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Rawlsian justice and the challenge of diversityMorris, Rachel 08 1900 (has links)
Ce mémoire examine le rôle de la diversité dans une conception de la justice. Je débute en considérant l’abstraction de la différence impliquée dans le raisonnement utilisé pour arriver à une conception de la justice. Par la suite j’évalue le rôle des différences des groupes sociaux dans l’application des principes de justice, en considérant si la justice exige des droits individuels ou si les groupes peuvent revendiquer des droits différenciés. Ce mémoire utilise la position originale de John Rawls pour évaluer la première question, et sa conception de la personne et des groupes sociaux pour examiner la deuxième. Je soutiens que nous pouvons et devrions utiliser l’abstraction de la position originale, tant que nous sommes conscients de ses limites. Bien que sa conception politique de la personne soit également utile pour la défense des droits individuels, sa conception du groupe social n’est pas appropriée pour les groupes culturels ou historiquement opprimés, car il repose trop lourdement sur la notion d’association volontaire. J’analyse l’argument de Will Kymlicka concernant les droits minoritaires et j’enrichis la théorie de Rawls en ajoutant l’inégalité entre groupes. Je termine en examinant les problèmes concernant les minorités à l’intérieur des groupes minoritaires et conclue que les droits minoritaires ne sont justifiées que lorsqu’ils sont compatibles avec les droits individuels, et non pas quand ils renforcent une autre inégalité. Par conséquent, même si l’abstraction au niveau théorique est justifiée, les droits des groupes minoritaires exigeront qu’on porte une attention aux différences entres groupes, ainsi qu’à l’intérieur de ceux-ci. / This thesis examines the role of diversity in a conception of justice. I begin by considering the abstraction from difference involved in the reasoning used to arrive at a conception of justice. I then evaluate the role of social group difference in the application of principles of justice, considering whether justice demands principles that are the same for all in the form of individual rights or whether groups can claim differentiated rights. This thesis uses John Rawls’s original position to evaluate the first question, and his account of the self and social group to discuss the second. I argue that we can and should use the abstraction of the original position, so long as we are aware of its limits. While Rawls’s political conception of the self is also useful for defending individual rights, his account of the social group is inappropriate for cultural or historically oppressed groups, as it relies too heavily on the notion of voluntary association. I follow Will Kymlicka’s argument for minority rights and extend Rawls's theory to consider inequality between groups. I close by considering concerns regarding minorities within minorities, and conclude that minority rights are only justified when they are consistent with individual rights, not when they reinforce a different inequality. Therefore, even though the abstraction at the theoretical level is justified, minority rights for groups will require attention to the differences between groups, as well as within them.
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Les droits fondamentaux des animaux : une approche anti-spécisteGiroux, Valéry 08 1900 (has links)
Dans cette thèse, nous partons des grands principes de justice pour démontrer la nécessité d’octroyer aux êtres sensibles nonhumains les droits moraux et légaux les plus fondamentaux.
Dans un premier temps, nous nous penchons sur les principes sous-jacents aux droits fondamentaux de la personne : le principe d’égalité voulant que les cas similaires soient traités de manière similaire; la notion de droit fondamental, qui repose sur celle d’intérêt; le principe de l’égale considération des intérêts auquel mène le principe d’égalité; et, enfin, le concept d’intérêt, qui s’applique à tous les êtres sensibles. Cette première partie établit l’exigence d’accorder les droits les plus fondamentaux à tous les êtres possédant les intérêts que ces droits visent à protéger.
Cela permet d’étudier trois droits particuliers et les intérêts qui les sous-tendent en examinant d’abord le droit à l'intégrité physique. Nous montrons que de nombreux animaux nonhumains sont des êtres sensibles, que tous les êtres sensibles ont, par définition, intérêt à ne pas souffrir et que, pour cette raison, ils devraient jouir du droit à l’intégrité physique.
Le troisième chapitre est consacré au droit à la vie. Nous soutenons qu’il est raisonnable de supposer que tous les êtres sensibles, parce qu’ils peuvent jouir des bonnes choses de la vie, ont un certain intérêt à persévérer dans leur existence, intérêt qui, peu importe son intensité ou sa nature, doit être protégé par l’égal droit de vivre.
