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Étude qualitative des déterminants des comportements alimentaires d’employés en rôtisserie de type restaurant rapideGeoffrion, Sandrine 03 1900 (has links)
Problématique et objectifs : Quels sont les comportements et les choix alimentaires d’un travailleur du secteur de la restauration rapide, continuellement exposé à des aliments majoritairement frits ou ultra-transformés? Peu de données sont disponibles pour répondre à cette question. L’étude de cas de la rôtisserie participante permettra de générer des données exploratoires afin de décrire les comportements alimentaires des employés et d’identifier les déterminants individuels, sociaux et contextuels susceptibles de les influencer.
Méthodologie : Des entrevues individuelles intégrant des photographies d’aliments consommés au travail, prises par les participants, ont été menées dans une rôtisserie de type restaurant-minute. La grille d’entretien est inspirée du modèle socio-écologique de Zorbas et al. (2018). L’analyse des verbatims faite avec le logiciel NVivo combine une approche inductive et déductive. Des histoires de cas ont été produites pour chacun des participants afin de synthétiser les données. Une approbation éthique fut obtenue.
Résultats : Un total de 17 participants, répartis en termes de genre, âgés de 18 à 53 ans, ayant de 6 mois à plus de 20 ans d’expérience à différents postes ont participé à l’étude. Tous les participants consomment de façon épisodique ou régulière des aliments ou des boissons en provenance des lieux du travail. La solution pour pallier leurs ressources limitées en temps, argent, compétences culinaires et au peu de motivation reliée à l’acte culinaire est de s’alimenter à partir de l’offre alimentaire en milieu de travail. Celle-ci s’avère être très accessible et peu coûteuse. La praticité, le goût, l’accessibilité et le prix des aliments sont prioritaires à la santé dans le processus de choix alimentaires de ces travailleurs. Les conditions de travail et les normes sociales contextuelles à l’emploi imposent aux travailleurs une pression supplémentaire à la consommation d’aliments au travail. Des attitudes ambivalentes y sont reliées.
Conclusion : Un emploi en restauration rapide est susceptible d’exercer une influence défavorable sur l’alimentation des travailleurs. Ces derniers ne sont pas supportés dans l’adoption d’habitudes plus saines. Au fil du temps, le tout peut mener à des patrons alimentaires délétères pour la santé. Ces connaissances mettent en évidence le défi de développer des interventions pour les protéger d’un environnement alimentaire difficilement modifiable. Ces actions devraient agir sur l’ensemble des déterminants tant individuels que contextuels. / Context and objectives : What are the behaviors and choices of fast-food workers, those who are continuously exposed to fried and ultra-processed food? Few data are currently available. This case study of a chicken fast food restaurant aimed to describe workers’ food behaviors at work and to identity individual, social, and contextual determinants of influence.
Method : Individual interviews using pictures of food and beverages eaten at work and taken by fast food workers of a chicken fast food restaurant was used. The interview guide was based on a socio-ecological model adapted by Zorbas et al. (2018). Analysis of verbatims was made with NVivo with an inductive and deductive approach. Case stories were written for data synthesis purpose. Ethics approvals were obtained.
Results : Seventeen male and female fast-food workers from 18 to 53 years and working from 6 months to over 20 years at different positions participated in this study. All participants ate food or drank beverages from work on an occasional or regular basis. They generally are time and money constrained with few culinary skills and motivations. This leads them to eat food that is of easy access and cheap at work. Commodity, taste, accessibility, and price are more important than health in the decision-making process. Labor conditions and contextual social norms at work impose additional pressure on workers to consume food at work, despite ambivalent attitudes.
Conclusion : Working in a fast-food restaurant is likely to exert an unfavorable influence on the diet of workers. They are not supported in adopting healthier habits. This can lead to unhealthy eating patterns over time. Those evidence highlight the challenges of developing interventions to protect people working in a food environment that is difficult to modify. These actions should act on all determinants, both individual and contextual.
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Repenser la mobilité criminelleMichaud, Patrick 08 1900 (has links)
Notre compréhension de la mobilité criminelle repose presque exclusivement sur des études sur le journey-to-crime qui portent sur l'analyse des distances parcourues par les délinquants entre leur domicile et le lieu de leurs crimes. Dans cette thèse, nous nous demandons d'abord si la pertinence théorique et la validité méthodologique sous-jacente à la mesure de journey-to-crime ont été suffisamment démontrées pour justifier son influence dominante dans le domaine de la criminologie environnementale. Sur la base d'une analyse critique des recherches sur le journey-to-crime, nous soutenons que si l'intérêt pour la mesure est compréhensible, il existe de meilleures façons de mesurer la mobilité criminelle. Nous démontrons que certains postulats implicites qui la sous-tendent sont trompeurs et que de nombreux biais méthodologiques limitent son utilité. Nous suggérons que pour mieux comprendre la mobilité criminelle, le journey-to-crime devrait devenir complémentaire à de nouvelles mesures plus raffinées. Des implications pour les études futures sont proposées.
Nous quantifions ensuite de manière empirique les différents biais méthodologiques de la mesure de journey-to-crime en examinant dans quelle mesure ceux-ci affectent sa capacité à estimer le « véritable » trajet effectué par les délinquants lors de la perpétration de leurs crimes. À l'aide de données policières, d'entrevues et de technologies numériques de cartographie, l'itinéraire détaillé emprunté par 98 délinquants lors de 449 crimes de vol est reconstitué afin de tester certaines des hypothèses qui sous-tendent la mesure de journey-to-crime. Les données policières utilisées pour calculer les distances résidence-crime se sont révélées être suffisamment fiables au niveau du lieu du crime, mais peu fiables pour ce qui est du lieu de résidence du délinquant. Plusieurs raisons sont fournies pour expliquer pourquoi les policiers ont de la difficulté à identifier correctement où un délinquant réside réellement le jour d'un crime donné. La résidence des délinquants s'est distinguée comme un endroit important de leur parcours criminel, mais le trajet effectivement emprunté par ces derniers s'est avéré beaucoup plus complexe que l'itinéraire résidence-crime-résidence présumé par la mesure de journey-to-crime. Malgré ses nombreuses lacunes, nos résultats ont démontré que cette mesure pouvait quand même être considérée comme une estimation valide et utile de la distance totale réellement parcourue lors d'un crime par les auteurs de vols qualifiés et d'autres vols, mais pas par les auteurs de cambriolages et de vols de véhicule à moteur. Les implications pour la recherche sur la mobilité criminelle et les études futures sont abordées.
