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La politique spatiale de la France, 1945-1975. Indépendance, innovation et dynamiques européennes / Space Policy in France, 1945-1975. Independence, Innovation and European DynamicsMoulin, Hervé 06 January 2012 (has links)
Cette thèse aborde l’histoire des activités spatiales françaises en parcourant leur évolution depuis les premières recherches scientifiques dans la haute atmosphère entreprises après la fin de la deuxième guerre mondiale jusqu’à la création de l’Agence spatiale européenne (ESA), au milieu des années 1970. Née dans la guerre froide, la politique spatiale française constitue sous la présidence du général de Gaulle, un des éléments de la politique d’indépendance nationale puis, sous l’ère du Président Pompidou, elle accentue son caractère industriel ouvert à la coopération avant de devenir européenne au début du septennat du Président Giscard d’Estaing. Centrée sur le Centre national d’études spatiales (CNES) l’étude souligne le rôle de l’État dans un secteur de hautes technologies où la politique est soumise à l’interaction entre des facteurs nationaux et internationaux comportant des enjeux géopolitiques et géostratégiques. Privilégiant les aspects institutionnels, elle analyse le processus d’élaboration de la politique mise en œuvre à partir des années 1960. D’abord, perçue comme élément de prestige au service du rayonnement de la France dans le monde, la politique spatiale interagit avec l’évolution du système technique pour répondre aux enjeux économiques et industriels que comportent les applications spatiales. L’étude met en évidence l’impérieuse nécessité d’un dialogue permanent entre les acteurs, techniciens et politiques, dont l’interdépendance participe à la formation du processus décisionnel. / The subject of this thesis is the history of space activities in France, evolving from the first scientific atmospheric research programmes undertaken after the Second World War up to the creation of the European Space Agency (ESA) in the 1970s.A by-product of the Cold War, the French Space Policy was one of the pillars of national independence under the presidency of General De Gaulle. Under President Pompidou, it becomes more industrial and opens up to cooperation, only to become European in the beginning of President Giscard d’Estaing 7-year mandate.Focused on the French space agency (Centre national d’etudes spatiales (CNES)), this study emphasizes the role of the state in the high technology sector where policy is submitted to the interaction of national and international factors, taking into account geopolitical and geostrategic stakes. Highlighting the institutional aspects, the study analyses the elaborative process of the policy implemented in the 1960s. First of all perceived as a way of putting France in the spotlight at global level, space policy evolves with technology to face the economic and industrial challenges of space applications. The study highlights the vital necessity of a permanent dialogue between technological and political actors,
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Le cinéma de la peur à l'ère du maccarthysme / The cinema of fear in the era of McCarthyismFranklin-Landi, Rebecca 09 October 2015 (has links)
Cette étude propose une analyse de la représentation de la peur dans la société américaine à l’époque du maccarthysme à travers la filmographie de trois réalisateurs contemporains : Alfred Hitchcock, Elia Kazan et Fred Zinnemann. La période charnière de 1946 à 1954 sert de cadre à ce travail. La définition de l'identité américaine était au cœur du mouvement anticommuniste des années cinquante dont l'organe étatique s'appelait la House Un-American Activities Committee (la HUAC), car le fait d'être communiste était considéré comme une activité anti-américaine. C’est pour cette raison que les trois réalisateurs qui ont été choisis pour cette étude sont tous issus de l'immigration, et que la notion identitaire est sous-jacente à ce travail. Le cinéma durant cette période révèle la présence de la peur dans l'esthétique et les scénarii des films eux-mêmes, mais également dans le contexte plus large de l'industrie cinématographique hollywoodienne. La peur fut utilisée dans la société américaine afin d'assurer la docilité du peuple. Tout ce qui concerne la façon dont une société est organisée relève de la politique. Cette étude s’intéresse donc à la fonction politique de la peur ainsi qu’à la façon dont le cinéma a pu être utilisé pour transmettre un message subliminal au public : deux aspects qui sont toujours d’actualité dans la société de nos jours. / The aim of this study is to present an analysis of the manifestation of fear in American society during the period of McCarthyism, and concentrates on the filmographies of three directors contemporary to events: Alfred Hitchcock, Elia Kazan and Fred Zinnemann. The period of transition, 1946 to 1954, provides the temporal framework for this work. Defining American identity was the underlying focus of the 1950s anticommunist movement, which depended on the interventions of the House Un-American Activities Committee (the HUAC), as being a Communist was considered to be an un-American activity. This is why the three directors studied here were all recent immigrants to the United States, and why the notion of identity underlies this study. The cinema of this era shows the presence of fear through the movie esthetics and screenplays, but also in the broader context of the Hollywood cinema industry. Fear was used in American society in order to ensure the docility of the population. Anything which concerns the way in which a society is organized is political. In this way, this study shows the political function of fear as well as the potential use of cinema in order to transmit a subliminal message to the public; two aspects of society which continue to subsist in today's world.
