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"Émerger pour le temps des partages" : la scène comme lieu de restauration de l'unité communautaire dans Celle-là, Cendres de cailloux et Le chant du Dire-Dire de Daniel Danis

Nepveu-Villeneuve, Maude 06 1900 (has links) (PDF)
Ce mémoire analyse les trois premières pièces du dramaturge québécois Daniel Danis : Celle-là (1993), Cendres de cailloux (1993) et Le chant du Dire-Dire (1998). Ces trois pièces ont en commun la mise en scène de communautés imaginaires en crise et l'adoption d'une forme narrative proche de l'anamnèse, où le récit de l'action est fait après coup. L'objectif de ce mémoire est d'étudier la façon dont, dans ces trois pièces, la tentative de résoudre la crise communautaire est liée à la mise en récit des événements dans le contexte de la représentation théâtrale. Dans un premier temps, l'analyse situe l'œuvre de Daniel Danis dans le champ théâtral québécois par rapport aux enjeux et aux pratiques qui lui sont propres dans le contexte d'une société minoritaire et d'une littérature périphérique, et s'intéresse aux questions de l'identité et de l'altérité ainsi qu'à la relation entre le corpus québécois et le contexte sociohistorique et linguistique. Les différentes réponses esthétiques à la crise du drame aristotélicien, crise théorisée par Peter Szondi et par Jean-Pierre Sarrazac, sont aussi explorées, ainsi que leur influence sur la dramaturgie québécoise contemporaine. Les trois textes sont ensuite étudiés en parallèle de façon plus approfondie. À la lumière des théories de la communauté, de l'altérité et du drame contemporain, mais surtout des textes eux-mêmes et de leurs réseaux isotopiques, l'analyse se penche sur l'identité des communautés imaginaires et sur leurs principes de fonctionnement ainsi que sur leur rapport à l'altérité et à la parole. Cet examen amène à s'interroger sur la crise que traversent les communautés imaginaires et sur les modalités de résolution possibles dans le contexte de la représentation théâtrale. Enfin, des études sur la mythologie (Claude Lévi-Strauss, Anthropologie structurale), sur le récit (Paul Ricœur, Temps et récit) et sur les métaphores de la mémoire guident l'analyse formelle du modèle de la pièce-anamnèse. Le mémoire s'intéresse principalement à la ritualisation du matériau narratif dans Celle-là, Cendres de cailloux et Le chant du Dire-Dire, qui confère une fonction réparatrice au récit mythique mis en scène et permet ainsi la résolution de la crise communautaire. Ces trois pièces suggèrent qu'en s'ouvrant sur l'Autre-spectateur par l'entremise du rituel de la représentation, il est possible de continuer à exister, ne serait-ce que dans le récit, après la tragédie de l'éclatement communautaire. ______________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : récit, dramaturgie, Québec, Daniel Danis, communauté, mythe, identité, altérité, parole, mémoire, théâtre
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Peripheral way : a journey into Icelandic national identity through the storyteller in the work of Ólöf Nordal and Steingrímur Eyfjörd

Hanna, Maeve 01 1900 (has links) (PDF)
Ce mémoire explorera l'identité nationale islandaise à travers la notion du raconteur véhiculée par les œuvres de deux artistes contemporains islandais – Ólöf Nordal et Steingrímur Eyfjörd. Le but de ce mémoire est d'interroger ce qui peut constituer une identité nationale islandaise et comment les œuvres examinées ici interprètent et déstabilisent une compréhension normative d'identité dans la culture islandaise. Les principales assises théoriques seront la politique identitaire et la narrativité. À partir d'une investigation de la théorie de la pensée nomade proposée par Gilles Deleuze et Félix Guattari dans l'ouvrage Mille Plateaux : Le capitalisme et la schizophrénie et par Rosi Braidotti dans son ouvrage Nomadic Subjects : Embodiment and Sexual Difference in Contemporary Feminist Theory, une compréhension d'identité nationale islandaise comme nomadique sera élaborée. Des textes de Ernest Renan et de Timothy Brennan informeront également cette étude et la compréhension de « nation » et « nationalisme ». Une considération théorique du rôle du conteur sera entreprise dans le but de mieux comprendre l'héritage de narrativité et de l'identité nationale tel qu'élaboré par Roland Barthes, John Berger, Mieke Bal, Walter Benjamin et Homi K. Bhabha. Leurs propos informeront la lecture de l'identité nationale islandaise et l'influence de la narrativité sur les œuvres de Ólöf Nordal et Steingrímur Eyfjörd. ______________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Islande, identité nationale, la théorie de narrativité, le conteur, le mythe, le nomadisme, Ólöf Nordal, Steingrímur Eyfjörd, l'art contemporain islandais.
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Croissance spirituelle et processus du devenir soi : proposition d'un modèle d'accompagnement spirituel à partir d'une interprétation psycho-symbolique du récit de Jésus

