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« Le grand chef doit être comme le grand tas d’ordures » : gestion des déchets et relations de pouvoir dans les villes de Garoua et Maroua (Cameroun) / « The Great Chief Must Be Like The Great Trash Pile » : waste Management And Power Relations in The Cities of Garoua and Maroua (Cameroon)

Guitard, Emilie 02 December 2014 (has links)
Dans les villes moyennes de Garoua et Maroua, au Nord et à l’Extrême Nord du Cameroun, on dit des « chefs », soit des détenteurs de l’autorité à l’échelle d’une famille, d’un quartier, de la cité ou autrefois d’un royaume, qu’ils doivent être « comme des grands tas d’ordures ». Ce proverbe situe ainsi les relations de pouvoir et l’exercice de l’autorité dans un rapport particulier avec la gestion des déchets : le chef doit se montrer patient et hiératique comme un grand dépotoir, lorsqu’il reçoit toutes les insultes et les plaintes de ses sujets comme autant d’immondices ; mais, selon un registre ésotérique développé par les religions locales puis repris dans le cadre musulman, on attend aussi qu’il fasse preuve de la même puissance, magique notamment, que celle dégagée par une grande et ancienne accumulation de déchets. Les conceptions locales des excrétions corporelles, des objets déchus et des restes des activités du quotidien font en effet du contrôle et de la manipulation des déchets un élément majeur d’une « gouvernementalité » (Foucault) particulière. Celle-ci s’opère via des « techniques du corps » et des « techniques de soi » spécifiques autour du détachement entre soi, ses déchets corporels et ses possessions matérielles. L’analyse généalogique des discours et des pratiques de gestion individuelles et institutionnelles des déchets depuis la fondation des deux villes au XVIIIe siècle jusqu’au début du XXIe siècle, marqué par la privatisation de ce service public, permet alors de saisir comment les tas d’ordures dans ce contexte peuvent être considérés comme de véritables « dispositifs de pouvoir » et le contrôle des immondices comme un instrument puissant de gouvernement de soi et des autres. / In the middle-size cities of Garoua and Maroua in Northern Cameroon, it is said that “chiefs”, those having authority over a family, a town quarter, a city or, formally, a kingdom, should be « like great trash piles ». This proverb thus posits a privileged link between authority and the exercise of power, and the management of waste: a chief should adopt a patient and hieratic attitude towards the insults and complaints he receives from his subjects like so much filth; but also, in keeping with an esoteric understanding developed by local religions and taken up within an Islamic framework, he is expected to exhibit the magical and other powers that are held to arise from large and ancient heaps of rubbish. In the light of local conceptions relating to bodily excreta, refuse and the residues of daily activities, the control and handling of rubbish appears as an essential component of a distinctive “governmentality” (Foucault). The latter operates though specific “techniques of the body” and “techniques of the self” aimed at disentangling oneself from one’s bodily and material waste products. A genealogical analysis of the discourses and practices of individual and institutional waste management, since the founding of these two cities in the 18th century to the privatisation of this public service at the beginning of the 21st century, shows how, in this context, trash piles act as veritable “devices” of power, and the control of filth as a powerful instrument for governing the self and others.
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Le théâtre des objets. Espaces privés, culture matérielle et identité sociale. Paris, 1830-1914. / Theatre of goods. Private spaces, material culture and bourgeoise identity. Paris, 1830-1914.