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Les relations franco-polonaises 1944-1947 : rapports bilatéraux à l'ère de la naissance des blocsMichalec, Tomasz January 2002 (has links)
Mémoire numérisé par la Direction des bibliothèques de l'Université de Montréal.
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Soviet spies and the fear of communism in America : reactions of Congress to the Alger Hiss Case, 1948-1960Rainville, Brigitte 19 April 2018 (has links)
Le but de ce mémoire est de mettre en évidence la réaction des membres du Congrès des États-Unis dans le cadre de l'affaire Alger Hiss de 1948 à 1960. Selon notre source principale, le Congressional Record, nous avons pu faire ressortir les divergences d'opinions qui existaient entre les partisans des partis démocrate et républicain. En ce qui concerne les démocrates du Nord, nous avons établi leur tendance à nier le fait de l'infiltration soviétique dans le département d'État américain. De leur côté, les républicains ont profité du cas de Hiss pour démontrer l'incompétence du président Truman dans la gestion des affaires d'État. Il est intéressant de noter que, à la suite de l'avènement du républicain Dwight D. Eisenhower à la présidence en 1953, un changement marqué d'opinions quant à l'affaire Hiss s'opère ainsi que l'attitude des deux partis envers le communisme. Les démocrates, en fait, se mettent à accuser l'administration en place d'inaptitude dans l'éradication des espions et des communistes. En ayant recours à une stratégie similaire à celle utilisée par les républicains à l'époque Truman, ceux-ci n'entachent toutefois guère la réputation d'Eisenhower. Nous terminons en montrant que le nom d'Alger Hiss, vers la fin de la présidence Eisenhower, s'avère le symbole de la corruption soviétique et de l'espionnage durant cette période marquante de la Guerre Froide. / This masters thesis examines the reactions of members of the House of Representatives and the Senate to the Alger Hiss case starting in 1948 until the end of 1960. Through analysis of the Congressional Record, a striking contrast in political opinions emerged. While Northern Democrats denied the possibility of Soviet infiltration during the HUAC hearings, Republican’s used the Hiss scandal to demoralize the Truman administration. The election of Dwight D. Eisenhower to the presidency in 1952 changed the way both parties reacted to the communist issue and the repercussions of the Hiss case. Whereas Democrats had previously contradicted accusations of Soviet espionage in the State Department, they began criticizing the Republican administration of being soft on communism in an attempt to recreate the same atmosphere of distrust that had plagued Truman’s time in office. By the end of Eisenhower’s presidency in 1961, Alger Hiss’ name came to represent Soviet espionage of the Cold War era.
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L'éveil du Spoutnik : la réaction du Congrès américain au lancement du satellite soviétique, 1957-1958Vigneau, Sarah 15 March 2024 (has links)
Durant les années 1950, la Guerre froide entre les États-Unis et l’Union soviétique est bien amorcée. Alors que les puissances s’affrontent déjà dans une course à l’armement nucléaire, l’URSS envoie le 4 octobre 1957 le premier satellite artificiel en orbite de la Terre et déplace le combat sur un nouveau front : l’espace. Cet événement sans précédent marque certainement la population américaine et, bien évidemment, le gouvernement en place. Dans un contexte d’affrontement avec les Rouges, le Congrès des États-Unis, quoique divisé par les opinions des démocrates et des républicains, réagit promptement en cherchant à comprendre la signification d’un tel accomplissement, la raison d’un probable retard américain et les actions à entreprendre afin d’assurer une place au premier rang pour la nation dans la course à l’espace.