Sergi, Christina January 2008 (has links)
Thèse numérisée par la Division de la gestion de documents et des archives de l'Université de Montréal
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Du mythe à la fiction : l'invention de soi dans la littérature européenne (formes, figures, motifs)

Mattiussi, Laurent 15 December 2000 (has links) (PDF)
Les Lumières ont inventé le roman de formation. Beckett, Hesse, Kafka, Musil, Proust et Virginia Woolf modulent diverses variations de ce qu'il faudrait nommer le roman de dé-formation. Dans ce genre de récit, le moi se gagne en se perdant, en constituant lui-même et en circonscrivant autour de lui un non-lieu séparé de la réalité banale, de ses conventions morales et sociales. Dans un écart maximal par rapport à tout l'être, y compris le sien propre, le moi se bâtit par la déconstruction patiente des déterminations extérieures, il se dégage de sa gangue pour indiquer sans jamais l'exhiber un Soi qui ne saurait être formé puisque par nature il récuse toute forme. En s'appuyant sur les analyses de Georges Gusdorf concernant le moi romantique, de Jean-Luc Marion (L'Idole et la distance), de Paul Ricœur (Soi-même comme un autre : " l'appréhension apophatique du soi "), l'essai intitulé Fictions de l'ipséité tente de montrer que le Soi manifesté, inventé, réinventé, sculpté par une soustraction inlassable qui révèle le plein par le vide -- et le vide en se délivrant de l'excès de plein --, dans quelques fictions de l'ipséité supposées représentatives est en quelque sorte " le Dieu d'une théologie négative ", pour reprendre la formule de Jacques Derrida sur le moi pur de Valéry. Les antécédents de cette représentation sont recherchés notamment dans l'œuvre de Mallarmé et, plus indirectement, dans celle de Villiers de l'Isle-Adam, où le Soi se profile comme la Figure par excellence. Personne ne l'incarne jamais totalement, pas même tel héros dans l'espace de la fiction, et pourtant chacun, invisiblement, le porte, et l'une des tâches que s'assigne la fiction, qu'elle soit poétique ou narrative, est bien dès lors d'en esquisser les traits essentiels dans son espace plus ou moins déréalisé. Ainsi est constamment interrogée la figure de l'auteur dans la fiction : quoique invisible, elle est toujours présente à l'arrière-plan et la fiction est souvent ce mentir-vrai où un auteur hypocrite ne cesse de parler de lui en faisant semblant de parler d'un ou de plusieurs autres, reflétant, réfractant, refigurant diversement son être propre pour construire un mythe de Soi. En ce sens la fiction, comme le mythe, invente du faux pour figurer le vrai en un détour inévitable, lorsqu'il s'agit, sans l'enfermer, de capturer fugitivement dans un retrait ce qui demeure inassignable. Les œuvres littéraires étudiées dans l'ensemble des travaux présentés sont de la sorte tenues pour autant de variantes, parmi d'autres existantes ou possibles, d'un mythe central, celui du Soi. C'est ce qui justifie la double lecture, herméneutique et mythocritique, à laquelle elles sont soumises : une telle lecture vise à mettre en rapport avec la surdétermination du Soi, du Moi superlatif, les différents éléments de la fiction et la façon dont ils reçoivent sens et cohérence à partir de cette figure fondatrice. Le Soi est un centre rayonnant et il informe tout l'espace fictif qu'il anime de sa présence, de sorte que la refiguration de soi dans la fiction est aussi une refiguration du monde, désormais rêvé comme une émanation de Soi, dans une harmonie avec les exigences imprescriptibles du Soi. On a voulu montrer dans quelle mesure et à quel point le travail poétique et théorique de Mallarmé, notamment sa théorie du mythe et la théorie de l'abstraction, dématérialisante et schématisante, qui la fonde fournissait quelques instruments appropriés pour deviner -- pour instituer en objet de " divination " -- cette Figure mythique, dans les limites du moins imparties à un discours, fût-il littéraire, métaphorique et indirect, essentiellement débordé par l'intuition fondamentale qu'il tente de ressaisir. Qu'elle investisse un mythe reconnaissable, qu'elle l'incorpore sous des formes plus ou moins détournées, qu'elle emprunte aux mythes des figures et des motifs précis ou qu'elle retrouve les formes et les structures les plus générales de l'imaginaire mythique, la littérature prend ses distances à l'égard du mythe dans le geste même de se le réapproprier. La remarque constitue un acquis de la mythocritique. Elle vaut peut-être particulièrement quand des œuvres se cristallisent autour du Soi, ce motif omniprésent et insaisissable qui donne lieu à l'invention d'un nouveau mythe et à la reprise de mythes anciens plus ou moins transposés. Ainsi a-t-on cru pouvoir en appeler à la notion d'invention de soi pour rapprocher sans artifice excessif deux moments éloignés de la littérature européenne pris pour termes extrêmes : l'historiographie romaine de l'Empire et certaines œuvres narratives de la première moitié du XXe siècle. Quels que soient les ressorts en jeu dans ce processus d'invention : remémoration -- la reconstruction du passé de Rome ou celle du personnage de Napoléon par Nietzsche pour lui faire incarner les plus hautes valeurs --, abstraction, néantisation -- chez Gautier et Valéry --, on repère la permanence d'une visée mythifiante qui fait éclater l'individualisme moderne dans ce " bougé ", cette hésitation, ce suspens où le haïssable petit moi voudrait se produire comme un grand Soi -- et, ce faisant, s'y dissoudre.
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Raymond Queneau et les mythologies