Charpy, Manuel 01 December 2010 (has links)
Ce travail étudie la culture matérielle privée de la bourgeoisie parisienne au XIXe siècle. Il s’attache à saisir les transformations de nature et d’identité des objets et des formes de consommation pour retrouver les usages sociaux et culturels des choses, dans une ville qui connaît de profondes mutations commerciales et urbaines. Mobilisant archives privées et commerciales, il inscrit la culture matérielle dans un cadre social et dans l’espace urbain. Ce travail tente de comprendre comment se redéfinit la sphère domestique dans l’espace urbain nouveau et en appartement et le rôle des techniques du quotidien dans la scénographie du privé et l’appréhension de soi. Cette thèse envisage aussi le monde matériel comme un ensemble de signes et de récits élaborés par les marchands et les consommateurs, alors que la nature et la hiérarchie des objets et des matières sont bouleversées par l’industrialisation. Ce travail cherche à élucider les phénomènes d’imitation et de distinction alors que s’accroît la mobilité sociale ainsi que la production collective des modes en analysant les scènes urbaines où elles se donnent à voir, les figures du goût qui émergent et les formes nouvelles de publicités qui se déploient dans la ville. Au final, ce travail est un essai sur les manières dont un groupe social investit et produit le théâtre des objets pour élaborer une identité sociale et culturelle. / The study analyses the ways by which a social group consumed and produced a world of goods in order to shape its own social and cultural identity. With a view to reconstruct the social and cultural uses of things in a city which underwent deep commercial and spatial changes, the thesis identifies the nature and forms of the Parisian bourgeoisie’s consumption, through private and business archives. It studies how the bourgeois home was redefined in flat and in the growing city and how daily technology forged the bourgeoise’s private scenography and self-awareness. It studies then the material culture of 19th century Parisian bourgeoisie, understood as a set of signs and narratives designed by dealers and consumers, whilst industrialisation radically transformed the nature and hierarchy of materials and commodities. Finally, this work sheds light on phenomenons of imitation and distinction as social mobility increased and analyses how fashion trends came to being onto specific urban scenes, through the mediating role of taste legislators and the means of new forms of urban advertising.
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Les routes africaines de l'aluminium: Analyse d'un phénomène de diffusion technique en Afrique subsaharienne

Romainville, Michel 29 June 2016 (has links)
Rapide et de grande ampleur, la propagation de la fonte de l’aluminium de récupération constitue un cas remarquable de diffusion culturelle. Introduite vraisemblablement à Thiès (Sénégal), au début des années 1940, la technique s’est répandue dans toute l’Afrique, jusqu’à Madagascar et aux Comores. Quelles sont les raisons de l’adoption, par les artisans africains, d’un tel système technique ?Par quels canaux et pour quelles raisons le savoir a-t-il pu se propager à travers le continent ?Comment a-t-il été approprié ?Quelles sont, en d’autres termes, les « routes de l’aluminium » en Afrique ?Voici quelques-unes des questions qui sont abordés dans cette thèse. / Doctorat en Sciences politiques et sociales / info:eu-repo/semantics/nonPublished
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Obsolescences : philosophie des techniques et histoire économique à l'épreuve de la réduction de la durée de vie des objets / Obsolescences : the philosophy of technology and economic history regarding the shortening of objects’ lifespans