Nous investiguons finalement le nomadisme criminel, soit la propension d'un individu à s'engager dans des déplacements interurbains continus ou intermittents comme moyen de faire face aux conséquences de son mode de vie criminel (p. ex., stigmatisation, pauvreté, désorganisation, etc.) et/ou comme stratégie d'adaptation à la réalité d'être un « criminel de carrière ». L'itinéraire des crimes commis au Canada pendant la carrière criminelle de 448 hommes reconnus coupables d'infractions sexuelles a été reconstitué grâce à des entrevues individuelles et à l'analyse détaillée de casiers judiciaires. Cinq composantes distinctes du nomadisme criminel (c.-à-d., nombre de trajets, nombre de points nodaux, longueur des routes, étendue géographique de la criminalité et superficie de la zone d'activité mesospatiale), inspirées de la théorie des patrons criminels (crime pattern theory), sont suggérées et analysées. Les résultats montrent que le nomadisme criminel est davantage la réalité de gens de race blanche, jeunes et éduqués, qui ont une carrière criminelle prolifique entrecoupée de longues peines d'incarcération. Les délinquants nomades n'errent pas au hasard, mais semblent plutôt chercher des opportunités et un retour à une certaine forme d'anonymat. Les variables relatives aux infractions sexuelles n'ont pas apporté une contribution significative aux modèles de prédiction, ce qui donne à penser que le nomadisme criminel est davantage un phénomène criminel général que spécifique aux infractions sexuelles. Nos résultats suggèrent qu'une carrière criminelle prolifique est généralement associée à un mode de vie nomade et géographiquement dispersé. Les implications pour les politiques publiques et les études futures sont abordées. / Our collective understanding of criminal mobility relies almost exclusively on journey-to-crime research, which focuses on the distances traveled by offenders from their homes to the location of their crimes. In this thesis, we first ask whether the theoretical relevance and the methodological validity underlying the journey-to-crime measurement are sufficient for it to continue to be a leading influence in the field of environmental criminology. Based on a critical review of the foundations of journey-to-crime research, we argue that while the interest in the journey-to-crime measurement is understandable, there are better ways to assess criminal mobility. Some likely misleading implicit presuppositions and methodological biases are identified, and the manner in which they affect our comprehension of criminal mobility is discussed. We suggest that a better understanding of criminal mobility would come from complementing journey-to-crime with new, more refined, measures. Implications for future studies are proposed.
We then empirically quantify the methodological biases of the journey-to-crime measurement, by investigating the extent to which they affect its ability to estimate the itineraries offenders actually travel during the perpetration of their crimes. With the support of police-arrest records, interviews, and web-mapping technologies, the detailed route taken by 98 offenders during 449 theft-related crimes are reconstructed in order to test some of the key assumptions underlying journey-to-crime research. Police data used to compute home-crime distances have been found to provide satisfactorily accurate crime-location addresses, but poorly accurate offender home-addresses. Several explanations of why the police have problems correctly identifying where an offender is truly residing on the day of a given crime are presented. Even if the offender's residence was the most important node in their crime journey, the actual travel undertaken by offenders was much more complex than the home-crime-home itinerary assumed by the journey-to-crime measurement. Despite its numerous drawbacks, the traditional journey-to-crime measure is still a valid and useful proxy for the total distance actually traveled by offenders in robbery and “other theft”, but not in burglary and motor-vehicle theft. Implications for criminal mobility research and future studies are discussed.
We finally investigate criminal nomadism ― an individual’s propensity to engage in continuous or intermittent interurban travel as a way to cope with the consequences of their criminal lifestyle (e.g., stigma, poverty, disorganization, etc.) and/or as a strategy to adapt to the reality of being a “career criminal.” The criminal-career itinerary across Canada of 448 men convicted of sex offenses was reconstructed through individual interviews and analysis of detailed criminal records. Five distinct components of criminal nomadism (i.e., trips, nodes, paths, range, and mesolevel activity space), inspired by crime pattern theory, are suggested and analyzed. Results show that criminal nomadism is the reality of young and educated Whites who have a prolific criminal career interspersed with long incarceration sentences. Nomadic offenders did not wander freely and randomly, but rather seemed to be looking for opportunities and privacy. Sex-offending variables did not make a significant contribution to predictions, suggesting that criminal nomadism is more a general offending phenomenon than something specific to sex offending. This provides supporting evidence for the hypothesis that an extensive criminal career is generally associated with a geographically scattered and nomadic lifestyle. Implications for public policies and future studies are discussed.