Kato, Mikiko 03 February 2012 (has links) (PDF)
Raymond Queneau s'intéresse au mythe, comme bien d'autres écrivains. Mais quel est le rapport qu'il entretient avec cet imaginaire collectif ? Notre propos est d'examiner la particularité des idées de Queneau sur le mythe, dans tous les sens du terme. Il est question d'abord d'observer ce que signifie le " mythe " pour Queneau, en considérant comment ses relations avec les surréalistes et Georges Bataille l'ont sensibilisé aux sciences humaines et sociales en vogue au début du XXe siècle, et en étudiant sa lecture de Nietzsche et Joyce qui réfléchissent sur le mythe et la littérature. La réécriture des mythologies anciennes, gréco-romaine et biblique en particulier, dans l'œuvre de Queneau est également analysée, sans oublier celle de la mythologie gnostique, inextricablement liée chez lui à la philosophie hégélienne, et surtout à l'idée de " la fin de l'histoire ". La notion de "mythologie moderne ", discutable pour certains, est tout de même envisagée pour tenter de savoir pourquoi le personnage de Zazie et le Paris décrit par Queneau ont acquis une telle popularité dans le grand public. À la lumière de ces examens, Queneau apparaît comme un écrivain toujours fasciné par cette forme de récit, saturée de symboles, structurée par une tension oppositionnelle, organisée par une construction circulaire, contenant une logique sous-jacente, qui nourrit, tout en gardant l'anonymat, l'imaginaire collectif.
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Imaginaires collectifs : le récit du mythe du Grand Dérangement dans l’imaginaire acadien.

