter of where and how these works were shown) and reception (the ways these works were evaluated or judged). We will discuss how kine-attractography was initially overseen by diverse groups of people (from those who financed or shot the moving pictures, to the owners of ‘amusement’ theatres, to the policeman or fireman who was present at each projection), and then subsequently overseen by recognized institutions, government representatives included. We will explore the issues which accompanied its institutionalisation relative to these various groups by studying articles and ads in Montreal’s newspapers, legal texts, official pronouncements, diocese speeches, catalogues published by manufacturing companies, and the moving pictures themselves.
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Propositions pour un paradigme culturel de la phono-cinématographie: des phono-scènes aux vidéoclips et au-delàGille, Quentin 26 May 2014 (has links)
La proposition centrale de cette thèse est double. D’une part, il s’agit de jeter les bases d’un modèle historique qui réunirait tous les dispositifs audiovisuels qui associent des images animées à une chanson populaire qui leur est préexistante sous un même paradigme culturel que nous baptiserons « phono-cinématographie ». Celui-ci aurait débuté vers la fin du XIXe siècle, avec l’invention du kinétoscope d’Edison, pour aboutir à nos jours avec l’émergence des vidéos musicales interactives sur Internet. D’autre part, il s’agit de nous interroger sur le rôle a priori central que les Beatles occupent au sein de cette histoire de la chanson populaire mise en image. Notre hypothèse principale est que le vidéoclip, tel qu’il s’est institutionnalisé au début des années 1980 pour ensuite se perpétuer jusque dans les années 2000, n’a rien d’une pratique culturelle (voir même d’un média) figé(e) :bien au contraire, cette pratique/ce média a été l’objet de réélaborations continues tant sur le plan de la production, de la diffusion que de la fonction.<p>Notre approche se situe à cheval sur l’histoire du cinéma, de la musique populaire et de la télévision. En nous appuyant sur certaines propositions théoriques et certains concepts formulés dans le champ des études cinématographiques ainsi que dans le champ des performance studies, nous serons particulièrement attentif aux questions de représentation qui se déploient dans ces différents dispositifs phono-cinématographiques :à savoir, les premiers films chantants (les phono-scènes Gaumont et les Vitaphone shorts), les juke-boxes équipés d’un écran (les Soundies et les Scopitones) et enfin les vidéos musicales télévisées (les films promotionnels et les vidéoclips). / Doctorat en Information et communication / info:eu-repo/semantics/nonPublished
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