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Déconstruire l'hétérogénéité des systèmes neurocognitifs sous-jacents aux comportements antisociaux : de l'analyse développementale aux corrélats neurobiologiquesDugré, Jules 08 1900 (has links)
Contexte. L’étiologie des comportements antisociaux est encore mal comprise. La population d’individus commettant ce type de comportements est hautement hétérogène, suggérant ainsi que plusieurs mécanismes biopsychosociaux pourraient augmenter ou réduire le risque de délinquance au cours du développement humain. Objectif. L’objectif principal de cette thèse est d’identifier ces mécanismes sous-jacents à la délinquance, par l’entremise de quatre méthodes scientifiques distinctes, mais complémentaires : les analyses de trajectoires développementales, l’activité cérébrale induite par une tâche, la connectivité cérébrale au repos ainsi que l’étude des lésions cérébrales. Méthodologie. Afin d’atteindre cet objectif, une première étude a été réalisée en réanalysant les données de l’Étude Longitudinale du Développement des Enfants du Québec (n=1309). Par l’entremise de modèles de trajectoires par classes latentes, cette étude visait à identifier des sous-groupes de jeunes présentant des trajectoires développementales de traits psychologiques (c.-à-d., l’insensibilité émotionnelle, les traits anxio-dépressifs, l’irritabilité et les traits d’hyperactivité/impulsivité) à risque de comportements antisociaux à l’enfance et l’adolescence. Par ailleurs, deux méta-analyses portant sur des études d’activation cérébrale (71 et 147 études) ont été réalisées afin d’identifier les principales altérations de l’activité cérébrale sous-jacent à différents domaines neurocognitifs, ainsi que leur similarité avec d’autres problématiques psychiatriques. De plus, une troisième méta-analyse (18 études) a été accomplie afin d’étudier si les individus antisociaux présentaient des déficits lors de la connectivité cérébrale au repos. De manière à combler les limites de la littérature sous-jacente à la connectivité cérébrale au repos des individus antisociaux, une étude transversale a été effectuée sur 1,416 enfants et adolescents issue Healthy Brain Network aux États-Unis. Outre l’objectif de valider les résultats de la méta-analyse précédente, cette étude a été conçue de manière à mieux comprendre le rôle de l’interaction entre des systèmes neurobiologiques dans l’explication des comportements antisociaux. Finalement, une récente revue de la littérature scientifique produite par des chercheurs américains a permis d’identifier 17 cas dans lesquels des lésions au cerveau étaient temporellement liés à l’émergence de comportements antisociaux. Grâce à une reconstruction des images de lesdites lésions, des analyses de coactivation méta- analytique ont été conduites afin de récréer les réseaux neurobiologiques altérés qui seraient possiblement à l’origine de de gestes délinquants. Résultats. Les résultats ont soutenu l’importance des traits d’insensibilité émotionnelle dans l’explication du risque de délinquance, et aussi montré que l’interaction développementale entre les traits psychologiques augmentait jusqu’à 10 fois le risque de comportements antisociaux à l’enfance. Sur une base neurobiologique, les résultats ont révélé que les personnes ayant commis des gestes délinquants rapporteraient d’importants déficits dans les régions cérébrales impliquées dans le contrôle cognitif, la réponse à une menace et les cognitions sociales. En comparaison avec le trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité et les troubles anxieux et dépressifs, le trouble des conduites serait associé à un dysfonctionnement commun de régions cérébrales impliquées dans le contrôle des émotions et du système somato-moteur. Par ailleurs, les résultats indiquent que la population étudiée serait principalement caractérisée par une dysconnectivité fonctionnelle entre les réseaux socioaffectifse et attentionnels, mais aussi entre les systèmes somato-moteurs, attentionnels et ceux impliqués dans la détection de stimuli saillants. Finalement, les lésions cérébrales pourraient causer des comportements délinquants par l’entremise de trois mécanismes neurobiologiques, notamment par une défaillance du réseau de la récompense (lobe frontal), du réseau impliqué dans le traitement des émotions négatives (lobe temporal) ainsi que la reconnaissance émotionnelle faciale (amygdale). Conclusions. Les résultats des travaux présentés dans cette thèse soutiennent l’importance de mieux comprendre l’hétérogénéité de domaines neurocognitifs dans l’explication des comportements délinquants. D’une part, ceux-ci soulignent l’importance des systèmes neurobiologiques à valence négative (associés à l’anxiété et l’irritabilité), aux systèmes cognitifs (associés à l’hyperactivité/impulsivité et à l’inattention) ainsi qu’aux processus sociaux (associés à l’insensibilité émotionnelle). D’autre part, les résultats suggèrent un rôle limité des systèmes de récompense, mais un rôle prépondérant du système sensorimoteur (associé à l’action et au contrôle des mouvements). La présente thèse offre une perspective novatrice et exhaustive sur l’hétérogénéité neurocognitive sous-jacente à la délinquance. Or, la variabilité interindividuelle des systèmes neurobiologiques étudiés dans cette thèse reste à être identifiée, de manière à découvrir des cibles thérapeutiques prometteuses pour réduire le risque de délinquance. / Background. The etiology of antisocial behaviors remains largely misunderstood. Antisocial population is characterized as highly heterogeneous, therefore indicating that several biopsychosocial mechanisms may increase or reduce the risk for delinquency during human development. Aim. The principal aim of this thesis is to identify these mechanisms underlying delinquent behaviors through different yet complementary method: developmental trajectories, task-based brain activity, brain connectivity at rest as well as the study of brain lesions. Methodology. To do so, a first study was conducted by reanalyzing cohort data from the Quebec Longitudinal Study of Child Development (n=1,309). Latent growth curve models allowed to identify subgroups of children exhibiting developmental trajectories of psychological traits (i.e., callous-unemotional traits, anxio-depressive traits, irritability and hyperactivity/impulsivity) that are at risk for antisocial behaviors during childhood and adolescence. Also, two meta-analyses of neuroimaging studies (71 and 147 studies) were carried out to highlight main deficits in brain activity underlying distinct neurocognitive systems as well as their similarity with other psychiatric disorders. Moreover, a third meta-analysis (18 studies) is presented to better understand whether antisocial subjects may exhibit brain connectivity at rest. In order to overcome limitations of past studies examining resting-state functional connectivity, a cross-sectional study was performed on 1,416 children and adolescents derived from the Healthy Brain Network in the United States. Additionnally to examine reliability of meta-analytic findings, this study was conducted in order to better understand the role of the interaction between neurobiological systems in our understanding of antisocial behaviors. Finally, a recent literature review carried out by American researchers highlighted 17 cases during which focal brain lesions were temporally associated with emergence of antisocial behaviors. By reconstructing images of these brain lesions, meta-analytic coactivation modelling was conducted in order to recreate neurobiological systems which would possibly be the origins of delinquent acts. Results. The results observed in this thesis support the crucial role of callous- unemotional traits in our understanding of the risk for delinquency, but also suggest that the developmental interaction between psychological markers increases up to 10 times this risk. On a neurobiological ground, results revealed that individuals that have committed antisocial behaviors were mainly characterized by dysfunctions in brain regions involved in cognitive control, threat detection as well as social cognition. In comparison to attention-deficit/hyperactivity disorder and anxiety and depressive disorders, conduct disorder was similarly associated with dysfunction in regions related to emotion regulation and somatomotor functions. Moreover, the results suggest that antisocial population may be characterized by dysconnectivity between socio-affective and attentional processes and between somatomotor and attentional processes as well as those involved in salient detection mechanism. Finally, brain lesions may cause antisocial behaviors by three neurobiological mechanisms, notably by disrupting the reward network (frontal lesions), the network involved in negative emotion processing (temporal lesions) and the emotional face processing (amygdala lesions). Conclusions. The results of the work presented in this thesis support the importance of studying the heterogeneity in neurocognitive systems for our understanding of antisocial behaviors. On the one hand, these results highlight the role of neurobiological systems of negative valence (related to anxiety and irritability), cognitive systems (related to hyperactivity/impulsivity and inattention) and social cognition (related to callous-unemotional traits). On the other hand, the results underline the limited contribution of positive valence system, but a prominent role of sensorimotor system (related to action and motor control). The current thesis offers a novel and exhaustive perspective on the heterogeneity of neurocognitive systems underlying delinquent behaviors. The interindividual variability of these systems is yet to be unveiled in order to uncover promising targets for treatment in a hopeful aim to reduce risk for delinquency.