McLaughlin, Gilbert 07 February 2014 (has links)
La déportation des Acadiens de leurs terres en 1755 est un évènement sur lequel se fonde cette communauté. Le Grand Dérangement, comme on l’appelle fréquemment, n’est pas un simple évènement historique. Il aura passé de l’histoire à la mémoire et de la mémoire au mythe. Élevé officiellement au rang de mythe fondateur lors de la première Convention nationale acadienne de 1881, le Grand Dérangement subira par la suite de nombreuses réinterprétations dans les discours politiques. Reprenant la théorie de Gérard Bouchard sur les mythes et les imaginaires collectifs, cette thèse vise à comprendre quelles ont été les interprétations historiques du mythe du Grand Dérangement dans le discours national des élites acadiennes entre 1763 et 2005. Retourner au mythe, c’est retourner à l’imaginaire d’un peuple et de son importance dans ses processus de conciliation des conflits. L’objectif est donc de comprendre les nombreuses réinterprétations du Grand Dérangement issues des discours des élites politiques acadiennes, mais aussi de démontrer le rôle structurant du mythe dans la construction de l’identité acadienne. The expulsion of the Acadians from their land in 1755 is an event which defined this community. The “Grand Dérangement”, or Great Upheaval, long ago made the passage from historical event to collective memory and from collective memory to myth. Officially raised to the level of a founding myth during the first Acadian National Convention of 1881, the Great Upheaval has been subject to several political reinterpretations. Using Gérard Bouchard’s theory of collective myths and imaginaries, this thesis aims to understand the historical reinterpretations of the Great Upheaval myth within the Acadian elite national discourse between 1763 and 2005. To appreciate the power of the myth is to appreciate the power of a people’s imagination and its potential for resolving conflict. The objective of this thesis is to understand the many reinterpretations of the Great Upheaval through the Acadian elite political discourses, and also to demonstrate the role of the myth in constructing the Acadian identity.
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La figure archétypale de l'amazone : de la femme virile au soi féminin dans Les guérillères de M. Wittig et L'Ange amazone de Y. Villemaire

Maes, Isabelle, January 2002 (has links)
Thèses (M.A.)--Université de Sherbrooke (Canada), 2002. / Titre de l'écran-titre (visionné le 20 juin 2006). Publié aussi en version papier.
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La réflexion phénoménologique au crible de la grammaire : la question de l'expression de la vie intérieure de la conscience chez Husserl et Wittgenstein / Phenomenological reflection facing philosophical grammar : the expression of inner life of consciousness according to Husserl and Wittgenstein