Guien, Jeanne 04 April 2019 (has links)
La notion d’obsolescence met en jeu notre rapport aux objets et à l’action, nos représentations de l’histoire et du temps. Elle questionne le devenir des techniques, la négativité à l’œuvre dans l’histoire des pratiques. C’est une notion controversée, dont les enjeux sociaux, économiques et écologiques font débat. La controverse actuelle, focalisée sur la notion d’ «obsolescence programmée», tend cependant à réduire l’obsolescence à une pratique dissimulée, sur la base de discours postulant toute sorte de déterminismes historiques. Cette thèse propose d’élargir la réflexion à l’ensemble des produits éphémères et des notions qui les désignent, afin d’étudier l’histoire de leur mise en marché et en discours. Par une enquête historique et philosophique, on montre que la réduction de la durée de vie des objets est depuis deux siècles une pratique courante qui a fait l’objet de théorisations publiques, tantôt critiques, tantôt apologétiques, en Europe et aux États-Unis. L’obsolescence, mise en récit, est traitée tantôt comme une conséquence de l’activité humaine, tantôt comme une loi de l’économie, de la nature ou de l’histoire. Critiquant cette approche, comme celle qui réduit l’obsolescence à un vice caché, cette thèse étudie des objets officiellement conçus, vendus et achetés pour leur durée de vie limitée — les produits jetables — et montre comment la jetabilité a été construite comme une propriété distinctive et valorisante de produits fort divers, et fort utilisés. À partir du cas du gobelet jetable, on analyse la réduction de la durée de vie des objets comme limitation de leur présence au monde, occultation de leur réalité économique, matérielle et environnementale. / The notion of obsolescence adresses our relationship with objects and human action, our representations of history and time. It challenges technological and social change. It is a controversial topic, raising environmental, economic and social issues.However, focused as it is in France on the notion of "programmed obsolescence”, the current controversy tends to confine the debate to concealed practices, on the basis of considerations conveying a deterministic view of history. This dissertation broadens the scope of reflection and discusses all commercial short-lived products and all the notions used to qualify them. Since they have been on the market for two centuries, we argue on the basis of a historical and philosophical inquiry that shortening the lifespan of objects has been a common and open practice in Europe and the United States. Throughout the XIXth and XXth centuries, obsolescence has been theorized, criticized or promoted publicly in various narratives, which often define it as an effect of human activity, or uses it as a law of economics, nature or history. In order to criticize these approaches and reinforce the demonstration that commercializing obsolescent products has been a public and accepted practice, this dissertation examines the case of objects publicly designed with a limited lifespan : disposable products. We argue that disposability has been constructed as a distinctive and positive feature of a wide range of various products. Through the case study of disposable cups, we ultimately consider some pathways for further research on the shortened lifespan of objects, as devices used to conceal their own social, material and environmental reality.
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Le nain de jardin s'éclate sur Internet : polysémie d'un objet différant / Polysémie d'un objet différent

Gadbois, Jocelyn 12 April 2018 (has links)
Ce mémoire défriche le champ sémantique d'un objet en particulier, le nain de jardin, en analysant le contenu de cinquante sites Internet qui parlent de cet objet. Le nain serait une chose-sujet qui cacherait derrière une barbe complaisante de nombreux visages... L'auteur décrit les ambivalentes constructions rhizomiques, paraissant parfois éclatées, chaotiques, sans aucun sens. Or, les significations octroyées à l'objet sont davantage cumulatives : elles se présentent comme une courtepointe de possibilités. Mipoésie, mi-insulte, le nain de jardin semble la thérapie et le syndrome d'une « différance », celle née de l'absurdité de la vie, de la mort, celle née du secret du bonheur et du mystère de la matérialité. Pourtant jugé insignifiant, le nain de jardin est haut en symboles. Si l'objet est silence, il se laisse exprimer, il laisse exprimer sa contemporanéité. Et il sourit. / This essay explores the semantic field of a particular thing, the garden gnome, by analyzing the contents of fifty Internet sites. This thing-as-subject hides, behind a satisfied beard, many faces... The author describes ambivalent constructions that seem sometimes exploded, chaotic, without any sense. But the garden gnome's significations would be in fact cumulative: they are presented as a patchwork of possibilities. Semi-poetry, semi-insult, the garden gnome is both therapy and syndrome of a « difference » that is born from the nonsense of the life and death, that is born from the secret of happiness and the materiality's mystery. The garden gnome is high in symbolism, in spite of its unimportance. Even if the object is silent, we can hear in it the noise of the contemporaneity. And it smiles.
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De "faire du judo" à "faire judo" : approche ethnographique d’une pratique de haut-niveau par la culture matérielle / From "do judo" to "make judo" : ethnographic approach of a high level practice by the material culture