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Évaluation d’une intervention «Une seule santé» pour réduire le risque de maladie de Lyme dans une municipalité endémiquePotes, Liliana 12 1900 (has links)
Une intervention préventive « Une seule santé » intégrant des composantes environnementales et communautaires pour la prévention et la réduction du risque de la maladie de Lyme a été réalisée dans une municipalité de la province du Québec, au Canada. La maladie de Lyme est la maladie vectorielle la plus fréquente en Amérique du Nord. Transmise à l’humain par la piqûre d’une tique infectée par la bactérie Borrelia burgdorferi, cette maladie se propage vers le nord du territoire canadien, par le déplacement des vecteurs et hôtes de la maladie influencés principalement par les changements climatiques. L’approche « Une seule santé » représente un moyen innovant pour faire face à la problématique. Cette approche repose sur l’idée que relier la santé humaine, animale et environnementale permet de mettre en œuvre des programmes plus efficaces qui apportent de meilleurs résultats pour améliorer la santé publique. Ce projet de maîtrise est une première étude d’évaluation d’une intervention « Une seule santé » qui utilise une approche participative et d'engagement communautaire.
Le premier objectif du projet était d’évaluer, à l’aide d’une étude transversale, si les niveaux de connaissances, d'attitudes et de pratiques concernant les tiques et la maladie de Lyme étaient différents entre les citoyens de Bromont qui ont participé ou non à l'intervention. La méthodologie utilisée était quantitative. Les résultats suggèrent qu’il y a une association positive entre la perception de l’efficacité des mesures préventives et l’adoption de ces mesures quand il y a une participation à l’intervention. Le deuxième objectif était l’évaluation de la mise en œuvre de l’intervention à partir de sept indicateurs de performance de qualité. La méthodologie utilisée était un devis mixte, principalement qualitative. Les résultats démontrent que la mise en œuvre de l’intervention intégrée, elle a été perçue comme pertinente, utile et originale par les résidents. L’approche participative et l’engagement communautaire utilisés pour l’intervention étaient considérés comme des bons moyens de responsabiliser les citoyens en matière de prévention. La participation de la communauté dans l’intervention a permis de cibler les besoins spécifiques des résidents de la région relatifs à la maladie de Lyme.
Le développement d’une intervention dans le contexte de la prévention de la santé en partenariat avec la municipalité, la communauté, les entités de recherche et la santé publique est bien apprécié. De plus, le projet a permis de documenter le travail en collaboration avec la municipalité et la communauté pour mieux planifier et développer les futures interventions adaptées à la population et à la problématique. / A "One Health" preventive intervention integrating environmental and community components for the prevention and risk reduction of Lyme disease was implemented in a municipality in the province of Quebec, Canada. Lyme disease is the most common vector-borne disease in North America. Transmitted to humans by the bite of a tick infected with the bacterium Borrelia burgdorferi, this disease is spreading northward in Canada, through the movement of vectors and hosts of the disease, mainly influenced by climate change. The "One Health" approach represents an innovative way to address this issue. This approach is based on the idea that linking human, animal, and environmental health allows for more effective programs that lead to better public health outcomes. This master's project is an initial evaluation study of a "One Health" intervention that uses a participatory and community engagement approach.
The first objective of the project was to assess, through a cross-sectional study, whether the levels of knowledge, attitudes and practices regarding ticks and Lyme disease differed between Bromont citizens who did and did not participate in the intervention. The methodology used was quantitative. The results suggest that there is a positive association with the perception of the effectiveness of preventive measures and the adoption of these measures when there is participation in the intervention. The second objective was to evaluate the implementation of the intervention using seven quality performance indicators. The methodology used was a mixed-methods, primarily qualitative. The results show that the implementation of the integrated intervention was perceived as relevant, useful, and original by the residents. The participatory approach and community engagement used in the intervention were considered good ways to empower citizens in prevention. Community involvement in the intervention helped to target the specific needs of residents related to Lyme disease.
The development of an intervention in the context of health prevention in partnership with the municipality, the community, research entities and public health is well appreciated. In addition, the project documented the collaborative work with the municipality and the community to better plan and develop future interventions adapted to the population and the issue.