Notre dernier chapitre se concentre sur le droit à la liberté. Nous montrons que cet intérêt est généralement interprété négativement et ne consiste qu’à pouvoir agir sans subir d’interférence. Nous soutenons que cette acception du concept de liberté nous force à reconnaître l’intérêt à être libre de tous les êtres sensibles et notre devoir de leur accorder un droit à la liberté. Nous ajoutons finalement que l’interprétation républicaine de la liberté nous incite à reconnaître à tous ces animaux un statut égal à celui des humains.
Nous terminons cette réflexion en concluant que l'octroi des droits fondamentaux aux animaux sensibles implique que l’exploitation animale institutionalisée soit abandonnée et que les animaux conscients jouissent du statut de personne. / In this thesis, I use well-established principles of justice to demonstrate that there exists no valid moral reason to deny nonhuman sentient beings the most fundamental moral and legal rights.
I begin by going over the principles that will inform my discussion of these basic rights. I examine the principle of equality, which requires that similar cases be treated similarly; the notion of fundamental right, which is based on the concept of interest; the principle of equal consideration of interests, which the principle of equality entails; and, finally, the concept of interest, which is applicable to all sentient beings. This first section establishes the necessity of attributing the most fundamental rights to all beings who possess the basic interests these rights are designed to protect.
I then delve into an examination of the three most fundamental rights and the interests underlying these. First, I discuss the right to physical integrity, demonstrating that numerous nonhuman animals are sentient beings, and that all sentient beings, by definition, have an interest in not suffering.
Second, I examine the right to life. I argue that it is reasonable to assume that every sentient being, because he or she can benefit from the good things in life, has a certain interest in his or her continued existence. This interest, regardless of its intensity or nature, deserves to be protected by an equal right to life.
Third, I establish that the interest in being free is generally interpreted negatively; it simply consists of having the ability to act without interference. I argue that based on this conceptualization of liberty, all sentient beings have an interest in being free. I go on to explore the republican interpretation of freedom, suggesting that it provides further grounds for the recognition that nonuhuman sentient beings also have an interest in benefiting from the same moral and legal status as human beings.
I conclude that granting the right to physical integrity, life and freedom to all sentient beings implies that we abandon all forms of institutionalized animal exploitation and that we give to all conscious beings the equal status of person.
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Les inégalités sociales de santé, leur genèse et leur réduction : le rôle déterminant de la petite enfancePaquet, Ginette January 2004 (has links)
Thèse numérisée par la Direction des bibliothèques de l'Université de Montréal.
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Justice sociale et enseignement supérieur : une étude comparée en Angleterre, en France et en Suède / Social justice and higher education : a comparative study of England, France and SwedenCharles, Nicolas 14 June 2013 (has links)
La comparaison internationale sur laquelle repose la thèse vise à analyser la signification sociale que peut prendre la justice dans le cadre des études supérieures. Ce travail identifie les conceptions de justice, qui fondent la légitimité des inégalités dans l’enseignement supérieur, ainsi que les mécanismes sociaux qui mettent en acte cette recherche de justice en matière de formation, de financement des études, de sélection, et d’accès à l’emploi. Afin de souligner l’impact du contexte national sur la définition de la justice dans l’enseignement supérieur, cette thèse compare trois pays aux systèmes universitaires massifiés mais présentant des histoires et des structures variables : l’Angleterre, la Suède et la France. Fondée sur l’analyse d’enquêtes quantitatives (Eurostudent III et Reflex) et d’une soixantaine d’entretiens conduits auprès d’étudiants, ce travail témoigne de la cohérence des systèmes nationaux d’enseignement supérieur. Cette thèse explore ainsi, dans l’enseignement supérieur, les modèles d’action publique, traditionnellement analysés comme marchand en Angleterre, universaliste en Suède et académique en France. Elle met en lumière la façon dont les principes de justice (égalité, mérite, autonomie) sont articulés et interprétés, pour finalement consacrer un principe idéalisé dans chaque pays : l’autonomie individuelle en Angleterre, l’égalité sociale en Suède, la méritocratie scolaire en France. Ce travail permet ainsi de remettre en perspective la principale fonction sociale des études en France, à savoir faciliter l’insertion professionnelle, et de souligner la nature éminemment sociale de la caractérisation, comme justes ou injustes, des inégalités. / This thesis dissertation uses international comparison as an analytical tool for studying the very social meanings of justice in the context of higher studies. In doing so, it identifies the conceptions of justice that justify inequalities in higher education. It also explores the social mechanisms that implement the aim of greater justice on four issues of crucial importance to students: selection and admittance processes, transition to work, the pathways of studies and, finally, their financing. In an effort to underline the influence of national context on the definition of justice in higher education, the cases of three countries are considered: England, France and Sweden. All three have long-established mass-education systems; yet they present significant variance in terms of history and institutional structure. Combining quantitative analyses (Eurostudent III and Reflex) and the results of sixty or more interviews with students, this work confirms the consistency of national higher education systems. It explores, as for higher education, public action models traditionally described as marketised in England, universalistic in Sweden and academic in France. It shows how principles of justice (equality, merit, autonomy) are articulated and interpreted in a way that leads to the enshrinement of a particular idealised principle in each country: individual autonomy in England, social equality in Sweden, educational meritocracy in France. It also puts into perspective the main social function of higher studies in France, i.e. facilitating the transition to work, and highlights the eminently social nature of the characterisation, as just or unjust, of inequalities.