Hilpron, Michaël 11 January 2012 (has links)
Le judo, fruit de la sportification du jūdō* (la méthode élaborée en 1882 par J. Kanō), est un sport institutionnalisé et non un art martial. En offrant le jūdō* au Partage, Kanō a créé une pratique vouée à être diffusée mondialement. Inscrit dans le cadre de l’analyse dynamique de la globalisation (Appadurai, 2001) le judo est étudié à l'échelle globale (faire du judo), locale (faire un judo) et corporelle (faire judo). Faire du judo représente la matrice commune à tous les judokas de la planète, qui permet à ses membres de s’identifier, et aussi de se distinguer. La problématique du Partage abordée sous l’angle anthropologique (Candau, 2000) met en évidence la façon dont les collectifs s’approprient le judo de façon spécifique. Faire un judo désigne le judo approprié par un groupe en fonction du contexte socioculturel d’accueil qui agit tel un filtre permettant d’adapter la matrice pour l’adopter. La comparaison du judo orléanais et du judo « à la Tenri » illustre l’élaboration contextuelle de cultures motrices par des cultures matérielles spécifiques. Le dōjō* conçu comme un réseau d’actions sur les actions des autres éclaire la façon dont les judokas incorporent les objets et se construisent dans le rapport à la matière et aux autres. Faire judo représente la synthèse corporelle et personnalisée de la pratique. Au contact des autres, le judoka se construit en apprenant à faire du judo : il incorpore la matière, s’approprie des techniques de la matrice et les combines pour créer son système d’attaque-défense. Une ethnographie du sensible décrit comment les objets incorporés dans l’action sont à la fois supports et effecteurs de la construction du judoka en tant que sujet. Enfin, une réflexion ergonomique sur la formation des judokas et la transmission de savoir-faire et de savoir-être est proposée. Le but est d’ouvrir l’enseignement du judo à une pédagogie sensori-télécinétique favorisant l’apprentissage par et dans l’interaction. / Judo, the result of the sportification of jūdō* (a method developed in 1882 by J. Kano), is an institutionalized sport, not a martial art. By offering jūdō* to Sharing, Kano established a practice which was to be broadcasted worldwide. When referring to the dynamic analysis of globalization (Appadurai, 2001), judo is studied on a global (doing judo), local (doing a judo) and physical scale (making judo). Do judo is a matrix, common to all judokas around the world, which enables its members to identify each other, and also to distinguish themselves. The anthropological problematic of Sharing (Candau, 2000) shows how groups appropriate the judo specifically. Do a judo refers to the judo appropriated by a group, based on the socio-cultural context that acts as a filter, which enables them to adapt the matrix in order to adopt it. The comparison between judo practice in Orleans and "the Tenri" style illustrates how motor cultures are contextually built through specific material cultures. The dōjō* is designed as a network of actions in response to other people's actions and highlights the way judokas incorporate objects and shape themselves (as they are shaped by) through their relation to material and people. Make judo is the physical and personalized synthesis of the practice. Through contact with others, the judoka learns how to do judo: he integrates the material, masters matrix techniques and combines them in order to create his own system of attack and defence. A sensitive ethnography describes how objects that are integrated in an action are both substrates and effectors of the self-construction of the judoka. Finally, an ergonomic study of the training of the judokas and of the transmission of skills and expertise has been conducted. The aim is to introduce a sensory praxeological pedagogy into the teaching of judo in order to enhance interaction in the learning process.
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Saveurs et savoirs du monde : circulations et appropriations de fruits tropicaux dans l'empire portugais atlantique (v.1550-v.1650) / Testing and tasting the world : circulations and appropriations of tropical fruits in the Portuguese Atlantic empire (1550-1650)