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L'influence de la compétition alimentaire, des pressions de prédation, d'infanticide et de copulation sur les comportements dirigés vers soi des femelles Colobus vellerosusSt-Onge, Charlotte 12 1900 (has links)
Les comportements dirigés vers soi (CDS) tels que l'autotoilettage, les grattements et les bâillements peuvent être des indicateurs indirects de stress chez les mammifères. Comprendre si ces comportements associés au stress coïncident avec des facteurs de stress sociaux ou écologiques devrait permettre d'identifier les éléments de la vie en groupe qui causent plus de stress chez les femelles. Pour déterminer les pressions de la vie en groupe pouvant générer du stress chez les femelles Colobus vellerosus à Boabeng-Fiema Monkey Sanctuary (BFMS), au Ghana, j’ai cherché à savoir si les CDS variaient selon : H1) La compétition alimentaire, qui peut augmenter en intensité avec le nombre de congénères qui sont en compétition pour les mêmes ressources nutritionnelles ; H2) La pression de prédation, qui peut augmenter avec un nombre total d'individus moins élevé, car cela réduit la détection des prédateurs; H3) Le risque d'infanticide, qui augmente avec le nombre de mâles adultes et les renversements de pouvoir par les mâles, car les relations de dominance masculine sont souvent contestées dans les groupes multimâles ; et H4) La pression de copulation, qui augmente lorsque les femelles sont en oestrus et s'engagent dans des comportements sexuels, ce qui peut conduire les mâles à être agressifs et coercitifs envers elles. Pour ce faire, j'ai utilisé des données longitudinales sur les grattements, l’autotoilettage et les bâillements collectées auprès de 64 femelles adultes à BFMS de 2004 à 2019. J'ai comparé les taux mensuels de CDS des femelles en fonction de la taille des groupes, de l'interaction entre le nombre de mâles et la survenue ou non d'un renversement par les mâles, et de la présence de comportements sexuels féminins. Alors que l'autotoilettage et le bâillement ne variaient pas de manière significative en fonction de nos variables, les femelles se grattaient davantage au cours des mois où il y avait plus de mâles et/ou un renversement (équations d'estimation généralisées : P < 0,05), ainsi que lorsqu'elles ont exprimé plus de comportements sexuels (P < 0,05). Ces résultats soutiennent les hypothèses du risque d'infanticide et de la pression de copulation suggérant que les stratégies reproductives des mâles expliquent le mieux le stress chez les femelles. Ceci apporte une évidence supplémentaire que la pression d'infanticide, déjà connue pour influencer la composition des groupes et le développement de la progéniture chez C. vellerosus, affecte les comportements des femelles et leur réponse au stress. Cela permet donc une meilleure compréhension de la socialité chez les primates par l’étude des facteurs de stress vécus par les femelles qui déterminent, dans une certaine mesure, la formation des groupes. / Self-directed behaviors (SDB) such as self-grooming, scratching, and yawning can be indirect stress indicators in mammals. Understanding whether behaviors associated with stress co-occur with social or ecological pressures can help identify the elements of group life that cause more stress for females. To determine which pressures of group-living may lead to stress in female Colobus vellerosus at Boabeng-Fiema Monkey Sanctuary (BFMS), Ghana, I investigated whether SDBs varied according to: H1) Feeding competition, which may increase in intensity with the number of conspecifics competing for the same nutritional resources; H2) Predation pressure, which may increase with fewer total individuals, as this reduces predator detection; H3) Infanticide risk, which increases during male group take-over and with the number of adult males because male dominance relationships are often contested in multi-male groups in this population; and H4) Mating pressure, which increases when females are in estrus and engage in copulations, and may lead to males being aggressive and coercive toward females. I used longitudinal data on three SDBs, namely scratching, self-grooming and yawning, by 64 adult females at BFMS from 2004 to 2019. I compared female monthly SDB rates according to group size, an interaction effect between the number of males and whether a male group takeover occurred, and the presence of female sexual behaviors. While self-grooming and yawning did not vary significantly with the predictor variables, females scratched themselves more during months in which more males were present and/or a takeover occurred (Generalized Estimating Equations: P < 0.05), as well as when more sexual behaviors occurred (P < 0.05). The results support the infanticide risk and mating pressure hypotheses and suggest that the reproductive strategies of adult males best explain female stress. This provides further evidence that infanticide pressure, already known to influence group composition and offspring development in C. vellerosus, affects female behaviors and their stress response. This allows a better understanding of sociality in primates by studying the stressors experienced by females that determine, to some extent, group formation.
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Association entre le risque génétique et l’agression physique à l’âge scolaire : le rôle médiateur des comportements externalisés et des expériences adverses précocesBouliane, Mélanie 05 1900 (has links)
Il y a consensus qu’approximativement la moitié des différences individuelles liées à l’agression physique sont héritées. Cependant, les premières manifestations comportementales et sociales de cette propension génétique demeurent inconnues. Cette étude vise à tester l’hypothèse selon laquelle, les scores polygéniques liés à l’agression (SPGAG) et au trouble du déficit de l’attention/hyperactivité (TDAH; SPGTDAH), tous deux ayant précédemment été associés à l’agression physique à l’âge scolaire, se manifesteraient d’abord par des comportements externalisés et des expériences adverses à la petite enfance. Les données génétiques de 718 participants (44,6 % garçons) de l’Étude longitudinale du développement des enfants du Québec (ELDEQ) ont été utilisées pour estimer les SPGs. L’agression physique à l’âge scolaire a été rapportée à six reprises entre 6 et 13 ans par des enseignants indépendants. Les mères ont rapporté les comportements externalisés (agression physique, hyperactivité, opposition) et les expériences adverses (difficultés avec les pairs, pratiques parentales hostiles et coercitives) à trois occasions entre l’âge de 3½ et 5 ans. Les résultats indiquent que ces deux SPGs prédisent l’agression physique à l’âge scolaire. Néanmoins, seules les difficultés avec les pairs expliquent l’association entre le SPGAG et l’agression physique. L’hyperactivité, l’opposition et les pratiques parentales hostiles et coercitives sous-tendent toutes, de façon séparée, l’association entre le SPGTDAH et l’agression physique à l’âge scolaire, bien que seule l’hyperactivité ait une contribution unique lorsque ces construits sont examinés simultanément. Ces résultats contribuent à décrire comment l’étiologie génétique liée à l’agression physique se manifeste à la petite enfance, identifiant ainsi des cibles précoces d’intervention. / There is now a consensus in the literature suggesting that approximately half of the individual differences related to physical aggression (PA) are inherited. However, the behavioral and social early manifestations of this genetic propensity remain unknown. This study aims to test the hypothesis that polygenic scores related to aggression (PGSAGG) and attention deficit hyperactivity disorder (ADHD; PGSADHD), both of which were previously shown to be associated with PA during school-age, would be first phenotypically expressed as externalized behaviors and adverse experiences in early childhood. The genetic data of 718 participants (44,6% boys) from the Quebec Longitudinal Study of Child Development (QLSCD) were used to estimate the SPGs. PA in school age was reported up to six times between 6 and 13 years old by independent teachers. Externalized behaviors (PA, hyperactivity, opposition) and adverse experiences (difficulties with peers, harsh and coercive parenting practices) were reported by mothers on three occasions between the ages of 3½ and 5 years old. Results indicate that both SPGs predicted PA in school age. However, only difficulties with peers explain the association between PGSAGG and PA. Hyperactivity, opposition, and harsh and coercive parenting practices in early childhood all separately partially mediated the association between PGSADHD and PA in school age, although only hyperactivity has a unique contribution when these constructs are examined simultaneously. These findings contribute to describing how PA measured genetic etiology ascertained by the PGS come to be first phenotypically expressed in early childhood, identifying early intervention targets for interventions.