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La genèse du racial-féminisme. Race, classe et genre autour de Pia Sophie Rogge-Börner / The Genesis of Racial-Feminism. Race, Class and Gender in the work of Pia Sophie Rogge-BörnerMeyer, Jennifer 19 September 2014 (has links)
Dans la lignée des travaux sur l’intersectionnalité, cette thèse s’intéresse aux imbrications des catégories de « race », de classe et de genre ainsi qu’à l’articulation du féminisme, de l’antisémitisme et du racisme dans les écrits de Sophie Rogge-Börner (1878-1955). Ce travail dévoile d’abord les mécanismes de racialisation du rapport de pouvoir entre les sexes à l’œuvre tant dans l’établissement d’une équivalence entre « race » nordique et égalité des sexes que dans la construction du caractère « juif » du patriarcat. Il confronte ensuite le modèle explicatif de l’émergence de la domination masculine comme produit d’un métissage et symptôme d’une dégénérescence avec l’affirmation du caractère construit de la différence de sexe. Il étudie alors les revendications concrètes d’un discours qui faisait de l’émancipation féminine à la fois une potentialité circonscrite par l’appartenance raciale et la condition de réalisation du renouveau racial. Ce faisant, il montre que le recours à des catégories anhistoriques et essentialisées pouvait être au fondement d’un féministe certes égalitariste mais non-universaliste. Enfin, il s’intéresse à la pérennité de ces idées au sein de la Nouvelle Droite. En prenant le contrepied d’une définition normative du féminisme, ce travail montre comment un mouvement politique d’émancipation a pu d’une part produire de nouvelles exclusions et hiérarchisations entre les femmes et d’autre part fournir de nouveaux arguments au discours raciste et antisémite pendant la République de Weimar et le national-socialisme. Il met ainsi au jour une configuration spécifique de l’intrication entre domination de « race » et domination de genre. / Taking on the extensive debate on intersectionality, this doctoral thesis examines the interlocking of the categories race, class and gender as well as the articulation of feminism, anti-Semitism and racism in the writings of Sophie Rogge-Börner (1878-1955). Firstly, this project exposes the mechanisms of racialization of the power relations between the sexes which were at work in the production of an equivalence between the Nordic “race” and gender equality as well as in the ascribing of a “Jewish” character to patriarchy. The thesis then describes Rogge-Börner’s explanation for the advent of male domination as a result of racial mixing and degeneration and confronts it with her assertion of the constructed character of sexual difference. Furthermore, the project analyses the concrete demands of a discourse which presents female emancipation as a potential limited by racial origin as well as the condition for racial regeneration. The thesis shows that the reference to ahistorical and essentialist categories could be the basis for an egalitarian but non-universalist understanding of feminism. Finally, the project looks at the persistence of these ideas within the New Right.In consciously avoiding a normative definition of feminism, this thesis shows how a political emancipatory movement, on the one hand, produced new exclusions and hierarchies among women and, on the other hand, provided new arguments to the racial and anti-Semitic discourse during the Weimar Republic and the Third Reich. The thesis thus brings to light a specific intricacy of racial and sexual dominance.