Grondin, Vincent 27 February 2013 (has links)
Etant donné que la phénoménologie husserlienne se propose de résoudre les problèmes philosophiques en adoptant pour méthode la réflexion et la description de l'expérience vécue, il est très tentant de voir en Husserl un héritier de cette tradition philosophique qui se trouve ruinée par les arguments de Wittgenstein. En partant du présupposé que la déconstruction du « mythe de l'intériorité » enclenchée par Wittgenstein est juste en son principe, il s'agira de montrer que l'on ne peut trouver chez Wittgenstein une réfutation implicite de la conception phénoménologique de l'intériorité qu'en faisant une lecture superficielle des Recherches logiques et des Idées directrices. En effet, si l'on sait porter attention aux détails des textes pertinents, on peut déceler chez Husserl une réflexion très fine sur la nature du langage qui débouche éventuellement sur une critique de la conception moderne et empiriste de l'intériorité du sujet très similaire à celle mise en chantier par les Recherches philosophiques, critique qui, de surcroît, a l'avantage de désamorcer certaines difficultés rencontrées par Wittgenstein. Une telle étude comparative et polémique permettra de tirer deux grandes conclusions à l'égard de la méthode devant être employée en philosophie. Premièrement, il sera démontré que la réflexivité exigée par le discours philosophique se reflète dans l'usage que Husserl et Wittgenstein font des guillemets. Cette observation en apparence triviale permettra d'établir que le discours philosophique repose sur l'usage d'un dispositif typographique banal appartenant à la grammaire de notre langage ordinaire. Ensuite, la supériorité de la méthode « généalogique » de la phénoménologie génétique de Husserl sera mise en relief. Cette dernière a le mérite d'éviter les apories du conventionnalisme de Wittgenstein tout en désamorçant les difficultés soulevées par l'essentialisme de la phénoménologie statique des Idées directrices. / Since Husserl's phenomenology purports to solve philosophical problems through description and reflection upon lived experience, it is extremely tempting to see him as an inheritor of the philosophical tradition that Wittegenstein's arguments demolished. Taking as its starting point the assumption that the deconstruction of the « myth of interiority » instigated by Wittgenstein is well founded, this project will attempt to show that Wittegenstein's arguments can only appear to refute Husserl's conception of interiority on the basis of a superficial reading of the Logical Investigations and of the Ideas I. Indeed, upon a close examination of the relevant texts, Hussserl's reflexions on the nature of language can be shown to lead him to a critique of the modern and empiricist conception of interiority very similar to Wittgenstein's, a critique that turns out to have the ressources to avoid some of the major difficulties that the latter faces. This comparative and polemical study will defend two more general theses about the method that philosophical inquiry ought to rely upon. First, it will be argued that the reflexiveness required for philosophical discourse is illustrated in both Husserl and Wittgenstein's use of quotation marks. This seemingly trivial observation will support the claim that philosophical discourse relies on the use of a banal typographical devise belonging to the grammar of ordinary language. Second, a case will be made for the superiority of the « genealogical » method of Husserl's genetic phenomenology, for it manages to avoid the pitfalls of Wittgenstein's conventionalism while also steering clear of the problems incurred by the essentialism of the Ideas I static phenomenology.
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Guerre sauvage et empire de la liberté : prolongements du mythe de la Frontière dans le cinéma américain post-western / Savage war and empire of liberty : continuations of the frontier myth in post-western American cinema

Mayer, Hervé 22 October 2016 (has links)
La résurgence du mythe de la Frontière dans la rhétorique politique de la « guerre contre la terreur » oblige à reconsidérer l’idée de sa marginalisation dans la culture américaine depuis la crise du mythe public identifiée par Richard Slotkin à la fin des années 1960. Cette thèse en civilisation américaine et études filmiques soutient que, loin d’avoir été marginalisé, le mythe de la Frontière s’est diversifié, prolongé et consolidé dans la culture américaine. Considérant le cinéma comme le médium central d’une culture américaine mondialisée, cette étude propose une analyse sociohistorique des représentations du mythe de la Frontière dans le cinéma populaire américain après les années 1960. Elle vise à éclairer la continuité, sur les plans narratifs et idéologiques, existant entre le mythe de la Frontière formulé à la fin du XIXe siècle et le cinéma du début du XXIe siècle. Le point d’articulation entre ces deux périodes se situe au tournant des années 1960, moment où les critiques du mythe classique provoquent une diversification générique et esthétique de ses représentations. À partir d’un corpus primaire de six films de genres et de points de vue différents, sortis entre 1968 et 1986, nous adoptons une perspective transgénérique pour analyser les réponses à ces critiques formulées par le cinéma américain et la manière dont ces réponses servent de cadre idéologique au cinéma contemporain. Comprenant le mythe de la Frontière comme la version américaine d’une idéologie impériale partagée à la fin du XIXe siècle, nous soulignons les dynamiques transnationales accompagnant son émergence et sa diffusion dans une culture de masse mondialisée. Nous suivrons deux trajectoires principales reliant le mythe de la Frontière au cinéma contemporain : depuis la Conquête de l’Ouest de Theodore Roosevelt jusqu’aux représentations contemporaines de la guerre sauvage ; et depuis la « théorie de la Frontière » de Frederick Turner jusqu’aux incarnations cinématographiques d’un empire de la liberté. / The frequent use of frontier mythology in the political rhetoric of the “war on terror” calls for a reassessment of the common notion that it was marginalized in American culture after what Richard Slotkin identified as a crisis of public myth in the wake of the 1960s. This dissertation in American and Film Studies argues that the myth of the frontier did not wane in the American imagination, but rather diversified its forms and consolidated its influence in American culture. Considering cinema as the primary medium of a globalized American culture, this study is a socio-historical analysis of the representations of the frontier myth in American cinema after the 1960s. Its purpose is to underline the continuity, on a narrative and ideological level, existing between 19th-century American mythology of the frontier and 21st-century American cinema. The critical juncture is the turn of the 1960s, when criticisms of the frontier myth fostered a generic and aesthetic diversification of its representations in films. Based on a primary corpus of six films released between 1968 and 1986, taken from different genres and embodying different perspectives on the myth, this research adopts a transgeneric perspective to unpack the cultural responses to criticisms of the myth in the 1960s and the way those responses ideologically frame contemporary American cinema. We understand the frontier myth as the American expression of an ideology shared by all imperial nations of the late 19th century and, as such, adopt a transnational perspective on its emergence as well as its popularization. This study identifies two major paths connecting the frontier myth to contemporary American cinema: from Theodore Roosevelt’s Winning of the West to the representations of savage war; and from Frederick Turner’s frontier thesis to filmic celebrations of an empire of liberty.
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Vision contemporaine de la Grèce antique : mythe et cinéma selon Pier Paolo Pasolini / Contemporary vision of ancient Greece : Myth and Cinema by Pier Paolo Pasolini