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L’association entre la perception du risque à l’égard du VIH, les comportements sexuels et l’utilisation de la PrEP d’hommes gbHARSAHCharron, Mélanie 05 1900 (has links)
La PrEP pourrait avoir un impact sur la perception du risque du VIH et ainsi influencer les comportements sexuels d’hommes gais, bisexuels et autres hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (gbHARSAH). Les buts de l’étude étaient 1) de comparer les caractéristiques sociodémographiques, les habitudes de vie, les comportements sexuels et relationnels, les antécédents d’infections transmissibles sexuellement et des facteurs psychosociaux liés à la prise de risque d’hommes gbHARSAH en fonction de la perception du risque du VIH et 2) d’examiner l’association entre cette perception du risque et les relations anales sans condom (RASC) selon l'utilisation de la PrEP. Cette étude descriptive corrélative consistait en une analyse secondaire de l’étude ENGAGE réalisée auprès de 945 hommes gbHARSAH. Comparativement au groupe qui se percevait moins à risque du VIH (n = 773), celui qui se percevait plus à risque (n = 172) différait quant aux comportements sexuels. Dans l’analyse non stratifiée, le risque perçu élevé du VIH était associé aux RASC (RC = 2,87; 95 % IC = 1,84 - 4,47) et l’utilisation de la PrEP était associée aux RASC (RC = 12,75; 95 % IC = 3,43 - 47,41). Dans l’analyse stratifiée, parmi les hommes qui n’étaient pas sous PrEP, seule l’association entre le risque perçu élevé du VIH et des RASC était maintenue (RC = 2,91; 95 % IC = 1,86 - 4,57). Cette étude montre l’influence de la perception du risque sur les comportements sexuels, suggérant ainsi la pertinence d’une approche globale de la prévention du VIH. / PrEP may impact self-perceived risk for HIV infection and influence the sexual behaviors among gay, bisexual and other men who have sex with men (gbMSM). The aims of this study were 1) to compare the sociodemographic characteristics and lifestyles, sexual and relational behaviors, history of sexually transmitted and blood-borne infections, and psychosocial factors related to risk-taking behaviors of gbMSM according to self-perceived risk for HIV infection, and 2) to examine the association between self-perceived risk for HIV infection and condomless anal intercourse (CAI) according to PrEP use. This descriptive and correlational study was a secondary analysis of data collected by the ENGAGE study which involved 945 gbMSM. Compared with gbMSM with lower self-perceived risk for HIV (n = 773), those with higher self-perceived risk (n = 172) differed in terms of sexual behaviors. An unstratified analysis showed high self-perceived risk for HIV infection to be associated with CAI (aOR: 2.87, 95% CI: 1.84–4.47) and PrEP use to be associated with CAI (aOR: 12.75, 95% CI: 3.43–47.41). A stratified analysis by PrEP use showed that, among gbMSM who did not use PrEP, only the association between high self-perceived risk for HIV infection and CAI was maintained (aOR: 2.91, 95% CI: 1.86–4.57). This study reveals the influence of risk perception on sexual behaviors and highlights the importance of a global approach to prevention of HIV infection.
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Évaluation de l’efficacité du programme The Family Game sur les stratégies parentales positives auprès de parents présentant une déficience intellectuelleTremblay, Joany 04 1900 (has links)
Contrairement aux parents de la population générale, ceux présentant une déficience intellectuelle (DI) sont plus à risque d’être référés à la protection de la jeunesse, ainsi que de perdre la garde de leur enfant. Malgré que plusieurs programmes d’intervention parentale soient disponibles pour soutenir les parents, la plupart ne sont pas adaptés au fonctionnement d’apprentissage des personnes présentant une DI. Le programme The Family Game est un outil conçu spécifiquement pour les parents présentant une DI dans le but d’enseigner des stratégies parentales positives et d’augmenter la coopération de l’enfant. Sous forme de jeu, le programme enseigne trois stratégies parentales : a) donner des consignes claires, b) renforcer les comportements coopératifs et c) corriger les comportements inappropriés de l’enfant. Une première étude expérimentale a évalué le programme The Family Game auprès de deux mères présentant une DI et ayant un enfant âgé de 10 et 14 ans (Tahir et al., 2015). Les résultats suggèrent une amélioration des stratégies parentales enseignées chez les mères et des résultats variables quant à la généralisation des apprentissages. Dans cette perspective, d’autres études expérimentales sont nécessaires afin de mesurer les effets de ce programme.
Ce projet de mémoire visait à évaluer l’efficacité du programme The Family Game sur les stratégies parentales positives auprès de parents présentant une DI. Un couple de parents présentant une DI légère et une DI moyenne et ayant un enfant âgé de 3 ans ont complété l’étude. Un protocole à niveaux de base multiples en fonction des stratégies parentales à enseigner a été utilisé pour évaluer les effets du programme. Les résultats de cette étude sont similaires aux résultats de la recherche menée par Tahir et al. (2015). Ils indiquent une amélioration de l’utilisation des trois stratégies parentales chez le couple et un maintien des apprentissages un mois après le programme. La généralisation des apprentissages était toutefois variable chez les deux parents. En somme, le programme The Family Game montre des résultats encourageants auprès des parents présentant une DI. Cependant, des stratégies supplémentaires, comme la rétroaction par vidéo, devraient être intégrées au programme afin de favoriser la généralisation des apprentissages. / Unlike parents in the general population, parents with an intellectual disability (ID) are more at risk of being referred to youth protection as well as losing custody of their child. Although several parental intervention programs are available to support parents, most are not adapted to the learning functioning of individuals with ID. The Family Game is a training program designed specifically for parents with ID for improving the cooperation of the child by teaching positive behavior management strategies. The program uses a board game format to teach three parenting strategies: a) providing clear instructions, b) reinforcing cooperative behaviors, and c) correcting inappropriate behaviors. A first experimental study evaluated The Family Game program with two mothers with ID and children aged 10 and 14 (Tahir et al., 2015). The results suggest an improvement in the parenting strategies taught and variable results regarding the generalization of learning. Thus, further experimental studies are needed to measure the effects of this program.