Lima, Dora de 28 November 2014 (has links)
Denrées peu visibles dans les circulations marchandes qui sont amorcées dans le vaste espace atlantique dès le XVe siècle, les fruits sont des produits fragiles et mouvants. Les agrumes, les ananas et les bananes sont appréciés des Européens pour leurs vertus gustatives, et lors du « virage atlantique » de l’empire portugais (v. 1550-v. 1650) les circulations de ces fruits sont plus intenses. En s’attachant aux objets – et plus particulièrement des objets qui se transforment constamment – et aux séries de significations qui leur sont attribués quand ils sont échangés et qu’ils circulent, l’approche globale est nécessairement multisituée. Toute tentative d’homogénéisation du phénomène n’en donne qu’une lecture partiale et partielle. L'approche gustative permet de retracer ces multiples facettes des circulations : le goût, comme un univers de correspondances entre les choses et les sensibilités, est d'une part une raison qui explique la circulation précoce des fruits tropicaux dans l'Atlantique. D'autre part c'est un critère à travers lequel les Européens identifient les fruits nouveaux et se les approprient. / As hidden commodities in the circulations that have emerged in the Atlantic world since the fifteenth century, fruits are fragile and unstable products. Citrus fruits, pineapples and bananas are estimated by the Europeans for their gustative virtues, and during the “Atlantic wave” of the Portuguese empire (1550-1650) the circulations of these fruits are more intense. We intend to examine the multiple series of significations given to these mutant objects as they are transported in the Atlantic. Indeed, when they are transported across the different climatic zones that define the Atlantic world, the taste of these fruits changes inevitably. Furthermore, the encounters between the Europeans and the multiple societies of the Atlantic bring to light more uses and more tastes of these fruits. At the endmultiple societies met by the Europeans give multiple pieces of knowledge about these new flavours. So the global approach of fruits has inevitably to be multisituated. Any attempt of homogenization of the phenomenon gives only a partial reading. The gustative approach allows to redraw these multiple facets of circulations.
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Le Néolithique récent de l'Ouest de la France (IVe - IIIe millénaires avant J.-C.) : productions et dynamiques culturelles

Blanchard, Audrey 11 October 2012 (has links) (PDF)
Ce travail a pour objectif de préciser le cadre chrono-culturel du Néolithique récent de l'Ouest de la France, sujet original. La mosaïque d'entités culturelles définie sur la base des seuls lots céramiques a, jusqu'à présent, largement obscurci notre compréhension de la société. Cette vision, somme toute réductrice, devait être actualisée et complétée en profitant des découvertes récentes, souvent inédites. Le sujet englobe le Néolithique récent, de 3800 à 2900/2800 avant J.-C. L'aire d'étude s'étend de la Bretagne méridionale au sud de la Vendée, jusqu'au Centre-Ouest de la France. L'approche originale repose sur l'étude typo-technologique de la culture matérielle (productions lithiques et céramiques) complétée par des analyses physico-chimiques (pétrographie, spectrométrie RAMAN, chimie organique). Le projet peut paraitre ambitieux puisqu'il embrasse productions matérielles, implantations humaines, contextes funéraires, échanges et diffusions, soit la totalité des données accessibles. Parmi les différents thèmes abordés dans cette synthèse, celui de l'habitat et les notions de pérennité / temporalité des implantations humaines est nouveau pour la période et le secteur d'étude. La mobilité du groupe et des individus est ainsi envisagée à travers les contextes et la culture matérielle. A cette occasion, l'importance des espaces maritimes et fluviaux dans l'organisation du territoire est reconsidérée, puisqu'ils constituent des axes de circulation privilégiés. Les pratiques funéraires et les constructions mégalithiques associées, représentatives de la société, assoient le discours. Au terme de ce travail, un phasage scindant la période en trois temps à l'image des rythmes différents offerts par les productions lithiques et céramiques est proposé.
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Du japonisme à l’asiatisme : une céramique de demi-luxe pour tous (France, 1861-1939) / From Japonisme to Asiatisme : semi-luxury earthenware for all (France, 1861-1939)