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Du New Deal à la Guerre froide, 1933-1947 : étude du discours anticommuniste à la Chambre des représentantsCloutier-Roy, Christophe 19 April 2018 (has links)
Tableau d’honneur de la Faculté des études supérieures et postdoctorales, 2012-2013. / Ce mémoire se propose d'étudier l'évolution de la rhétorique anticommuniste à la Chambre des représentants des États-Unis de 1933 à 1947. Il s'agit d'une période névralgique de l'histoire américaine, marquée notamment par l'élection du président démocrate Franklin D. Roosevelt et la mise en place de son New Deal, vaste programme de réformes socioéconomiques destiné à endiguer les effets de la crise économique, par la participation des États-Unis à la Seconde Guerre mondiale aux côtés de l'Union soviétique et par la détérioration subséquente des relations entre les deux alliés qui plongera le monde dans l'équilibre précaire de la Guerre froide. Grâce à l'étude du Congressional Record, qui est le journal des débats du Congrès des États-Unis, ce mémoire cherche à identifier qui sont les principaux anticommunistes à la Chambre des représentants au cours de cette période, à analyser le contenu de leur discours, à percevoir l'influence des événements sur l'évolution de celui-ci et à saisir le rôle joué par la politique partisane en lien avec la question du communisme.
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Immigration et identité face aux enjeux de la Guerre Froide : une étude du débat sur la politique d'immigration dans la sphère publique américaine (1952-1965)Neamtan-Lapalme, Louis 08 1900 (has links)
Résumé:
Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, la nécessité de moderniser la politique d’immigration américaine fait l’unanimité, la principale loi régissant l’immigration datant de 1924. Cependant, la question des paramètres de la réforme fait naître un débat fortement polarisé. Les défenseurs du statu quo, qui souhaitent maintenir le système des quotas nationaux faisant de l’origine nationale le premier critère d’admission, auront initialement le dessus, comme en fait foi le passage du McCarran-Walter Act en 1952. D’autre part, les partisans d’une libéralisation affirment que cette loi restrictive et discriminatoire va à l’encontre des objectifs de la politique étrangère américaine, particulièrement dans un conflit aussi idéologiquement chargé que la Guerre Froide. Au courant des années cinquante et au début des années soixante, les réformateurs libéraux auront progressivement le dessus dans le débat, si bien qu’une nouvelle loi sera adoptée en 1965.
Ce mémoire propose d’aborder cette période de réforme sous l’angle de l’opinion publique. À partir, des sources permettant de prendre le pouls de la société américaine au sujet de la politique d’immigration, il a été possible d’observer une libéralisation progressive de l’opinion publique durant la période. Dans le cadre de ce mémoire, l’interprétation de cette évolution est centrée sur l’influence grandissante des enjeux de la Guerre Froide dans le débat entourant la réforme. / Abstract:
Following the Second World War, immigration policy became an important issue for the United States, as the main immigration law dated back to 1924. If the idea that immigration policy needed to be modernized was shared by most legislators, the debate over the adoption of a new law was fierce. Those who favoured a restrictive policy based on the reaffirmation of the national origins quota system, which made nationality the main criteria for admission, got their wish when the McCarran-Walter Act was enacted in 1952. On the other side of the debate, those who favoured liberalization saw the new law as discriminatory and harmful to American foreign policy objectives, particularly in the context of the ideologically charged Cold War. During the late fifties and early sixties, liberal reformers progressively gained the upper hand, and a new law was adopted in 1965.
This study analyses how American public opinion reacted to the immigration policy reform debate. The study of primary sources reflecting the attitudes of the American public on immigration policy revealed that public opinion underwent a progressive liberalization during the era of reform. The interpretation of this liberalization is centered on the growing influence Cold War dynamics in the immigration reform debate.