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Egalité et justice sociale : une approche philosophique. / Equality and social justice : a philosophical approachPoiraud, Cyrielle 20 September 2018 (has links)
Cette thèse s’inscrit au sein de la littérature des théories modernes et contemporaines de la justice sociale, en s’intéressant plus particulièrement à la question de l’égalité et à la manière dont elle s’est affirmée en tant que préoccupation fondamentale pour ces théories. En s’appuyant essentiellement sur les travaux d’Amartya Sen, d’Emmanuel Levinas et de G.W.F. Hegel, il est suggéré que l’égalité constitue la condition de possibilité de la justice, et ainsi de la liberté, cette dernière étant affirmée comme l’objet de la justice. Ce travail tend également à envisager les limites d’une telle conception : le premier chapitre permet d’affirmer la relation d’interdépendance des valeurs de liberté et d’égalité au regard de la justice sociale en démontrant la nécessité d’un principe d’égalité par l’argument de la raison humaine. Le second chapitre approfondit l’argument de l’impartialité, tel que développé par Sen. De là, le troisième chapitre déploie la nécessité d’une médiation institutionnelle dans la lutte pour la reconnaissance, centrale aux questions de liberté, tout en montrant les insuffisances de l’égalité. Enfin, le dernier chapitre montre, à l’aide de Levinas les dérives totalisantes de l’égalité, malgré sa nécessité pratique, insistant par là même sur la nécessité d’une méthode dialectique pour penser la justice. Finalement, l’idée principale est d’investiguer la tension qui caractérise la justice sociale : la justice ne peut être réduite à l’égalité, bien que cette dernière soit supposée l’une de ses conditions nécessaires. / This thesis comes within the scope of the literature of modern and contemporary social justice theories, while focusing on the question of equality and the way it became a fundamental concern for these theories. Essentially relying on Amartya Sen’s, Emmanuel Levinas’ and GW.F. Hegel’s works, it suggests a conception of equality as the condition of possibility of justice, and thus of freedom, this one being assumed as the object of social justice. It also aims at foreseeing the limits of such a conception: the first chapter asserts the relation of interdependency that exists between the values of freedom and equality regarding distributive issues, by showing the necessity of a principle of equality through the argument of human reason. The second chapter deepens the argument of impartiality, as developed by Sen. From there, the third chapter deploys the necessity of an institutional mediation in the struggle for recognition, central to freedom issues, while showing the limits of the principle of equality. Finally, the last chapter, based on Levinas’ thought, displays the totalitarian drifts of equality, despite its practical necessity, thus insisting on the need of aVersion juillet 2016 3 / 2dialectical method to think of justice. Eventually, the main idea is to investigate the tension that seems to characterize social justice: justice cannot be reduced to equality, although it is assumed as one of its necessary conditions.
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Genre(s) et fonction(s) de direction : de nouvelles conjugaisons ? : l'exemple des directeurs de l'administration pénitentiaire / Gender and functional direction : new methods of conjugation ? : example of Directors of Prison AdministrationLe Roch, Christine 04 June 2015 (has links)
Les corps de direction de l’administration pénitentiaire, à l’instar des cadres de la fonction publique, connaissent un processus remarquable de féminisation. Bien que nombreuses - les directrices représentent environ 45% de l’encadrement - et très diplômées, elles restent rares à occuper des postes à hautes responsabilités et sont, au contraire, surreprésentées dans des activités de cadre intermédiaire. En ce sens, les directeurs pénitentiaires ne font pas figure d’exception dans les professions de l’encadrement de la fonction publique ou du secteur privé. Qu’il s’agisse des Directeurs des Services Pénitentiaires ou des Directeurs Pénitentiaires d’Insertion et de Probation, leurs parcours restent en conformité avec les rôles de sexes attribués aux hommes et aux femmes. Ces dernières, prioritairement assignées à la sphère familiale tentent de concilier au mieux carrière et vie privée tandis que les directeurs, dans les pas de leurs prédécesseurs, perpétuent le triptyque au fondement de leur identité