The purpose of this study was to evaluate the effectiveness of The Family Game program on positive parenting strategies of parents with an ID. A couple of parents with mild and moderate ID with a 3-year-old child participated in the study. A multiple baseline design across skills was used to assess program effects. The results of the study are similar to those reported by Tahir et al. (2015). We observed improvements in the use of the three parenting strategies by the father and the mother as well as maintenance of learning one month after the program. However, the generalization of learning remained variable for both parents. In sum, The Family Game program shows promising results with parents with ID. However, additional strategies, such as video feedback, should be integrated into the program to support generalization.
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Comparaison de l’activité électrocorticale chez des patients atteints du Syndrome de Gilles de la Tourette, des comportements répétitifs centrés sur le corps et du trouble obsessionnel compulsifDesfossés-Vallée, Sarah 12 1900 (has links)
Le syndrome de Gilles de la Tourette (SGT), le trouble obsessionnel compulsif (TOC) et les comportements répétitifs centrés sur le corps (CRCC) sont trois troubles qui présentent de nombreuses similarités, autant d’ordre phénoménologique que neuroanatomique et fonctionnel. Toutefois, malgré une recension des écrits pointant vers un possible spectre incluant ces trois troubles, les études qui ont contrasté ceux-ci se font peu nombreuses. Étudier les processus cognitifs affectés dans chacune de ces conditions cliniques permettrait alors d’offrir une meilleure compréhension des différences et des similarités entre celles-ci. D’ailleurs, l’utilisation des potentiels évoqués comme technique d’imagerie cérébrale offre l’avantage de mesurer l’activité cérébrale avec une excellente résolution temporelle. Les composantes de potentiels évoqués permettent alors de refléter certains processus cognitifs, notamment les processus attentionnels et mnésiques, qui sont connus comme étant potentiellement affectés dans ces trois troubles. Notre objectif était donc de comparer l’amplitude de trois composantes (P200, N200 et P300) entre des groupes de participants atteints du SGT (n=24), du TOC (n=18) et des CRCC (n=16), qui ont tous été appariés à un groupe contrôle (n=59) dans une tâche de oddball visuelle cognitive. Nos résultats n’ont d’abord montré aucune différence intergroupe pour la P200 et la N200 lorsqu’on contrôle pour les symptômes anxio-dépressifs, ce qui laisse présager que les processus cognitifs reflétés par ces composantes sont intacts dans ces populations cliniques. En ce qui a trait à la composante P300, nos résultats ont montré une diminution de l’effet oddball P300 pour les groupes SGT et TOC comparativement au groupe contrôle, alors qu’un effet oddball intact a été observé pour le groupe CRCC. Les analyses de localisation de sources ont révélé des activations dans le gyrus lingual et le gyrus occipital moyen pour le groupe TOC, ce qui le distingue des deux autres groupes cliniques et du groupe contrôle. En effet, ceux-ci ont plutôt montré des activations dans le cortex cingulaire pour la génération de cet effet oddball. Ainsi, il semblerait que les groupes SGT et TOC présentent des déficits dans la mémoire de travail, tels que dégagés par les altérations de la composante P300, mais que des régions cérébrales différentes soient impliquées dans la génération de ces activations anormales. / Tourette Syndrome (TS), Obsessive-Compulsive Disorder (OCD) and Body-Focused
Repetitive Behaviors (BFRB) are three disorders that share many similarities in terms of
phenomenology, neuroanatomy and functionality. However, despite a literature review pointing
towards a possible spectrum including these three disorders, only a few studies compared them
in the same context. Studying the cognitive processes affected by these clinical conditions would
provide a better understanding of their differences and similarities. Moreover, using EventRelated Potentials (ERP) as a brain imaging technique offers the advantage of measuring brain
activity with excellent temporal resolution. The ERP components can then reflect specific
cognitive processes, notably attentional and memory processes, which are known to be
potentially affected in these three disorders. Our aim was, therefore, to compare the amplitude
of three ERP components (P200, N200, and P300) across groups of participants with TS (n=24),
OCD (n=18), and BFRB (n=16), all of whom were matched to a control group (n=59), in a
cognitive visual oddball task. Our results initially showed no group differences for the P200 and
N200 when controlling for anxiety and depressive symptoms, suggesting that the cognitive
processes reflected by these components are intact in these clinical populations. Concerning the
P300 component, our results showed a decrease in the P300 oddball effect for the SGT and OCD
groups compared to the control group, whereas an intact oddball effect was observed for the
BFRB group. Furthermore, source localization analyses revealed activations in the lingual and
middle occipital gyrus for the OCD group, distinguishing it from the other two clinical groups
and the control group. Indeed, these groups showed activations in the cingulate cortex to
generate this oddball effect. Thus, it seems that the TS and OCD groups show deficits in working
memory, as revealed by alterations in the P300 component, but those different brain regions are
involved in generating these distinct activations.
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Évaluation de l’effet des commotions cérébrales sur les processus de régulation des émotions et la réactivité émotionnelle des combattants sportifsSauvé, William 04 1900 (has links)
Au cours des dernières années, les commotions cérébrales d’origine sportive (CCOS) dans les sports de combat ont suscité un intérêt croissant de la part du public et de la communauté scientifique en raison de leur fréquence ainsi que de leurs conséquences parfois dramatiques et saisissant. Bien que ce genre de blessure affecte presque toutes les régions du cerveau, certaines régions semblent plus vulnérables que d’autres et plus souvent affectées. En étudiant ces régions, certains chercheurs ont remarqué que les CCOS ont un impact principalement sur les mêmes régions du cerveau que celles impliquées dans la régulation des émotions (RÉ) et la réactivité émotionnelle (RéaÉ). Étant donné leur rôle dans l’affect d’une personne, il est possible que les processus de RÉ et de la RéaÉ jouent un rôle dans l’apparition de symptômes psychologiques. Des dysfonctionnements dans les processus de régulation des émotions et les processus de réactivité émotionnelle peuvent même être au cœur du développement et du maintien de nombreux troubles mentaux tels que les troubles de l’humeur, la labilité émotionnelle, l’anxiété et la dépression. Afin de favoriser le dépistage précoce des troubles émotionnels post-CCOS, d’optimiser les stratégies thérapeutiques, et réduire les risques de troubles émotionnels à long terme ainsi que d’améliorer la prise en charge de ces troubles le cas échéant, il est crucial de mieux comprendre les altérations des processus de RÉ et de RéaÉ par les CCOS.