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Confrontation culturelle Est-Ouest pendant la Guerre froide par le biais du concours Marguerite Long (1947 à 1979) / East and West Cultural Confrontation During the Cold War At the Marguerite Long International Piano Competition (from 1947 to 1979)Caillat, Maud 22 September 2017 (has links)
Quel rôle le Concours international Marguerite Long joue-t-il dans le contexte de la Guerre Froide, en tant que vecteur culturel où s’affrontent deux écoles opposées d’un point de vue esthétique, à savoir les Écoles de piano française et soviétique ? L’objectif de cette thèse est de comprendre les mécanismes du concours Marguerite Long et leur impact sur le jeu pianistique qui, depuis les années cinquante jusqu’à la fin des années soixante-dix, évolue considérablement sous l’impulsion des succès de l’École russo-soviétique. Le lien apparent entre concours et politique internationale est déconstruit pour laisser place aux enjeux esthétiques et culturels qui seuls influencent le palmarès. Le deuxième volet de notre étude nous amène à envisager les particularités de chacune des écoles de piano, puis à les comparer pour établir dans quelle mesure elles s’influencent mutuellement et se distancient. Des facteurs cruciaux des échanges franco-soviétiques sont pris en considération, comme l’essor de la vie culturelle souterraine en U.R.S.S. à partir du milieu des années soixante. Notre étude se fonde sur le dépouillement de six fonds d’archives, notamment le Fonds Long de la Bibliothèque Mahler, les archives de la Fondation Long-Thibaud-Crespin, celles du Centre des archives diplomatiques de la Courneuve ainsi que celles de l’A.L.A.P. / What role does the Marguerite Long International Music Competition play in the context of Cold War? In other words, how important is this culture transmission vector, where two piano traditions so contrasted as the French and Soviet piano schools confront each other on the basis of aesthetic matters? The aim of this thesis is to understand the mechanism of the Marguerite Long competition and its impact on piano playing, which significantly evolves from the 1950s until the late 1970s, influenced by the successes achieved by the Soviet-Russian piano school. The apparent link between music competitions and international politics is deconstructed to put an emphasis on cultural issues, which solely determine the list of award winners. The second part of this thesis consists in examining the particularity of both piano schools, comparing them to ascertain to what extent they mutually influence each other or distance themselves. Crucial aspects of Franco-Soviet cultural exchanges are taken into account, such as the full development of underground culture in the USSR from the mid-1960s. This study was conducted on a systematic analysis of six archival holdings, notably those kept by the Fonds Long of the Bibliothèque Mahler, the Long-Thibaud-Crespin Foundation, the Center of diplomatic archives in la Courneuve and archival sources regarding the A.L.A.P. (Parisian Literary and Artistic Agency).
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Politique et militarisme en Angola : les relations entre le Mouvement Populaire de Libération de l’Angola (MPLA) et l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) 1965-1985 / Politics and militarism in Angola : the relationship between the People's Movement for the Liberation of Angola (MPLA) and the Union of Soviet Socialist Republics (USSR) 1965‐1985Oliveira de Araujo, Kelly Cristina 22 July 2014 (has links)
L’Angola est devenue indépendante du Portugal le 11 novembre 1975, au milieu des disputes internes qui ont conduit à l'éclatement de la guerre civile provoquée par le fait que le MPLA a déclaré unilatéralement l'indépendance à Luanda. Ce moment a été déterminée en grande partie par le soutien reçu de Cuba et le bloc de l'Est, plus précisément l'URSS, au cours des 14 années de lutte anticoloniale. Dans la période postindépendance, entre 1975 et 1991, même si des bases militaires soviétiques ne furent pas été installées en Angola, il faut signaler l’influence politique-idéologique et la présence militaire de l’Union Soviétique, qui s’exerça à un degré élevé en comparaison avec d’autres pays dans le contexte d’une bipolarité mondiale. Du point de vue idéologique, l’influence soviétique se manifesta dans des actions de l’Etat angolais en ce que cela touchait à la construction d’un sentiment et d’une identité nationale, ainsi que dans l’appartenance à une nation angolaise, objectivée dans le processus de constitution de l’Homme Nouveau, promu par le Parti-Etat. Du point de vue militaire, l’implication de Moscou dans la guerre en Angola nous a amené à conclure que dans ce territoire les Soviétiques donnèrent une plus grande importance à la consolidation de l’Etat en ce qui touchait la sécurité et le renforcement des appareils politiques, en fournissant matériel et le soutien consultatif pour les forces militaires de l’Angola, bien qu'il soit important de remarquer que les Soviétiques n'ont pas contrôlé la politique intérieure du pays. / Angola became independent from Portugal on 11 November 1975, in the midst of internal disputes that led to the outbreak of civil war caused by the fact that the MPLA unilaterally declared independence in Luanda. This moment has been determined largely by the support received from Cuba and the Eastern bloc, specifically the USSR during the 14 years of anti-colonial struggle. In the post-independence period, between 1975 and 1991, although Soviet military bases were not been installed in Angola, it should be noted the political-ideological influence and military presence of the Soviet Union, which exercised a high degree compared with other countries in the context of global bipolarity. From an ideological point of view, Soviet influence was manifested in the actions of the Angolan government in that it affected the building and a sense of national identity, as well as membership in an Angolan nation, objectified in the process of formation of the New Man, promoted by the Party-state. From a military point of view, the involvement of Moscow in the war in Angola has led us to conclude that in this territory the Soviets gave greater importance to the consolidation of the state in which affected the safety and building equipment policies, providing material and advisory support to the military forces of Angola, although it is important to note that the Soviets did not control the internal politics of the country.