professionnelle : autorité, mobilité, disponibilité. A l’appui d’une analyse quantitative exhaustive et d’une enquête par entretiens menée auprès de 22 personnels de direction, nous observons l’existence d’un plafond de verre et une distribution genrée des emplois, résultant de freins organisationnels et de représentations sexuées d’une fonction considérée encore comme masculine. Les différentes réformes qu’a connues l’administration pénitentiaire, visant à moderniser cette institution, ont introduit néanmoins des changements dans la manière d’exercer la fonction et ont probablement favorisé la féminisation du métier. Pour autant, ces avancées apparaissent encore trop ténues et récentes pour remettre en question les schémas d’une division sexuelle du travail séculaire et déverrouiller tous les accès à l’égalité professionnelle pour les femmes. La persistance des stéréotypes, réactivée par une mixité essentialisée, reste un obstacle majeur d’autant que la féminisation des corps de direction provoque des inquiétudes, et des résistances, plus ou moins visibles. / The management corps of prison administration, like public service management, is experiencing a remarkable process of feminization. Although numerous, female directors represent 45% of the managers and very qualified, they rarely hold high responsibility positions and are on the contrary over represented as middle managers. In this sense, prison authority directors are not an exception in public service administration or private sector management. Whether penitentiary service directors or integration and probation directors, their backgrounds are in accordance with the gender roles attributed to men and women. The later (women), primarily assigned to the family sphere, try to best conciliate career and private life whereas male managers following in the footsteps of their predecessors, perpetuate the three foundations of professional identity: authority, mobility, availability. In support of a comprehensive quantitative analysis and interviews conducted with 22 managers, we observe a glass of ceiling and gender distribution of jobs, resulting from organization brakes and gender representations for functions still considered as masculine. The various reforms experienced by the prison administration to modernize this institution, have nevertheless introduced changes in how to exercise the function and probably favored the feminization of the profession. However, these advances still appear too tenuous and recent to challenge the patterns of sexual division of labor unlock all access to equal opportunities for women. The persistence of stereotypes, reactivated by an essentialized mix, remains a major obstacle, especially as the feminization of the management profession causes concern and resistance, more or less visible.
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La rationalisation des dépenses fiscales en faveur des investissements immobiliers ultramarins des personnes physiques / The rationalization of tax expenditures in favor of the ultramarine real estate investments of natural personsCassam-Chenai, Natacha 05 December 2016 (has links)
Les dépenses fiscales permettant de favoriser les investissements immobiliers ultramarins des personnes physiques, établies depuis maintenant une trentaine d'années, risquent pourtant d'être effacées du paysage fiscal français : d'une part, la fin prévue de ces dépenses approche à grand pas et d'autre part, ces dépenses font l'objet de nombreuses critiques et une partie de la doctrine milite pour leur suppression, au motif, principalement, que ces dépenses violeraient le principe d'égalité et qu'elles seraient trop coûteuses et ainsi néfastes aux finances publiques, sachant que le niveau de la dette publique est préoccupant et que la maîtrise des deniers publics est exigée tant au niveau national qu'au niveau européen. Du moins, l'examen approfondi desdites dépenses fiscales et du droit les régissant permet de réfuter certaines idées reçues et permet d'offrir une nouvelle approche de ces dépenses. Cet examen révèle, contre toute attente, que ces dépenses contribuent au redressement des finances publiques et répondent ainsi à l'exigence de maîtrise des deniers publics. En outre, il montre que ces dépenses jouissent d'une grande légitimité et qu'elles doivent être maintenues et prorogées ; elles ne sont aucunement contraires au principe d'égalité et permettent même de faire prospérer ce principe ; qui plus est, elles permettent de concrétiser le principe de solidarité (notamment parce qu'elles contribuent