Pasdelou, Sabine 19 November 2016 (has links)
L'épanouissement économique des manufactures de céramiques françaises tout au long du XIXe siècle et au début du XXe siècle est propice à la revalorisation des valeurs industrielles au sein des arts décoratifs. Les industriels s’appliquent à fournir des produits de qualité à moindre coût, à toutes les classes, grâce aux améliorations techniques et à l'abaissement des coûts des techniques décoratives. À partir des années 1860, les productions japonisantes participant à ce phénomène se diffusent dans les intérieurs bourgeois et entrent dans un cadre plus général : celui des productions céramiques reproduites à grande échelle, mises en œuvre par des fabriques à Paris et en province tout au long de la période concernée, y compris durant l'entre deux-guerres. En privilégiant dans un même mouvement collectif tel style, telle forme et tel décor, les différents milieux fournissaient aux fabricants et aux créateurs de modèles une direction à suivre dans la production du japonisme en céramique. Les artistes industriels ont dès lors cherché à surmonter la fracture entre art d'élite et goût populaire. Ces nouveaux objets peu coûteux devaient correspondre à des critères esthétiques et pratiques très hétérogènes. La stratégie commerciale des manufactures de céramiques et des centres de distribution a de fait été façonnée en conséquence. Le bibelot en céramique, facilement manipulable, illustre par ailleurs les représentations d’un pays imaginé et appréhendé de manière collective grâce aux expositions, au cinéma, au théâtre et à la littérature. Ces images contribuent à l’émergence d’une culture populaire urbaine dont le caractère commercial est assumé ; en ce sens, cette céramique fait partie de l’univers du « kitsch » en tant que communication de masse utilisée par la classe moyenne. / The economic growth of manufacturing earthenware and porcelain in the province triggered a flourishing industrial standard in the decorative arts. The Beautiful and Industry are the two new values inseparable, celebrated by the production of French ceramics until the end of the first half of the twentieth century. Manufacturers want to provide quality products at lower costs to all classes. Improvements in ceramic materials and technical casting, as well as lowering the cost of decorative techniques, have encouraged the opening up the hierarchy of decorative arts. These new technical processes took part in the improvement of living conditions of the bourgeoisie and smaller classes. Japanese style productions were large-scale diffused in bourgeois interiors since 1860’s. These works fall into a broader context: the large-scale pottery production, implemented by factories in Paris and the provinces throughout the period, including during the interwar period. Industrialization brings to market products that must seek the attention of all classes. These inexpensive items had to correspond to aesthetic and practical heterogeneous criterion. By focusing on the same style as collective motion, such as shape and decoration, the different environments provided producers a direction to follow in models making. Business strategy of manufacturing has been designed accordingly. The ceramics “curio”, easy to handle, illustrates the representations of an imagined and apprehended country in a collective way thanks to exhibitions, movies, plays and literature. These representations contribute to the emergence of an urban popular culture whose commercial character is clearly assumed. This ceramics is part of the universe of “kitsch” as mass communications used by the middle class.
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Etre ou avoir : les ducs de Guise et leur paraître (1506-1588) / Being or having. The Dukes of Guise and their appearances (1506-1588)

Meiss-Even, Marjorie 20 November 2010 (has links)
Ce travail prend pour objet la culture matérielle – c'est-à-dire « l'ensemble des phénomènes de co-construction des sujets, du social et de la culture dans le rapport aux objets matériels » (M. Roustan) – des aristocrates de la Renaissance française. Le cas de la maison de Guise permet de dresser un panorama des possessions indispensables à une grande famille du XVIe siècle pour tenir son rang dans la société de cour ; il autorise aussi l'étude de l'impact d'une exigence accrue de paraître sur les finances aristocratiques, et laisse apercevoir les pratiques sociales de consommation. Au-delà de la simple description, ce travail met en évidence les valeurs qui sous-tendaient l'environnement matériel aristocratique ; il révèle aussi la façon dont les objets participèrent à la transformation identitaire de l'élite courtisane de la Renaissance. / This work deals with the material culture – understood as a comprehensive phenomenon which both fashions and is fashioned by society, culture and individuals – of French Renaissance aristocrats. The House of Guise case study unveils the variety of goods a 16th-century great household needed in order to stay in keeping with its rank in the court society. It further reveals the financial consequences for noble houses of the ever-increasing obligation to appear splendidly. The social practices that lay behind shopping are also examined. Beyond a mere description, this work underlines the values embodied in the noble material environment and stresses the part objects took in the redefining of Renaissance elite identity.

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