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L'exceptionnalisme dans la politique étrangère des Etats-Unis durant l'après Guerre froide, discours et pratiques (1989-2009) : discours et pratiques (1989-2009) / Exceptionalism in U.S. foreign policy during the Post-Cold War era : speeches and practices (1989-2009)Le Chaffotec, Boris 27 November 2014 (has links)
L’idée d’exceptionnalisme américain a fait l’objet d’une attention particulière depuis le début des années 1990. Souvent décriée, parfois louée mais généralement réifiée, elle est devenue un concept déterministe au service d’une lecture linéaire de l’histoire des États-Unis depuis l’indépendance. La nécessité de déconstruire cette invariance simplificatrice et d’étudier l’exceptionnalisme comme une production sociale évoluant dans le temps en fonction de son contexte national et international est à l’origine de ce travail. L’exception américaine ne peut, en effet, être pensée uniquement à partir du national tant elle répond à des représentations conjuguées de Soi et de l’Autre. À la charnière entre le national et l’international, la politique étrangère est donc un poste d’observation privilégié de la construction de ce trait identitaire américain. L’ambition de cette thèse est de confronter le concept d’exceptionnalisme aux sources afin de mieux comprendre ce qu’il signifie pour nos acteurs et de mesurer son impact sur la politique étrangère des États-Unis durant les années d’après Guerre froide. Face à l’évolution du système international, la puissance nordaméricaine redéfinit, en effet, son rôle et son engagement extérieur. Après un XXe siècle marqué par des affrontements idéologiques globaux, les États-Unis se posaient en champion d’un nouvel ordre international garant de l’universalisation des valeurs démocratiques et libérales. Profondément moral, ce positionnement justifiait alors l’engagement des États-Unis dans une nouvelle lutte entre la modernité et le fanatisme à la fin des années 1990 avant d’être discrédité par l’enlisement militaire en Afghanistan et en Irak. Le changement de paradigme de la seconde moitié des années 2000 minimisait alors l’impact de la représentation exceptionnelle du Soi américain sur la définition de la politique étrangère. / The idea of American exceptionalism has been the subject of many studies since the beginning of the 1990s. Usually criticized, sometimes praised but generally reified, it became a determinist concept creating a linear perspective of U.S. history since the Independence. Also, the necessity to question this simplistic invariance and to study exceptionalism as a social production evolving with its national and its international contexts is at the origin of this project. Also, this American exception cannot be considered only through a national prism since it mixes representations of the Self and the Other. Between domestic and global affairs, foreign policy, then, represents an excellent observation point of the construction of this American identity feature. The purpose of this dissertation is to question the concept of exceptionalism through the analyze of primary sources in order to have a better understanding of its meaning for the actors and to evaluate its impact on U.S. foreign policy during the post-Cold War years. Indeed, the North-American power had to redefine its international role and engagement whereas the international system knew a dramatic evolution. After a 20th century marked by global ideological conflicts, the United States championed a new world order standing for the universalization of liberal and democratic values. This deeply moral position, then, justified the U.S. engagement in a new fight between modernity and fanaticism at the end of the 1990s before its discredit in the wake of the military stalemates in Afghanistan and Iraq. The change of paradigm during the late 2000s also minimized the impact of the exceptional representation of the American Self on the making of U.S. foreign policy.
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