Dans ce contexte, cette thèse a comme objectif d’examiner les conséquences des CCOS sur les processus de RÉ et de la RéaÉ dans une population de combattants sportifs et d’artistes martiaux de plusieurs façons. Plus précisément, à l’aide de mesures subjectives (questionnaires) et objectives (mesures comportementales et physiologiques), nous vérifierons l’existence de perturbations des processus de RÉ et de RéaÉ puis nous mesurerons de façon objective ces perturbations lors de deux articles.
Le premier article de cette thèse a comme objectif d’identifier les différences entre les processus de RÉ d’athlètes en sports de combat ayant un antécédent de commotion cérébrale de ceux qui n’en ont pas subi. Les résultats indiquent que les athlètes de sports de combat développent une plus grande susceptibilité aux événements négatifs de la vie, ce qui pourrait potentiellement les amener à développer une aversion au risque. Ils ne semblent cependant pas conscients que leurs processus de RÉ fonctionnent différemment de ceux du groupe contrôle lorsqu’ils sont confrontés à des situations négatives.
Le deuxième article vise à mieux comprendre l’impact des commotions cérébrales sur les processus de RéaÉ d’athlètes en sports de combat. Les résultats indiquent que même si les athlètes ne rapportent pas de changements dans leurs RéaÉ, ils sont moins réactifs sur le plan physiologique dans certains contextes sociaux complexes un an après la blessure.
Mises ensemble, nos études sur les processus de RÉ et de RéaÉ chez les combattants sportifs ayant subi des commotions cérébrales ont mis en évidence que même si l’expérience subjective des émotions chez ces athlètes est similaire à celle d’un groupe témoin, il y existe des différences dans les comportements et les réactions physiologiques émotionnelles à la suite de la blessure. Ces différences restent en dessous du seuil clinique, mais sont statistiquement visibles jusqu’à un an après la blessure.
Cette thèse démontre l’importance d’améliorer notre compréhension de l’impact des CCOS sur l’affect des individus, un aspect souvent négligé malgré son importance dans la qualité de vie des personnes touchées par une CCOS. Elle démontre aussi qu’il est crucial d’utiliser plusieurs angles de recherche lors de l’étude des altérations des processus de RÉ et de RéaÉ.
Cette thèse met aussi en évidence plusieurs pistes de recherche pour l’étude de l’impact des CCOS sur les processus affectifs. En effet, nos résultats illustrent l’importance d’étudier les processus affectifs dans leur ensemble, plutôt que de se concentrer sur des concepts individuels tels que l’humeur ou l’émotion. Ils montrent aussi qu’il faut que les futurs chercheurs fassent bien la distinction entre les différents concepts affectifs et les définissent de manière systématique. Enfin, cette thèse souligne que les études futures devraient plus souvent examiner les effets des commotions cérébrales dans des situations de la vie réelle et plus chargée en émotions. Ces études permettront en fin de compte d’en apprendre plus sur le fonctionnement des processus affectifs suivant une CCOS, ce qui permettrait d’optimiser les interventions cliniques et offrir des conditions favorables au rétablissement des athlètes et à leur épanouissement. / In recent years, sports-related concussions (SRC) in combat sports have attracted increasing
interest from the public and the scientific community due to their frequency as well as their
sometimes dramatic and startling consequences. Although this type of injury affects almost all
regions of the brain, some regions seem to be more vulnerable than others and more often
affected. In studying these regions, some researchers have noted that SRCs impact primarily the
same brain regions involved in emotion regulation (ER) and emotional reactivity (REa). Given
their role in a person's affect, it is possible that both ER and REa processes play a role in the
development of psychological symptoms. Dysfunctions in emotion regulation and emotional
reactivity processes may even be central to the development and maintenance of many mental
disorders such as mood disorders, emotional lability, anxiety and depression. In order to
promote early detection of post-SRC emotional disorders, to optimize therapeutic strategies, and
to reduce the risk of long-term emotional disorders as well as to improve the management of
these disorders when they occur, it is crucial to better understand the alterations of ER and REa
processes by SRC.
With this in mind, the purpose of this dissertation is to examine the impact of SRCs on ER and
REa processes in a population of sport fighters and martial artists in several ways. Specifically,
using subjective (questionnaires) and objective (behavioral and physiological measures)
measures, we will verify the existence of disruptions to the processes of ER and REa and then
objectively measure these disruptions in two papers.
The first paper in this thesis aims to identify differences in the ER processes of combat sports
athletes with a history of concussion and those without. The results indicate that combat sports
athletes develop a greater susceptibility to negative life events, which could potentially lead
them to develop risk aversion. However, they do not appear to be aware that their ER processes
function differently than those of the control group when faced with negative situations.
The second paper aimed to better understand the impact of concussions on the REa processes
of combat sport athletes. The results indicate that although athletes do not report changes in their
REa, they are less physiologically responsive in certain complex social contexts one year after
injury.
Taken together, our studies of ER and REa processes in concussed sport fighters have
highlighted that although the subjective experience of emotion in these athletes is similar to that
of a control group, there are differences in emotional behaviors and physiological responses
following injury. These differences remain below the clinical threshold, but are statistically
evident up to one year post-injury.
This thesis demonstrates the importance of improving our understanding of the impact of SRCs
on individual affect, an aspect that is often overlooked despite its importance in the quality of
life of those affected by an SRC. It also demonstrates that it is crucial to use multiple research
angles when studying alterations in the ER and REa processes. This thesis also highlights several avenues of research for studying the impact of SRC on
affective processes. Indeed, our results illustrate the importance of studying affective processes
as a whole, rather than focusing on individual concepts such as mood or emotion. They also
demonstrate the need for future researchers to clearly distinguish between different affective
concepts and define them in a systematic way. Finally, this thesis emphasizes that future studies
should more often examine the effects of concussions in real-life, more emotionally charged
situations. Ultimately, these studies will allow us to learn more about the functioning of affective
processes following SRC, which would allow us to optimize clinical interventions and provide
conditions that are conducive to athletes' recovery and development.
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