à garantir le droit au logement et le droit à la santé), et constituent ainsi, des dépenses qualifiées d'« impérieuses », l'impériosité des dépenses étant un nouveau concept dégagé – ayant vocation à être utilisé pour toutes dépenses fiscales – permettant de faire le départ entre les dépenses qui doivent nécessairement être faites et qui pourraient être converties en dépenses budgétaires et celles qui ne le pourraient pas, eu égard au principe de nécessité de l'impôt. Cependant, pour de telles dépenses impérieuses, la question de la justification de leur nature fiscale est alors cruciale, d'où il suit qu'une méthode, permettant de déterminer si la nature fiscale de telles dépenses est justifiée, a été élaborée, laquelle a permis de montrer que la nature fiscale desdites dépenses favorisant les investissements ultramarins est appropriée. Aussi légitimes que soient ces dépenses, elles ne sont toutefois pas exemptes de toute critique et mériteraient d'être réformées. Il s'agit notamment de mieux protéger les contribuables qui investissent aux fins d'obtenir un avantage fiscal (entre autres par le biais d'une lutte contre une insécurité juridique contestable) et de réduire certaines inégalités occasionnées par ces dépenses. En ce sens, et afin de mieux respecter le principe de solidarité, un certain nombre de propositions ont été émises (dont certaines pourraient profiter à l'ensemble des dépenses fiscales), au rang desquelles figure celle d'offrir aux contribuables la possibilité d'effectuer leurs investissements ouvrant droit à avantage fiscal, par le biais du service des impôts, lequel transfèrerait les fonds appartenant aux contribuables à une entreprise gérée par des personnes publiques. / Tax expenditures in favor of the ultramarine real estate investments of natural persons, established for some thirty years now, may well be erased from the French tax landscape: on the one hand, the expected end of these expenditures is fast approaching and on the other hand, these expenses are the subject of much criticism and part of the doctrine militates for their abolition, mainly on the grounds that such expenditure would violate the principle of equality and that they would be too costly and thus detrimental to the Public finances, knowing that the level of public debt is a matter of concern and that control of public funds is required both at national and at European level. At least, a thorough review of these tax expenditures and the law governing them can be used to refute certain stereotypes and to offer a new approach to these expenditures. This examination reveals, against all odds, that these expenses contribute to the restoration of public finances and thus meet the requirement of control of public funds. Moreover, it shows that these expenditures enjoy great legitimacy and must be maintained and extended; they are not contrary to the principle of equality and even allow this principle to flourish; moreover, they make it possible to give concrete expression to the principle of solidarity (notably because they help to guarantee the right to housing and the right to health) and thus constitute "imperious" expenditure, the urgency of expenditures being a new concept emitted - intended to be used for all tax expenditures - making it possible to differentiate between expenditures that must necessarily be made and which could be converted into budgetary expenditures, and those that could not, given the principle of necessity of the tax. However, for such imperious expenses, the question of the justification of their fiscal nature is crucial, that is why a method has been developed to determine whether the tax nature of such expenditures is justified. This method has shown that the fiscal nature of the said expenses favoring the ultramarine investments is appropriate. As legitimate as these expenditures are, however, they are not without criticism and deserve to be reformed. These include better protecting taxpayers who are investing for the purpose of obtaining a tax advantage (among other things by combating questionable legal insecurity) and reducing certain inequalities caused by such expenditures. In this regard, and in order to better respect the principle of solidarity, a number of proposals have been made (some of which could benefit all tax expenditures), among which is the idea of offering taxpayers the opportunity to make their tax-advantaged investments through the tax department, which would transfer the funds belonging to taxpayers to a publicly run company, a proposal with many advantages.