Frach, Sylwia 12 January 2013 (has links)
La vision de la Grèce antique de Pasolini est une vision barbare parce que le cinéasterefuse toute idéalisation néoclassique. Une telle vision de l’antiquité était déjà répondue dans laculture européenne à travers les textes de Nietzsche. Pasolini est inspiré particulièrement pardeux disciplines auxquelles il se réfère souvent : l’anthropologie et la psychanalyse.A une thématique barbare correspond aussi, chez le cinéaste italien, un environnementbarbare, avec l’accord entre la forme de l’expression et la forme du contenu. Pasolini rejette lareconstitution archéologique : à la luminosité aveuglante du Maroc (où est tournée la partiemythique d’OEdipe roi), à l’architecture archaïque de pierre de la Cappadoce (la Colchide deMédée), aux remparts d’une ville syrienne d’Alep (Corinthe dans Médée), le cinéaste associe descostumes dans lesquels s’inscrivent de différentes cultures archaïques, et des musiquesprovenant pour la plupart des pays non-occidentaux (africaines, tibétaines, japonaises,roumaines).Avec la pratique de la contamination et du pastiche, Pasolini souhaite recréer le langageintemporel du mythe, le langage primaire dans lequel s’inscrit la civilisation paysanne. Cetterelation entre le mythe grec et le monde rural s’articule principalement autour de la notion decyclicité. / Pasolini’s vision of ancient Greece is barbaric because the filmmaker refuses any neoclassicalidealization. This vision of antiquity was already famous in European culture through the textsof Nietzsche. Pasolini is particularly inspired by two disciplines he often refers to : anthropologyand psychoanalysis.The barbarian theme is also linked to a barbaric environment, with agreement between the formof expression and form of content. Pasolini rejects archaeological reconstruction. He combinesblinding brightness of Morocco (were the mythical part of the Oedipus Rex is turned), archaicarchitecture in stone of Cappadocia (Colchis in Medea), and the ramparts of a Syrian city Aleppo(Corinth in Medea) with costumes from different archaic cultures and music mostly from non-Western countries (African, Tibetan, Japanese, Romanian).With the practice of contamination and pastiche, Pasolini wants to recreate the timelesslanguage of myth, the primary language of the peasant civilization. The relationship between theGreek myth and the rural world revolves mainly around the notion of cyclicity.

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