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"If negroes were to vote, I would persist in opening the door to females" : alliances et mésalliances autour du vote des femmes et des Noirs aux États-Unis, 1860-1920 / "Neither Women nor Blacks [Will] Get the Ballot" : alliances and dissociations over female and Black suffrage in the USA, 1860-1920Sylla, Salian 19 January 2018 (has links)
Au sortir de quatre années d’une guerre fratricide, les États-Unis s’engageaient sur la voie de la Reconstruction, période qui généra des questions autour de la liberté. Deux catégories étaient au cœur d’une actualité faite de rebondissements multiples : les Noirs et les femmes. Les uns parce que leurs soutiens abolitionnistes souhaitaient obtenir une citoyenneté immédiate (“This is the Negro’s hour”) ; les autres parce qu’elles étaient les alliées de longue date des mêmes abolitionnistes et réclamaient dorénavant le suffrage. Ce fut le début d’alliances, de mésalliances entre les hommes noirs, les suffragists, les femmes noires et leurs soutiens et adversaires respectifs, pris qu’ils étaient dans les péripéties de luttes et de causes qui, bien que complémentaires et concomitantes, demeurèrent souvent différentes voire divergentes sur le plan des principes et des stratégies de lutte, ce qui mena parfois à une hostilité réciproque. Tous entrèrent ainsi dans un jeu continu entre universalisme et particularisme (s) jusqu’à l’avènement du vote féminin (Sud mis à part) en 1920 puis du Voting Right Act (1865). Que la réussite des un(e)s dépendît ou non de la victoire des autres, les défaites successives des un(e)s et des autres montraient quant à elles les réticences d’une société traversée par les convulsions occasionnées par ses contradictions d’origine : depuis qu’elle avait proclamé tous les hommes (hormis les Noirs, les Amérindiens et les femmes) égaux. L’inclusion électorale des Noirs et des femmes fut effective au terme de plus d’un siècle de luttes, d’alliances et de mésalliances qui se succédèrent au milieu de cycles successifs d’adhésions ou d’oppositions souvent tumultueuses d’un bout à l’autre de l’échiquier politique. / In the wake of a tragic civil war, the United States entered a period of Reconstruction that aroused many questions about the notion of liberty. Two groups were propelled into the center of the country’s public debate: Blacks and women. While the former became a central issue because their abolitionist allies wanted them to garner immediate citizenship (“This is the Negro’s hour”), the latter were trying to catch public attention because they had been longtime allies to the same abolitionists and were now claiming their own enfranchisement. That was the inception of a long period made of alliances interspersed with moments of blatant disagreement and even separation between black male militants, suffragists, black female franchise advocators, and their respective supporters or opponents. They were all caught in the twists and turns of struggles and causes that complemented one another. Though their motives were concomitant and compatible, they remained fundamentally distinct, even divergent in terms of principles and strategies, which sometimes sparked mutual hostility. They all entered a cycle of actions oscillating between a universal and a particular claim of the franchise. This situation prevailed until the advent of universal female suffrage in 1920 (except for black women in the South). Whether or not the success or failure of black males depended on the defeat of women, the successive defeats of both groups pointed out the reluctance of a society undergoing the convulsions sparked by its original contradictions stemming from the very period when it declared all men equal; all except Indians, Blacks, and women. The final enfranchisement of both women and Blacks took more than a century of alliances and dissociations in the midst of a tumult of successive support or opposition across the country’s political spectrum.
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La citoyenneté européenne et l'État providence / European citizenship and the welfare stateAimsiranun, Usanee 23 March 2013 (has links)
Conçu de prime abord pour organiser la redistribution sociale entre les membres sédentaires de la communauté de solidarité étatique, l’État providence est par essence fermé. Les frontières de l’État providence, déterminées en principe nationalement et territorialement, servent à empêcher l’entrée des non-membres et à rendre difficile la sortie des membres. La dynamique de l’intégration négative, associée à la citoyenneté de l’Union, aboutit à mettre en cause les critères de nationalité et de résidence comme conditions d’accès à l’État providence, entrainant par-là le double mouvement de « dénationnalisation » et de « déterritoralisation » de l’État providence. Les considérations solidaristiques et financières qui sous-tendent le fonctionnement de l’État providence exigent toutefois de reconnaître à ce dernier une certaine forme de fermeture essentielle à son maintien. Le critère de « liens réels » est érigé en un critère principal de régulation des rapports entre les citoyens migrants et les États membres à l’égard des droits aux prestations sociales. Ce nouveau critère de rattachement basé sur l’intégration témoigne de l’effort de conciliation entre la logique de fermeture et l’exigence de l’ouverture de l’État providence. / Designed to organize the social redistribution between sedentary members of solidaristic community of the Nation State, Welfare State is by nature closed. Its boundaries prevent entry of non-members and render difficult exit of members. The case law which associates European citizenship with principles of freedom of movement and equal treatment prohibits, without justifications, national and residential criteria as conditions of access to Welfare State’s benefits, entailing then the denationalization and the deterritorialization of social systems of the Members States. Nevertheless, some form of closure has to be granted to Welfare State to preserve its specific foundation and function. The “real links” became the main tool to regulate relations between migrants and the Member States as regards access to social benefits. Based on concept of integration, “real links” criterion demonstrates effort to reconcile the opposite interests in this field.
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